‹ Alcoolisme et Réforme SocialeChapitre 45 sur 69 · II. — LES TERRE-NEUVAS ET LES ISLANDAIS · texte numérisé non relu

II. — LES TERRE-NEUVAS ET LES ISLANDAIS

.… Nous qui sombrons, mes gas, Cest surtout nos boujarons Tout ronds Que pleurons

(J. Ricnerin).

L° L'Horrible vie. — « L'enfer terre-neuvier a trois cercles, dit Ch. Le Gorric. Près du troisième (le Grand Banc) les deux autres (le French Shore et les petits bancs qui rallient Saint-Pierre et Miquelon) ont l’air d’aimables paradis. »

C’est dans ce troisième cercle que nousverrons l’exploitation de l’homme poussée à son extrême limite, et sans que l’abus de l'alcool en soit justifié, on comprend que sans lui l'existence serait presque impossible.

Les marins qui pêchent sur le French Shore touchent terre tous les soirs, ils sont logés dans des huttes en sapin, situées non loin du «chauffaud » où l’on traitela morue. Leur ordinaire se compose pour une semaine de 500 srammes de lard salé, 250 grammes de beurre salé et autant de graisse de Normandie ; pommesde terre et pain frais s'ajoutent à l'inévilable soupe aux têtes de morue. Le vin est donné à raison de deux quarts par semaine, pour le plus grand nombre, pour d’autres 1/4 par jour. Les alcools dont on use à Terre-Neuve sont d'origine allemande et sont achetés par les armateurs au prix de O0 fr. 60 Le litre à 96° ; on ramène à 40° ou 50°, ce qui remet le litre

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