D. — REMARQUES GÉNÉRALES ET CONCLUSIONS
Parmi les Alcyonacea des mers subantaretiques, W. May (1900) cite Jespèces, dont 2 Clavularideæe (dont une du détroit de Magellan et une des parages des Kerguelen) et 7 Alcyonidæ (dont 4 de la région de Magellan, 2 de la Géorgie du Sud et 1 de la région de Kerguelen). Les 9 espèces d'A/cyonacea se rapportent aux trois genres : Clavularia, Alcyonium et Metalcyonuun ; les deux premiers seretrouvent dansles mersantaretiques ; le second y est même représenté par une espèce découverte au détroit de Sinyth, l’Alcyonium Pæssleri May, qui a été recueillie par la « Southern Cross » et par la « Discovery » au Victoria Land.
Il serait prématuré de comparer la faune d’Aleyonaires des mers arctiques à celle des mers antarctiques; celles-ci commencent à peine à êlre explorées en quelques points seulement, alors que celles-là ont été sillonnées depuis fort longtemps par de nombreuses expéditions scientifiques. Néanmoins, en ce quiconcerne les Alcyonacea, des quatre familles des mers arctiques : Clavularudæ, Organidæ, Alcyonidæ, Nephthyidæ, la première et les deux dernières sont représentées dans les eaux de l'Antarctique ; seule la seconde famille, qui ne compte d’ailleurs qu’une seule espèce (?) dans le Nord, n’est pas connue dans le Sud.
Lesrecherchesfutures procurerontsûrement beaucoup d’autres formes; la diversité des trouvailles des expéditions qui ont dragué en des points très distants l’un de l’autre, comme la « Discovery », le « Gauss » et le « Pourquoi Pas » ? le fait prévoir; on peut rappeler aussi, au même point de vue que, dans un seul dragage, entre l’île Jenny et la Terre Adélaïde, le « Pourquoi Pas ? » a ramené à la surface 6 espèces, dont 3 nouvelles, l’une de celles-ci devenant le type d’un genre nouveau et que, des 14espèces du « Gauss », 9 proviennent de la même station. Ceux qui, comme l’auteur de ce mémoire, ont été témoins du fourmillemént intense des
animaux dans les eaux tropicales s’imaginaient volontiers que la vie
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devait graduellement s'éteindre, à mesure qu’on s’approchait des régions glacées de l'Antarctique, où ne se montre aucun courant chaud comparable au Gulf Stream (1). Ce ne sera pas l’une des moindres révélations faites par les expéditions antarctiques, que de nous avoir montré la diversité des formes existant dans les mers glacées australes, où la température des eaux est constamment voisine de 00 C. soitau-dessus, soit au-dessous de ce point critique et où cependant certains groupes, comme les Pycnogonides, ainsi que l’a montré E.-L. Bouvier (2), sont plus riches en espèces que dans les mers arctiques. Il est établi qu'une température perpétuellement basse n’est nullement incompatible avec l'existence d’une foule d'organismes variés. En outre, pour certains animaux, comme les Aleyonaires, la pression et la lumière paraissent n'avoir qu'une importance insignifiante. Ainsi, par exemple, le Zhouarella typica Kinoshita a été trouvé à des profondeurs variant de 180 à 2200 mètres, le Pavonaria finmarchica M. Sars, de 40 à 1 710 mètres, et le Aophobelemnon stelliferum O. F. Müller, de 36 à 3 600 mètres.
(1) Cela ne veut pas dire qu’il n'y ait aucune circulation d’eau relativement chaude dans les mers antarctiques. Ainsi J. Rouch (1913), dans un mémoire consacré à l'Océanographie physique, rapporte, entre autres faits du même ordre, que, à l'entrée de la baie Marguerite, il a observé plusieurs fois des {lots d'eau relativement chaude, de 00,5 C. à 00,8 C., alors que la température de l'eau de la baie et au sud était inférieure à 0e. Les faits très intéressants signalés par J. Rouch dans le mémoire en question montrent combien il serait désirable de faire, dans ces régions de l'Antarclique, une étude méthodique des courants qui conduirait à l'explication d'apparentes anomalies et éclaircirait certains points énigmatiques de zoogéographie.
(2) E.-L. Bouvier, Les Pycnogonides du « Pourquoi Pas ? » [11 Expédition antarctique francuise (1908-1910)].
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