CHAPITRE IV
Un abbé seigneur au >iii® siècle (3).
I. Charles affectionnait la ville de Tours ; il appelait saint Martin son patron , pour conserver l'espèce de popu-
(1) Aie. epist., xc, Frob,, p. 131, et Eginh, Vit, Kar. M., c. xix,
(2) Pour les autres conseils qu'Alcuin lui donna en polilique, voyez EpistoL Alcuini passim, et surtout Capitulare admonitionis ad ÂaroL, Frob., 1. 1, p. 190, et Baluz. Miscellan,, t. I, p. 376. Voyez le beau jugement de Montesquieusur Charlemagne, J^j^'^ d$s Lois, 1. XXKi , c* xviii.
(3) Sur rorganisation intérieure d'une propriété monastique, voy.
larité théocratique que le culte de ce saint avût drané aux rois méroyingiens. Âuland , abbé de Saint-Martin sous Pépin le Bref » profitant des riches aumônes qu'a{^rtait au tombeau du saint la généreuse affluence des fidèles , avait fondé dans beaucoup de contrées des communautés rurales , construit des fermes et des hameaux en Normandie » en Bretagne » en Provence , en Bourgogne , en Àustrasie , et reculé J)ien loin, comme on le voit , les dernières limites des domaines de Saint - Martin. U n'est pas possible d*énumérer iei tous ces hameaux à manses ingénuiles, lidiles, ser- .viles. Le cartulaire de Tours n*est pas complet ; plusieurs noms ont été mutilés (1). On s'en fera une idée, si Ton veut examiner la contenance de Tune des plus petites fermes du monastère, celle de Nogent-sur-Marne, près de Paris (2). À la suite des agrandissements (3) de territoire dus à l'activité de l'abbé Auland, Charles, dès son avènement, avait concédé •au monastère une charte d'immunité générale , où éclate ce
M. Guérard, Polypt. (f'/rmmon^ et sur les changements qui s'opérèrent alors dans les sociétés bénédictines, MabilL, s. it, p. i, Prœf.y