II. — LES BOISSONS HYGIÉNIQUES
La boisson courante du soldat, c'est l’eau. Rien ne serait mieux s’il pouvait s’y habituer, mais il arrive au régiment ayant presque toujours consommé des boissons fermentées et la privation de son breuvage favori pendant les repas est souvent un prétexte pour aller à la cantine consommer vins et alcools.
Dans beaucoup de régiments, au 70° de ligne, à Vitré, par exemple, les hommes ont à chaque repas une infusion de thé qu'ils boivent chaude ou froide.
Au 126° de ligne, à Toulouse, M. J. CARTERET, aidemajor de 1° classe, a lancé le Léfir à l'eau. Nous avons lu avec grand intérêt l’article qu’il a publié sur ce sujet (2). Il donne tous les détails sur la nature du ferment, son mode de reproduction, sur la préparation du kéfir à l’eau, les propriétés physiques et chimiques de cette boisson, ses qualités hygiéniques. Dans 1 litre de cette boisson on trouve à l'analyse.
AlCOOL, SR RSR SEE NS TRS 1 gr. 4 ACIAIÉE De ne eme SN DET EU 1 gr HXPAISBC PNA LT CRIER US 25 gr SUCRE PRE RE SRE EE 16 gr. 20 Cendres 88e RSR Tee RTE Je IT 0 gr. 57 ACTE CARO RRONSS RONA: 2 Sr 10)
(1) CF. Rapport du général GALLIENT, in alcool, avril 1899. Efforts tentés contre l'alcoolisme à Madagascar.
(2) Presse médicale du 7 janvier 1899, page 5.
ANRT EE
L'odeur rappelle celle du cidre et du poiré, le goût est acidulé et aigrelet, de plus la présence d'acide carbonique rend la boisson mousseuse et par conséquent très rafraichissante, enfin la présence du sucre n’est pas à dédaigner après les expériences récentes faites dans l’armée allemande. M. Carrerer réfute les quelques objections que l’on pourrait faire au kéfir, non pas en tant que boisson, mais à cause du mode de préparation el des dépenses occasionnées. Comme dépense, elle se réduit à l’acquisition des récipients nécessaires, le local est facile à trouver (cuisine, combles, réduits). Une grande quantité de graines est nécessaire pour fabriquer une ration de kéfir suffisante pour les hommes d’une compagnie; l'exemple de La 7° compagnie du 126° est là pour montrer que l’on peut commencer avec une quantité {rès minime. On essaya d’abord avec 4 lit. 1/2 de ferment (mai 1896) permettant de préparer 9 lilres de boisson. En septembre 1896, il y avait 30 litres de ferment. En mai 1897, il y avait 50 litres de ferment permettant de préparer 100 litres de kéfir. Enfin, en raison de l'installation nécessaire et des quelques jours de mise en train, c'est une boisson qui ne peut se fabriquer en manœuvre. Ces inconvénients doivent être pris en considération, mais ils sont loin de primer les avantages que présente le kéfir, boisson agréable, inoffensive, tonique, très appréciée des hommes, d'une grande simplicité de fabrication, d'un prix de revient infime : 4 centimes 1/2 le litre.
Cette tentative intéressante mériterait de se généraliser.