II. — GORGONACEFA
Famille des ZS/DÆ Gray.
Les Alcyonaires de la famille des /sidæ, caractérisés essentiellement par leur axe formé d’entre-nœuds caleaires et de nœuds cornés alternant régulièrement, ont été divisés par Wright et Studer (1889) en trois sous-familles ou tribus, d’après la forme prédominante de leurs spicules, qui sont fusiformes chez les Ceraloisidinæ, en écailles chez les Mopseinæ, rayonnés chez les /sidincæ.
Trois genres constituaient la tribu des Mopseineæ :
1° Le genre Prunnoisis Wright et Studer, chez lequel la colonie se ‘amifie dans plusieurs plans ; les polypes relativement de grande taille sont assez distants les uns des autres, et les spicules du calice sont bien développés ;
20 Le genre WMopsea Lamouroux, chez lequel la colonie se ramifie dans : un plan ; les polypes sont petits, claviformes et disposés généralement en spires serrées ; les spicules du calice sont petits ;
39 Le genre Acanthoisis Wright et Studer, chez lequel la colonie se ramifie également dans un plan; les polypes, tout petits, sont cylindriques ; leur partie supérieure plane est comme tronquée ; les spicules du calice sont petits ; les entre-nœuds calcaires présentent des côtes dentelées.
A ces trois genres sont venus s’en ajouter trois autres. D'abord le genre Chelidonisis Studer (1891-1901), dont la colonie se ramifie également dans un plan ; laxe est composé d’entre-nœuds calcaires et de nœuds cornés toujours placés à la base des branches, quise divisent dichotomiquement ; les entre-nœuds calcaires ont des côtes parallèles, dont les bords sont finement dentelés ; les spicules des polypes et ceux du cœnenchyme sont très semblables à ceux de l’/sis lippuris (L.). Puis le genre Peltaslisis (4910), que Nutting, qui l’a décrit, rattache aux Mopseinæ, à cause surtout des spicules du corps des polypes et des caractères de l’axe qui est identique à celui des /sidinæ, mais qui s’écarte des autres types de ce
groupe par ses calices unisériés et par ses écailles operculaires. Enfin le
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genre MVofisis Gravier (4913), qui se ramifie également dans un plan en fausse dichotomie, dont les entre-nœuds calcaires de l’axe portent des pointes en séries longitudinales, mais non réunies par des crêtes saillantes, dont les polypes assez espacés sont revêtus de spicules en écailles renforcées par de grosses verrues et dont les bords sont profondément découpés, les spicules du cænenchyme étant de forme allongée, en bâtonnets noueux.
D’après ce que nous savons aujourd'hui, ces six genres de la tribu des Mopseinæ peuvent être ainsi distingués les uns des autres : dans plusieurs plans; polypes bien développés, assez CS UNISMIRE SAUNSEUES MAIRE SR PE PR PAT EE Primnoisis
Wright et Studer.
Lisses ou cannelés, sans épines, au moins sur
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Calices unisériés; opercule formé par HU ATANASESDICUlES PP APE PET Peltastisis Nutting .
Avec son mode de ramification et la taille de ses polypes, le genre Primnoisis Wright et Studer est nettement séparé des autres Wopseinæ. Dans son mémoire sur les Alcyonaires de la « National Antarctic Expedition », S. J. Hickson (1907), auteur de nombreux et importants travaux sur ces animaux, s'est élevé contre la division des /sidæ proposée par Wright et Studer. Il fait observer que la variabilité de forme des spicules chez certaines espèces est telle que la séparation des genres, fondée uniquement sur les spicules, peut devenir impossible. La difficulté est parti-
PRE = cel J, Expédilion Charcot. — GrAvigr. — Alcyonaires. 2:
26 ALCYONAIRES.
culièrement grande en ce qui concerneles genres Ceratoisis et Primnoisis, placés par Wright et Studer dans deux sous-familles distinetes. Parmi les Alcyonaires du cap de Bonne-Espérance examinés par l’éminent z00logiste anglais, il en est un qu’il désigne sous le nom de Ceratoisis ramosa et qui a cependant des caractères très nets de Primnoisis. L'étude des animaux du même groupe rapportés de l'Antarctique par la « Discovery » l’a mis à même de constater encore l'inconvénient résultant de la séparation des deux genres. Le Ceratorsis (Primnoisis) antarchica a été trouvé dans la même localité que le Ceratoisis (Primnoisis) spicata. Le premier, indiscutablement, appartient au groupe de nom générique Primnonsis, ear aucun de ses spicules n’est en saillie à la surface du calice ; le dermier, au contraire, a de très longs spicules saillants à la partie supérieure du calice. Ces spicules du Ceratoisis spicata, avec leur base bifide, ressemblent à ceux du Ceratoisis grandiflora Studer ; mais ceux du Ceraloisis grandi- {lora ont leur surface presque unie, tandis que ceux du Ceratoisis spicala sont couverts de verrues. D’après S. J. Hickson, les spicules saillants des calices du Ceratoisis spicala sont caractéristiques du genre Ceraltoisis ; mais, par les verrues de leur surface, ils sont aussi caractéristiques du genre Primnoisis. On pourrait songer à créer un genre intermédiaire ; mais les caractères de l’axe sont les mêmes de part et d'autre. S. J. Hickson est ainsi amené à proposer la fusion des deux genres, le plus ancien, le genre Ceraltoisis E. P. Wright, étant seul conservé.
C.C. Nutting (1910), danssonétude des /sidæ de l'expédition du «Siboga», rappelle que les spicules des Ceratoisis sont de deux types généraux : 19 en fuseaux véritables, avec ou sans verrues, bifurqués ou non à une extrémité ; 20 en fuseaux aplatis, quelquefois en barres avec extrémités arrondies ou en biscuits. La forme de ces spicules peut s'approcher de celle d’écailles ; mais, dans ce cas, leurs bords ne sont pas pectinés, ni sarnis de processus branchus, mais ils sont quelquefois garnis de petites pointes. Ces spicules paraissent être à C. CG. Nutting bien distincts de ceux des Prmnoisis, et cet auteur signale à ce sujet la différence frappante que chacun peut constater dans la planche IX du mémoire de
Wright et Studer sur les Alcyonaires du « Challenger », entre les
figures 1-5 représentant des spicules d'Acanella (tribu des Ceratoisidinæ)
CS
ALCMONATRES: 27 et les figures 6-11 relatives à des Mopseinæ. D'après le savant zoologiste américain, le Ceratoisis spicata de Hickson n’est qu'apparemment intermédiaire entre les deux genres Ceratoisis et Primnoisis. En réalité, les spicules de cette espèce n’ont pas véritablement la forme des spicules caractéristiques du genre Ceratoisis et, par les caractères de l’axe, ainsi que le déclare très nettement Hickson, le Ceratoisis symcala se relie étroitement au genre Primnoisis. Pour C. C. Nutting, le Ceratoisis spicata doit être rangé parmi les espèces du genre Primnoisis.
A la même conclusion paraît se rallier W. Kükenthal (4912) dans son travail sur les Alcyonaires recueillis par la « Deutsche Südpolar Expedtion » à la station du « Gauss ». Le Primnoisis armala de cet auteur rappelle le Ceratoisis spicata de Hickson par les grands spicules saillants de la partie supérieure des calices; mais, si l’on considère les autres spicules qui constituent l’armature des polypes, PAlcyonaire en question ne peut être détaché du genre Primnonsis.
Il est hors de doute, ainsi que Hickson le mentionne, qu’on observe fréquemment de grandes variations dans la forme des spicules chez une même espèce; mais, d'autre part, il est certain que, si l’on examine attentivement non pas seulement les grands spicules saillants du sommet des calices, chez certaines espèces de Primnoisis, mais aussiles autres spicules
. formant la cuirasse des polypes, on peut parvenir à séparer les espèces de ce genre de celles du genre Ceratoisis; dans l’état actuel de nos connaissances, il est plus sage de conserver les deux genres.
Le genre Primnoisis mis à part, les autres Mopseinæ se ramifient très généralement dans un même plan. Le genre Wopsea Lamouroux, qui donne son nom à la tribu, paraît se séparer nettement des autres par les caractères de l'axe, dont les entre-nœuds calcaires sont lisses ou cannelés et dépourvus d'épines (1); c’est celui qui compte le plus d'espèces, et il semble bien hétérogène d’ailleurs, par la variété de son port, de son mode de ramification, et aussi de celle de l’épaisseur du cœnen-
chyme et de la disposition des polypes. Par ses espèces à ramifications
(1) Toutefois, chez la Mopsea dichotoma L., d'après Wnieur et Srupner (loc. cit., p. 42) : « In the stem, the calcareous joints are slightly compressed in one plane and distinctly fluted longitudinally ; sometimes the ribs between the longitudinal furrows show sharp indented edges, »
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nombreuses, à cænenchyme relativement épais, à polypes serrés les uns contre les autres, comme le Wopsea flabellum Thomson et Mackinnon, il se rattache au genre Acanthoisis Wright et Studer. Par ses espèces à ramifications très réduites, à cœnenchyme mince, à polypes assez larsement espacés comme le Wopsea alba Nutting, il se relie au genre Votisis Gravier. Les deux autres genres Peltastisis Nutting et Chelidonsis Studer ont moins d’affinité avec les précédents que ceux-ci n’en ont entre eux. Le premier, par les spicules de ses calices, se classe parmi les Wopseinæ. Mais, avec ses polypes unisériés et ses opercules formés chacun de 8 gr
tout à fait à part. Quant au genre Chelidonisis, il ne se relie guère aux
andes plaques triangulaires ou quadrangulaires, il a une physionomie
Mopseinæ que par les côtes dentelées de ses entre-nœuds calcaires qui rappellent celles des Acanthoïsis et aussi, quoique à un moindre degré, par la minceur du cœnenchyme et l’écartement des polypes; par ses spicules, il appartient indiscutablement à la tribu des /sidinæ. I est à noter qu'on ne connaît aujourd’hui qu'une seule espèce de chacun des genres Acanthoïsis, Chelidonisis et Notisis et deux espèces du genre Peltastisis. Il est fort possible que, lorsqu'on aura trouvé d’autres formes de chacun de ces genres, on soit conduit à remanier complètement les coupes génériques de cette tribu, dans laquelle s’accuse déjà fortement l’hétéro-
sénéité du genre WMopsea Lamouroux.
Genre PRIMNOISIS Wright et Studer.
Primnoisis antarctica (Studer).