INTRODUCTION
. Ayant vécu nos jeunes années dans un milieu industriel, nous avons gardé un souvenir très vif des ravages causés par l’alcoolisme chez l’ouvrier. En notre souvenir s'évoquent maintes scènes de la vie d'atelier où l'alcool semble jouer le rôle d’un dieu trompeur, captivant ses fidèles par l'attrait d’un breuvage enchanteur qui verse, en même temps que l'oubli de toutes les misères et de tous les devoirs, le besoin irrésistible de vider sans trêve la coupe d'ivresse.
Nous revoyons encore une ruelle sombre, où débouchait la sortie d’une usine et là, les samedis de paye, les femmes guettant l'époux, le frère, Le fils parfois, pour l'arracher à l'entraînement et à la Lentation, pour l'emmener loin du débit violemment illuminé. Puis les lendemains de fête, la démarche lourde, trébuchante des ouvriers remontant cette même ruelle pour entrer à l'atelier, la mine hâve, le teint blême, le regard vague. Et l'on nous à dit combien de ces lundis sont perdus pour le travail, l’esprit, encore obscurci par les fumées de l'alcool, n'arrivant pas à se fixer sur la tâche.
Et nous avons pu voir, après des années d’excès alcoo-