‹ Alcuin et son influence littéraireChapitre 2 sur 21 · IV. Elbert, qui ne négligeait rien pour perfectionner le · texte numérisé non relu

IV. Elbert, qui ne négligeait rien pour perfectionner le

(i) iWd., p. 256, V. 1433 el seq.

(2) Fit, beat. Aie, c. iv.

(3) Ibid.^ c. IX, XI, xin.

talent de son élève , l'emmena avec lui à Rome , et pour y faire un pèlerinage , suivant Tusage , et pour trouver dans les principaux monastères des livres nouveaux et enrichir ainsi la bibliothèque d*York(l). En passant à Morbach , monastère d'Alsace , le jeune savant eut la première idée de rester en France (2). A Pavie, il entendit Pierre de Pise (3). Pieux pèlerins de la science et de la religion , le voyage des deux Anglo-Saxons fit quelque bruit chez les Franks. Le roi Charles voulut les voir à leur retour (4). 11 n'oublia rien ^ pour engager Elbert à venir professer en France. Ce voyage

\| eut lieu vers l'année 768. Charles n'avait encore que vingt et un ans, Alcuin était un peu plus âgé que lui.

Le maître de l'école d'York succédait ordinairement à l'archevêque. En se réunissant sur un homme dont on avait pu apprécier le mérite, les suffrages du clergé et du peuple paraissaient plus intelligents et plus purs. Elbert fut à son retour promu au siège archiépiscopal , que la mort d'Hegbert venait de laisser vacant. Il l'occupa pendant douze ans. Après avoir fait commencer de §|ands travaux dans l'église de Saint-Pierre , après voir vu l'école prospérer, grâce au zèle d' Alcuin , il se retira dans la retraite. 11 confia ses fonctions épiscopales à Eanbald. Alcuin, qui, depuis plusieurs années, dirigeait l'école, en fut officiellement nommé maître , et fut préposé à la conservation de la riche bibliothèque.

(1) Mabill. Annal., L XXIV, p. 211.

(2j Fro6., 1. 1, p. 286, epist. cciiii.

(3) Ibid. , p. i26y epist, lxxxv.

(4) Vit. Aie, c. VI, et Poem. de Pontificib. eccles. Eborac, Frob., t. II, p. 256, V. 1460 et seq.

(5) Poem. de Pontif, eccles. Eborac, v. 1525 et seq.

V . Le moins eontent de sa part d'hërilage ne fut pas Alcaiû . 11 ne pouvait contenir sa joie au milieu de tous ces livret qu'il devait garder et faire copier. Lui-même nous a raconté ses émotions. «Elbert donna à Eanbald l'administration de l'église, les biens , l'argent; mais le trésor de ses livres qu'il aimait avant tout, il le donna à son autre fils, qui n'avait ja-* mais quitté son père , dans l'ardent désir qu'il avait d'apaiser sa soif de science. L'illustre maître les avait fait venir de toutes parts : il avait réuni toutes ces richesses sous un seul toit. C'est là que vous trouverez tous les ouvrages des anciens përds , tout ce que les Romains revendiquent pour eux.... Tout ce que la Grèce brillante a transmis aux Latins , toutes les pluies divines qui apaisent la soif du peuple hébreux, toutes ces lumières resplendissantes dont l'Afrique a recouvert ses ouvrages, les traités de Jérôme, d'Hilaire, de l'évéque Ambroise, d'Augustin, d'Athanase, le livre d'Orose, les enseignements de Grégoire le Grand, de Léon, la parole éclatante de Basile et de Fulgence, Gassiodore, JeanChrysostôme, puis les doctrines d'AIthelme, de maître Bëde , de Victorin et de Boece , les anciens historiens, Pompée , Pline , le pénétrant Aristote , et Cicéron , le grand orateur ; enfin les chants de Sedulius , de Juvencus , d'Alcime, de Clément, deProsper, de Paulin, d'Arator, de Fortunat , Lactance , Virgile, Stace, Lucain; les écrits des maîtres de grammaire , Probus , Pliocas , Donat , Priscien , Servius, Euticius, Pompée, Gomminien» (1). En faisant la part de la contrainte métrique , ce classement de la bibliothèque d'York est assez régulier. G*est le catalogue le plus

(I) Ibid.f V. 1535 et seq.

aocien et l'un des plus complets qu'il resle sur uoe bibliothèque du moyeu âge. C'est bieu là , dans le premier âge de la scolastique, le dépôt littéraire d'un professeur des sept arts. Cependant le zèle du maître et l'étendue de ses connaissances avaient porté au loin laréputationderécoledTork(l). Les élèves accouraient en foule , même des contrées étrangères. Un jour, Alcuin vit arriver de la Frise deux jeunes gens , Albert et Liudger, que Grégoire de Frise lui envoyait pour qu'il les disposât à recevoir les ordres. Alcuin leur apprit la science des Écritures, et les renvoya dans leur pays. Liudger regrettait toujours son maître. A force d'instance, il obtint la permission de repasser en Bretagne. Alcuin le garda pendant quatre ans , et lui apprit toutes les sciences religieuses et profanes (2). C'est ce même Liudger qui devint plus tard l'dpotre de la Frise (3). Sigulphe , le plus âgé des élèves d'Alcuin , laidait déjà dans son enseignement. Jeune encore , il s'était rendu à Rome avec son oncle Aubert , pour apprendre la discipline ecclésiastique , puis à Metz , pour y étudier le chant. La mort de son oncle et la disette l'avaient ramené dans son pays. 11 ne quitta plus Alcuin, auquel il était uni par une sorte d'attachement instinctif. (4) Witzon ,

(1) Eo tempore, in Eboraca civilate famosus merito Magister scolam Alcuinus tenebat , undecunque ad se confluenlibus de magna sua scientia communicans. MabilL, Act. s. iv, p. i, p. 37. Vit. s, Luidgeri. Cf. IMd,, Vit. s. Luidgeri , auct. Alfrido. L'auteur de ce dernier ouvrage mourut en 849.

(2) Ibid.

(3) De Scriplor, Frisiœ décades, authore Suffrido Petro; Utteclit, 1730, dec. VI, c. 5.

(4) Vit. Aie, c. V. L'auteur de celle vie d'Alcuin récrivit avant ranné|f:829, et sur des renseignements que lui fournit Sigulphe luimême.'

surnommé Candide, Fridugise, surnommé Nathanaël, et Onias , formèrent « dans cette même école , une amitié qui ne se démentit jamais. Us écrivirent des traités théologiques dont il ne reste plus que des fragments. Joseph « autre élève d'Âlcuin, et qui abrégea le commentaire de saint Jérôme sur Isaïe, devait être déjà d'un certain âge , car il avait , conjointement avec Alcoin même , entendu Golcus , lecteur irlandais. Galv^in et Ofulfe causèrent plus tard beaucoup de chagrin à leur maître; le dernier même s'abandonna à toutes sortes de débordements, et fit une triste fin en Lombardie. Enfin Eanbald le jeune professa lui-même dans Técole d'York , et , en 796 , fut élevé au siège archiépiscopal, dignité réservée à Alcuin, s'il eût voulu rester dans sa patrie. Dirigeant récole des jeunes nobles, Âlcuin correspondait avec les princes et les grands des royaumes anglo-saxons ; il profitait de ces relations pour les engager à aimer la justice et la paix.

IV. Elbert vécut encore deux ans dans la solitude. Alcuio venait souvent visiter le vénérable anachorète , qu'il honorait comme un savant, qu'il chérissait comme un père. Us parlaient ensemble de la science , de sa beauté , du bonheur de ceux qui consacrent leurs journées et leurs veilles à sa conquête , de son origine , qui est Dieu , de sa fin , qui est la vertu. Les philosophes ne lavaient pas créée, ils l'avaient trouvée (1); leCréateur l'avait répartiedanstoussesouvrages, à sa volonté. « Mais, ajoutait le vieillard, ce sout les plus sages des hommes qui ont su découvrir les arts dans la nature, et c'est une grande honte que nous les laissions périr de nos

(1) Frob., 1. 1 , p. 91, epist. lxyiii, Poem, de Pantif. eccles, -Ebor,^ V. 1563. ^

jours ; mais la faiblesse de la plupart des hommes est si grande , qu'ils ne s'inquiètent guère de connaître les causes en observant les effets. Tu sais bien , mon fils , combien la science des nombres est agréable dans ses combinaisons, combien elle est nécessaire pour connaître les divines Écritures. Tu sais combien offre de charmes la connaissance des astres et de leurs révolutions ; cependant il est bien rare celui qui songe à l'acquérir, et, ce qu'il y a de plus mauvais, c'est qu'on blâme ceux qui s'y adonnent avec ardeur, ir Un jour, leur entretien roula sur la mort. Alcnin osa lui demander ce qu'il lui conseillait de faire, si l'heure fatale lui enlevait son père et son appui. «Voici ma volonté, répliqua le vieillard. Tu iras d'abord à Rome, afin d'en rapporter le pallium à ton condisciple Eanbald ; ensuite tu visiteras la France. Tu y feras , je le sais , beaucoup de bien ; Christ sera ton guide dans ce voyage , il dirigera tes pas sur la terre étrangère. Tu y seras l'adversaire d'une abominable hérésie , qui voudra prouver que l'homme- Christ n'est que fils adoptif ; tu y deviendras l'inébranlable défenseur de la sainte Trinité , et tu persévéreras sur la terre du voyage en éclairant les âmes de beaucoup d'hommes. » Un rayon prophétique était descendu sur le front chauve du vieillard (2). Ces dignités qu'il avait refusées pour lui-même, il éprouvait une joie secrète à les accepter pour son élève.

(1) Vit. Aie, C.V.

(2) C'est ainsi qu'Alcuin s*exprime lui-même, epist ad Laidrad, Frob ^ I , p. 861. Peut-être Sigulphe, en faisant ce récit au moine de Ferrières, a-l-il un peu trop précisé les détails; mais on voit, par ce que dit Alcuin, que la pensée d'Elbert esl très-bien conservée.

Celui-ci avait nne précoce expeVience ; l'école de York pou^vait se passer de lui. Quelle gloire ne rejaillirait pas sur elle si l'un des élèves sortis de son sein allait relever les écoles anéanties sur le continent ! Assurer ce dessein , c'était une bonne action à faire avant de descendre dans la tombe. Elbert touchait en effet à ses derniers moments ; il bénit son fils agenouillé , le recommanda aux génies protecteurs de Féglise anglo-saxonne , et surtout à Jésus-Christ , pour qu'il fût partout son guide. Il venait de rendre le dernier soupir. Âlcuin fondait en larmes ^ comme s'il eût perdu tout au monde , et il ne voulait recevoir aucune consolation. Longtemps après, ce triste souvenir lui arrachait encore des larmes. « Âh ! ma muse , écrivait-il , pourquoi toucher à ce sujet si tu ne veux être baignée de larmes? Pourquoi songes^ tu à ce jour où , devant nos yeux, la mort jalouse ferma les yeux du grand pontife , de notre père , de notre maître. Jour bien sombre pour nous ; mais qu'il fut brillant pour lui ! Il nous laisse voués aux pleurs et à Texil; il retourne , lui , dans sa patrie... O père , sanft toi nous allons être emportés an milieu des vagues orageuses du monde , ignorant à quel port il nous sera donné de nous arrêter» (1). > VU. Quand il eut confié à la terre les dépouilles mor* telles d'Ëlbert , il fut plus que jamais disposé à suivre ses conseils. La voix mourante de son père retentit à ses oreilles comme la voix de Dieu ; il vit que son départ était le bien de l'Église. Mille autres motifs se joignaientà celui de l'obéissance. S'il jetait les yeux autour de lui , il voyait une foule de petits rois , passant leur vie à guerroyer les uns contre

(1) Poem. de Pontif, eccles. Ebor., v. 1568 et seq.

les autres , quand ils ne s'égorgeaient pas, Bretons contre Saïons , Merciens contre Kentiens , Northumbriens contre tous(l). Aumiliea de cet ébranlement perpétuel de tantd'intàréta sans grandeur, au milieu de tous ces yices naturels à la race saxonne , ayec qb état politique qui D'avait rien de fermbet d'arrêté, quel progrès nouveau les études pou vaientelles faire (2) ? Protégées par un roi , ne seraient-elles pas délaissées par son rival à la première victoire ? D'ailleurs parmi tous ces rois barbares , et dont toutes les bonnes œuvres recouvraient une tache de sang , en était-il un seul qui voulût , et, s'il le voulait, qui pût , mettre de côté son épée de chef de bande pour écouter, pour faire écouter aux autres, le pacifique langage de la raison i Ces Saxons , qui s'obstinaient dans leur barbarie , n'offraient guère plus d'espérance que des Romains épuisés.

Mais, en France, se présentait un tout autre spectacle : un roi , dont l'intelligence égalait l'ambition , qui avait autant de goût pour les arts que pour les armes , qui , lui aussi , possédait une épée , mais pour^rter tout ce qui s'opposait l son désir de faire le bien , un prince vraiment roi de ses peuples , parce qu'il avait la civilisation tout entière à leur donner. Parler dans sa cour, c'était avoir la chrétienté occidentale pour auditoire. Ce défenseur de Rome, ce chef inilitaire , qui ne semblait étendre ses conquêtes que pour agrandir le domaine de l'intelligence , ce théologien orné d'un diadèmcf , étonnait, attirait Alcuin(3)«

(1) Cf. Btdt HisUecdes, gent. AngL, 1. II etlll, passim, et Wilhelm. Malmesb:, de Ge^t. reg, Angh, 1. 1, et Aie. epp, Froh,, t. i, p. 19,20,67.

(2) Àd Offam reg. ep, , Frob., t. I , p. 67.

(3) Aie. advers, EHpant., Frob,, l. I , p. 882.

A certains égards, il est vrai, le roi Charles n'avait encore que l'envie de la science, et l'élève d'Elbert sentait qu'il pouvait le contenter. Il éprouvait le besoin de se rapprocher de ce qu'il aimait pour le rendre encore plus grand. S'il examinait les populations frankes, sa vive ardeur se changeait en enthousiasme, car la moisson était belle. Les monastères détruits, les propriétés envahies, les études baissant de génération en génération, avec l'inspiratioi^ romaine, avec Grégoire de Tours, Fortunat, saint Avit , Frédégaire, aboutissant enfin au silence de la mort ; la langue elle-même violée, changée, ignorée ; tous les livres, jusqu'aux livi'es saints, mutilés par Tinsouciance, outragés par l'ignorance, quelques<^uns , des chefe-d'œuvre peut-être, disparaissant sans retour; enfin, après quelques efforts stériles, la suppression générale de toute vie intellectuelle, et par contre, de toute vie morale (1). La belle gloire que d'éclairer ces esprits ténébreux, d'adoucir ces hommes encore sauvages et de les unir entre eux. C'était une sorte d-apostolat de la science, et puisque, pour Alcuin, la science etak le flambeau du dogme, c'était encore Tapostolat du 4ogme. 11 exigeait moins d'instruction que de dévouement, moins de génie que de foi dans la puissance de la raison humaine et de la religion.

VIII. Ce& pensées prirent leur forme définitive dans son esprit quand il traversa la France pour aller recevoir à Rome, des mains. d'Adrien 1^^, le paUium d'Eanbald. Le roi Charles, accompagné de son épouse Hildegarde, s'était rendu cette année même, 780, en Italie, pour organiser les

(1) Histoire littéraire, t. Il I et lV,.pa«5tm*

affaires de la Lombardie. Il avait célébré les fêtes de Noël, à PaVie, sa capitale, et se disposait à se rendre à Rome pour la fête de Pâques. C'est entre ces deux fêtes, en 781, que le professeur d'York se présenta à Charles dans la ville de Panne (1). Âlcuin ne put le voir sans Tadmirer et sans l'aimer. Plus tard, en rappelant au roi les motifs qui l'avaient engagé à venir en France, il lui parlait ainsi de cette entrevue : « Je savais quel vif intérêt vous portiez à la sagesse , et combien vous Taimiez. Je savais que vous excitiez tout le monde à la connaître, et que vous offriez des récompenses et des dignités à ses amis, pour les engager à venir de toutes les parties du monde s'associer à vos généreux efforts. Vous avez bien voulu m'appeler, moi, le dernier esclave de cette ^nte sagesse, et me faire venir du fond de la Bretagne. Ah l que n'ai-je été un serviteur aussi utile dans la maison de Dieu , que j'ai montré d'empressement à vous obéir. C'est que j'aimais bien en vous ce que je vous voyais chercher en moi » (2). Il ne refusa pas les offres du roi ; il désira seulement les soumettre à l'approbation de son roi et de son archevêque. Eanbald et Ethelred la lui accordèrent, à condition qu'il reviendrait. Offa, qui n'était pourtant pas fâché d'avoir un appui à la cour du roi des Franks, exigea de lui un nouveau serment de fidélité. Ainsi les hommes ne voyaient pas sans un chagrin secret le départ d' Alcuin.

IX. Dans la hiérarchie ecclésiastique, il n'avait qu'un f^ade inférieur; il était diacre. Mabillon, dans le zèle ardent qu'il avait pour son ordre, s'est efforcé de prouver

(1) Aie, vit., C. VI.

(2) Aie, ep., CI, Frob,, t. I, p. 150.

qu'il avait fait une profession monastique (1). Mais son biographe, qui tenait ses renseignements de Sigulphe, s'exprime ainsi, en parlant de lui : « O véritable moioe, sans avoir fait le vœu d'être moine » (2). Ailleurs, et en parlant de ridée qu'eut Alcuin de se retirer à Fulde, il ajoute que, s'il changea d'avis , sa vie du moins ne fut pas inférieure à la vie monastique (3). Le nombre des années qu'il passa à la cour, et des sociétés monastiques dont il voulait faire partie, et la résolution qu'il prit plus tard de servir Dieu et de mourir au milieu des frères de Saint-Martin, le montrent tout à fait indépendant. Mais les craintes de Mabillon étaient exagérées. C'est grâce à cette indépendance qu'il put s'élever bien haut dans la société carolingienne , et rendre plus de services à l'ordre de saint Benoît. Bénédictin de cœur, il fut de plus Tâme de beaucoup de sociétés bénédictines. Dans un temps où le culte de la pensée semblait inséparable des insignes de la religion , Alcuin voulut , ce semble , concilier ses goûts pour la philosophie et pour la théologie, et se placer ainsi entre le monde et le clergé, en se rapprochant toutefois un peu plus de ce dernier.

X. Telle était sa position chez ses compatriotes, lorsqu'il se décida à renoncer à toutes ses espérances, pour répondre à l'appel du roi des Franks. Déjà il lui avait envoyé, avec des exemplaires de Priscien et de Phocas, un assez gracieux petit poème intitulé Castule^ pour se rappeler à son souvenir et à celui des principaux de sa cour (4). Il ne voulut pas

. (1) MahUL Ad., s. iy, p. i , p. 163 et seq.

(2) Vit. Aie, c. III. ^

(3) Ibid. , c. VIII.

(4) Abbé Lebeuf, Dissertât., t. I , p. 423.

t|Qe «m école souffrit trop de son départ, cf J*en ai engagé plusieurs, dit-il, à rester au pays. Je ne voulais pas que la lumière de la Bretagne s'éteignît j> (1). Cependant il se fit accompagner de Sigulphe, deFridugise, deWitzon, et de quelques autres. C'est avec eux qu'il mit à la voile, vers la fin de Tannée 781. Cette colonie, détachée de la plus belle école anglo-saxonne, venait constituer l'école palatine, et inspirer au roi les plus sages réformes , et Thumble esquif qui la soutenait au milieu des flots agités de la mer du Nord portait avec eux les destinées des arts et des sciences dans notre patrie.

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