‹ Alcoolisme et Réforme SocialeChapitre 9 sur 69 · EUR · texte numérisé non relu

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les délits pour lesquels avaient été condamnés les détenus de la prison de Dusseldorf-Derendorf (1).

Délits commis sous l'influence de l'alcool Délits commis en dehors de l'influence de — l'alcool. JEU Here b) Jouet 15 Vendredi....:.. 6 Vendredi <...7. A1 Samedi tee 33 Dametliens See 21 Dimanche... 132 Dimanche... ... 39 LUI ANES 51 Lundi is mex 17 Marit Peer 13 Marre 15 Mercredi... ... 12 Mércredrs.<52 8

Pour la France, les statistiques ne sont pas moins concluantes : MaREmMBAT trouve (2) la proportion suivante d’intempérants : |

Chez les auteurs de vol, recel, abus de confiance, escroquerie, faux : 70, 9 0/0. :

Chez les auteurs de coups, blessures volontaires, homicides par imprudence : 88, 2 0/0.

Chez les auteurs de bris de clôture, dévastation de récoltes : 77, 8 0/0.

Chez les auteurs de viol, tentative de viol, attentat aux mœurs : 3, 6 0/0.

Chez les vagabonds, accusés en rupture de banc : 19, 4 0/0.

Chez les assassins, meurtriers : 33, 3 0/0.

La proportion des récidivistes intempérants est de 18 0/0, preuve évidente de l'effondrement de l'énergie morale chez le buveur (Th. Ruyssen).

Le D' DruHEx à montré qu'il existe pour chaque dé-

(1) CF. Rapport du Dr Kosrisxr, au Ve Congrès antialc, de Bâle, 1895. (2) Bulletin Soc. Franc. de Tempérance, n° 4. Tome VII. — Cité par Th. RUYSSEN.

CRT, (0 ASE

partement un certain rapport entre le nombre de condamnalions et l'intensité de l’alcoolisation mesurée par le nombre de cabarets (1).

Î cabaret pour : 1 condamné pour :

SITE ER norme 88 hab, 138 hab.

Seine-[Inférieure .... 75 hab. 220 hab.

NOTE NET MEr A 92 hab. 260 hab.

Pyrén.-Orientales... 4147 hab. 405 hab.

A ES Er RER PA 122 hab. 930 hab.

Hautes-Alpes. ...:.. 120 hab. 615 hab.

CTOUSC MUR ES 132 hab. 1504 hab.

D'autre part, dans le rapport de Claude (des Vosges), on trouve pour 100.000 habitants :

809 condamnés dans la Seine-Inférieure, 645 condamnés dans le Finistère, 463 condamnés dans le Rhône, 50 condamnés environ dans les départements du Midi.

Enfin le nombre des affaires criminelles, qui était de 225,000 en 1850, a suivi une progression régulièrement croissante pour arriver à plus de 600.000 en 1893 ; et cet accroissement porte tout particulièrement sur les jeunes gens de 13 à 21 ans. De 13418 enfants criminels en 1841, nous sommes arrivés, en 1896, à 36.036. L’alcoolisme revendique une certaine part dans cette augmentation, car les perversions morales précoces relèvent de l’hérédoalcoolisme et les véritables criminels nés se recrutent parmi ces héréditaires (2).

(1) Compte-rendu de l’Ass. Franc. pour l’av. des Sciences, 1893.

(2) CF. Dr Laname, De l’hérédité alcoolique. GC. R, Congrès de Bruxelles,

3e partie, p. 97+ K

Un sixième des suicides est attribuable à l'alcoolisme ; de 1835 à 1898, le chiffre s’en est élevé de 130 à 880.

4 Descendance. — Ainsi l'alcoolisme s'attaque à la santé générale, à l'intelligence, à la moralité de l'individu: mais les conséquences de cette intoxication ne s’arrêtent pas là, la descendance du buveur est touchée ; Les enfants qui vont naître, innocents des excès de leurs générateurs, en porteront cependant tout le poids.

Dans bien des cas, l'hérédité revêt un caractère fatidique, — tout au moins quand il s’agit de tempéraments, de diathèse, — nos parents ne sont pas maîtres de nous transmeltre certaines tares comme la tuberculose, l’arthritisme, le neuro-arthritisme, etc., et nous ne pouvons que, dans une bien faible mesure, par les conditions de vie, de milieu, etc., modifier ces {ares héréditaires, en relarder l'éclosion, en prévenir quelquefois l'apparition, mais toujours l'évasion est singulièrement difficile, sinon: impossible, et en tous cas nos génileurs ne pourraient nous y soustraire qu’en nous refusant la vie. Pour l’alcoolisme tout change : libre à nos ascendants d’abuser du poison ou de s’en priver, libre à eux par conséquent de nous transmettre les tares multiples des hérédo-alcooliques ou de nous les épargner, de nous transmettre cet invincible besoin de l’alcool des héréditaires ou de nous en faire grâce; nos géniteurs sont tout puissants et peuvent nous soustraire à la loi fatidique sans nous priver de l'existence, alors qu’au contraire l'évasion redevient à peu près impossible, surtoul si, ayant hérité de cette appétence du poison, nous y avons goûté. Et c'est ainsi que,

Lo

dans une famille saine jusqu'alors, apparaîtra, par la faute d'un seul quis’est complu dans son vice, l’hérédité nerveuse avec son cortège protéiforme.

Le D' Lscrain a rapporté l’histoire pathologique de 215 familles de buveurs (1) comptant 814 individus, réparlis sur 3 généralions; on trouve sur l’ensemble :

427 alcooliques, soil......... 50 0/0 Den 0 MN en. 60 0/0 ROUSANOLAU RES PE EMERS ee 14 0/0 Convulsivants Smart 22 0/0 DÉS DUQUE Pere ee de du 17 0/0 TÉTES R Evedrd Mat à SE 00 JO Disparus dès le premier âge... 32 0/0

Voici encore l'histoire d’une autre famille rapportée

par le même auteur:

Père alcoolique, ivresse méchante, Mère déséquilibrée, fille d’ivrogne.

1° fille, convulsions infantiles ; 2° fils, convulsions infantiles, 1" attaque d’épilepsie à 15 ans, vertiges fréquents, troubles délirants à 3 reprises, à la suite d’attaque d’épilepsie ; 3° fils, développement tardif, débile, vicieux ; 4° fille, méningite, convulsions ; 5» fille, née avant terme.

Le D' BourNevizze a relevé dans son service que, sur 244 enfants épileptiques, 163 étaient issus de parents alcooliques.

(1) Dr LeGrain, Dégénérescenee sociale et alcoolisme.

Re CR =

Le professeur Demue, de Berne, a suivi parallèlement 10 familles d’alcooliques et 10 de gens sobres, leur descendance s'établit comme il suit :

Groupe alcoolique. Groupe sobre.

Morts dès la Are semaine. 925 Morts d’affections compli- JAIOIS, re CR ee 6 quées de manque de Arrêts dedéveloppement 5 NIRANTÉ TS ART Cr Eee 6) Epileptiques. ......... b) Choréegraveayantabouti Maladiescurables dusystème

Ad lion 1 nelyeuxe AMC = k Affections congénitales

(hydrocéphalie)...... 5 Affections congénitales.... 2 Normaux de corps et

d’esprit............. 10 (1) ! Normauxdecorpsetd’esprit. 50

Et nous devons au D' pe Vaucreroy (2) celte triste constatation : « Les « enfants du Dimanche » chez les

ouvriers qui passent cette journée à s’abreuver d'alcool sont pour la plupart des rachitiques, des épileptiques ou des idiots. »

Au point de vue de l’action tératogène de l'alcool, rien n'est plus intéressant que l'observation rapportée récem-

ment par le D° Barprer (3), confirmation clinique des expériences de M. Féré. Je la résumerai ici :

Père,ouvrier ajusteur, fait depuis longtemps des abus journaliers de boisson; dès l’heure de midi, ilasouvent bu 7, 8 absinthes, très souvent il est complètement ivre le soir, crises d’érotisme: il est luimême fils de buveur.

Mère, 30 ans, bien portante, bien constituée, très intelligente, sans tare tuberculeuse, ni spécificité.

5 grossesses, dont une gémellaire.

1) Deux enfants de ce groupe sont devenus alcooliques. ) Goaférence sur l’hérédité alcoolique, 1893.

( (2 (8) Gazette des maladies infantiles, 18 juillet 1899.

Le. LL

rod

1° fille âgée de neuf ans,maigre et anémiée, déformations congénitales. Main gauche : absence totale du pouce, index et médius réduits à une phalange, l’annulaire ‘présente deux phalanges très atrophiées. Au petit doigt, forte courbure à concavité interne. Main droite : pouce normal, index et médius réduits à une phalange, l’annulaire présente une atrophie des deux dernières phalanges et de la rétraction en flexion.

Les deux mains sont manifestement palmées.

Pied gauche réduit à un moignon avec absence d’orteils et du métatarse, — Dentition irrégulière.

Conception dans état d'ivresse du père.

2° garçon, 7 ans, arrêt de développement de la taille (1 m. 05), membre supérieur anormalement développé. Rachitisme très accusé. yptorchidie double. Développement exagéré du pénis, existant dès la naissance.

Stigmates psychiques.

Conception en état d'ivresse du père.

3° (grossesse gémellaire) deux filles, l’une morte au bout de 2 jours avec imperforation du tube digestif, l’autre au bout de 12 jours de débilité congénitale.

ư fille, k ans 1/2, Conçue à un moment où les excès alcooliques du père étaient moins intenses.

L'enfant est bien conformée, malgré quelques stigmates peu accusés de rachitisme.

50 fille, 16 mois, conditions de conception mauvaises, déformations des doigts aux deux mains au niveau de la 1° phalange. Pas encore de dents.

Tels sont les descendants des buveurs. Aussi avonsnous lu avec étonnement dans un des ouvrages du D'J. Bernzcon (1) la phrase suivante : « Ce n’est pas la sup- « pression de l’alcoolisme qui relèveralanatalité française. « Ce serait plutôt le contraire. » Il est certain que les alcooliques sont souvent très prolifiques, mais il ne suffit pas de considérer seulement le nombre absolu des nais-

(1) Le problème de la dépopulation, page 38.

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