PA ORDRES À
UT, Lys R7 EE
CS 4 VE Pré Nes Se, OS KR, 4 TE 4 TX 26 % Z à Z AIS Fig. #7. — Galle à surface unie, qu'on observe sur certaines branches. — Fig. 48. — Autre type de galle, à surface mamelonnée. — Fig. 49. — Autre type de galle, dans laquelle chaque saillie correspond à un polype.— Fig. 50. — L'une des saillies de la galle de la figure 49, ouverte à sa base pour faire voir l'œuf qu’elle contient. — Fig. 51. — OEuf enveloppé dans un polype clos.
de normaux, on voit çà et là, sur les branches (fig. 39), d’autres polypes clos, en forme de dôme (fig. 51) sanstentacules apparents et dans lesquels on aperçoit, par transparence, un œuf très volumineux qui remplit presque entièrement la cavité correspondante. D’ailleurs, à la base de certains polypes normaux, il existe un œuf unique, bien moindre cependant que
Expédition Charcot. — GraAvier, — Alcyonaires, (b)
42 A'LCNONATRES:
ceux des polypes en dôme, que l’on doit considérer comme des polypes incubateurs. Il y a donc 1ei, parmi les polypes, un dimorphisme très net, qui n'est pas sans analogie avec celui qu’on observe chez certains polypes hydraires.
Ce dimorphisme paraît être réalisé chez d’autres /sidæ de la tribu des Mopseinæ. Ainsi Nutting (4910) mentionne que, chez le Pelfastisis uniserialis Nutting, il ya, dans le cœnenchyme des branches, comme dans celui de Paxe de la colonie, des renflements alternant régulièrement avec les polypes et contenant des œufs. De même, chez le Peltastisis cornuta Nutting, il existe des saillies arrondies recouvrant des œufs. Il est à présumer que ces renflements et ces saillies remplis d'œufs ne sont autre chose que des polypes incubateurs.
Sur certaines branches de la colonie, on remarque des excroissances plus ou moins volumineuses correspondant à l'emplacement de plusieurs polvpes. Les unes (fig. 47) ont leur surface assez régulièrement convexe; les autres présentent des saillies qui paraissent correspondre, au moins en partie, aux polypes originellement formés sur l'emplacement de la galle (fig. 48). Les plus grandes de ces excroissances ont 3 millimètres de longueur et !mm,5 dans leur plus grande largeur. Quelle que soit leur forme, on trouve, à l’intérieur de la cavité circonscrite par une paroi nince, tantôt deux, tantôt trois (et parfois davantage) Copépodes parasites qui sont de tailles différentes dans les deux derniers cas. On trouve même, en certains points, des saillies de même ordre, où les polypes constituants sont encore plus nettement distinets que dans la galle figure 48. Ainsi, dans la galle représentée par la figure 49, chaque saillie correspond visiblement à un polype clos; si l’on fait une section transversale dans l’une de ces saillies, on y trouve un œuf très gros (fig. 50) ayant
5 de diamètre, remplissant presque complètement la
jusqu'à Omm, cavité qu'iloccupe, quiest comme modelée sur lui, et apparemment identique à ceux qu'on trouve dans les polypes incubateurs dont 1l est question plus haut. Dans ce groupement de polypes, je trouve au fond, du côté externe, trois Copépodes parasites de différentes grandeurs et de même type que ceux dont il vient d'être question. Le parasite ne semble
nuire en aucune façon au développement des organes reproducteurs des
ALCYONAIRES. 43
polypes. Ces Crustacés, très différents des autres Lamippidæ connus actuellement qui vivent dans les canaux du cœnosarque de certains Alcyonaires, font l’objet de l’appendice publié à la fin de ce mémoire sur les Alcyonaires provenant de la deuxième expédition antarctique française.
Au point de vue du mode de ramification, la Wopsea de l'Antarctique sud-américaine rappelle, dans une faible mesure, la Mopsea flabellum J. A. Thomson et D. L. Mackinnon (4911) ; elle ressemble davantage à la Mopsea alba Nutting (1910). Elle diffère de ces deux espèces par la disposition des polypes et les caractères des spicules, et elle se sépare de toutes les autres espèces de HMopsea par le petit nombre et la gracilité de ses branches, qui lui donnent un facies particulier. Elle prend une place à part dans ce genre, qui paraît être fort hétérogène, tant au point de vue du port que de l’épaisseur du cæœnenchyme etdeladisposition des polypes. En ce qui concerne le mode de ramification, 1l est hors de doute qu'il y a de profondes différences entre la Wopsea encrinula (Lamarck), la Mopsea Whiteleggei Thomson et Mackinnon, la Wopsea elejans Thomson et Mackinnon et la Mopsea alba Nutting. Chez la plupart des espèce , les polvpes sont tellement serrés les uns contre les autres qu'ils forment presque des verticilles ; chez la Mopsea décrite ici et à laquelle J'ai proposé de donner le nom de Wopsea gracilis, ls sont un peu plus distants les uns des autres ; ils le sont beaucoup plus chez la Mopsea alba Nutting. Enfin le cœnenchyme est habituellement épais chez les HMopsea ; ici, il est très mince. La revision approfondie des diverses espèces du genre Wopsea conduirait probablement à le diviser en plusieurs sous-genres.
Genre NOTISIS Gravier.
Notisis fragilis Gravier.
(D, VI Me 20 BE es EVENE bi)
1913. — Nodisis fragilis Ch. Gravier. Deuxième Expédition antarctique française, 1908-1910. Alcyonaires (17e note préliminaire) (Bull. du Mus. d’hist. nalur.,
L'OCUX p 452) Au point de vue de la faune d’Alcyonaires, l’un des dragages les plus fructueux fut celui du 15 janvier 1909, à l'entrée de la baie Marguerite, entre l’île Jenny et la Terre Adélaïde (latitude : 670 45’S;; longitude : 68°
44 ALCYONAIRES.
33" W.), à 254 mètres de profondeur, sur un fond de roches et de graviers
la température de l’eau au fond était de — 10,18. Dans les matériaux de ce dragage, se trouvaient deux exemplaires d’un type nouveau d’Alcyonaire, dont l’un était presque entièrement dépourvu de polypes; une petite éponge siliceuse s'était établie sur l’une de ses branches. L'autre exemplaire, de couleur blanc jaunâtre, est en bien meilleur état de conservation; cependant la base manque (PI. VI, fig. 28). La colonie se développe dans un plan; la ramification est pseudo-dichotomique. La hauteur de la colonie est de 70M,5 ; sa plus grande largeur, de 7 centimètres. La partie conservée de l’axe basilaire, de 13 millimètres de hauteur, se divise en deux branches. Celle de gauche, à 19 millimètres du point de bifurcation, donne naissance, en dehors, à une branche latérale presque aussi développée qu'elle-même et quireste mdivise, tandis qu’elle-même se bifurque dans sa partieterminale. Celle de droite porte extérieurement deux branches qui se divisent à leur tour. Les ramifications de divers ordres s’incurvent vers le prolongement de l'axe principal de la colonie. Les entre-nœuds, dans l’axe basilaire, ont moins de 2 millimètres de longueur; ils s’accroissent graduellement vers la partie supérieure de la colonie, où ils atteignent # millimètres de longueur. Ils présentent des saillies coniques dont la distribution n’est pas régulière, mais qui sont disposés en séries longitudinales qui semblent être au nombre de six en général. Inégalement espacées dans une même file longitudinale, ces saillies n’ont pas des dimensions en relation avec le diamètre des entre-nœuds correspondants; elles sont relativement plus développées dans les ramifications terminales (lig. 51, PL X) qu'à la base de la colonie. Aucun entre-nœud ne porte plus d’une branche; la plupart d’entre eux n’en ont pas. Nulle part, le nœud corné basilaire d'une ramification, toujours situé à quelque distance de l’origine de cette dernière, ne se fusionne avec le nœud le plus proche de la branche sur laquelle s’insère la ramification en question. Il n'existe aucune cannelure à la surface des entre-nœuds; à peine discerne-t-on une légère saillie correspondant à la ligne d'insertion des saillies coniques.
Les polypes, à de rares exceptions près, s’insèrent isolément, en disposition apparemment alterne (PI. VI, fig. 29). A Ja partie inférieure des
branches principales, ils sont relativement distants les uns des autres; on
ALCYONAIRES. 45
en compte cinq ou six par centimètre de longueur ;1ls deviennent plus nombreux dans les parties ultimesdesramifications, oùonen voit jusqu’à treize ou quatorze par centimètre de longueur. Un peu renflés, en général, dans
Rûte Û (K DA. up. D0. O4.
Fig. 52. — Disposition des polypes sur les branches. — Fig. 53-55. — Spicules de l’armature des polypes, — Fig. 56-58. — Spicules du cœnenchyme.
leurpartie supérieure, ils sont, toutes proportions gardées, bien développés et de taille inégale (fig. 52);les plus grands n’ont guère que Î millimètre de hauteur; la plupart ne dépassent pas Omm,8 de hauteur (fig. 49, PI. IX). Ils sont inclinés sur l'axe qui les porte, sans jamais s’incurver vers ce dernier et se disposer parallèlement à lui. Ils sont enveloppés d'une très forte cui-
46 ALCYONAIRES.
rasse de spicules (fig. 49, PI. IX). Ces derniers, à la base, ne sont pas régu-
lièrement disposés ; mais, dans la partie supérieure, ils s’alignent nettement
Fig. 59.
— Disposition des
polypes sur des
branches. — Fig. 60. — Axe calcaire avec ses épines en séries longitudinales. — Fig. 61. — Axe calcaire au niveau d'une ramification.
Omm,20 de longueur (fig. 56, 57
en huit rangées correspondant respectivement aux huit tentacules.
En forme d’écailles, les spicules ont leur bord antérieur convexe profondément crénelé ; -les crénelures ont d’ailleurs des dimensions et des formes très variées (fig. 93, o4 et 9); en outre, leur face externe est renforcée de grosses saillies ellesmêmes mamelonnées, de même que les crénelures marginales ; certains spicules ont leur face externe presque entièrement recouverte de ces verrues. Les plus grandes de ces écailles ont Omm,18 de longueur et Omm, 08 de largeur. Les tentacules ont leur partie externe protégée par des plaques de même caractère que les précédents, mais dont les dimensions diminuent de la base au sommet de ces appendices. Le cœnenchyme, qui est très mince, est bourré de spicules de forme plus allongée, en bâtonnets droits ou arqués, les uns grêles, les autres très gros, à surface couverte de verrues volu-
mineuses semblables à celles des
écailles des polypes. Quelquesuns de ces bâtonnets atteignent
et 58).
Je rapporte avec quelque doute à la même espèce un petit fragment de
colonie que j'ai trouvé fixé sur un tube de Serpula vermicularis (L.), pro-
ADCMONATMRES" 47
venant de l’île Petermann. L’axe calcaire, avec ses entre-nœuds à épines alignées en séries longitudinales, n’est recouvert par les polypes que sur une longueur de 1 centimètre environ (fig. 59 et 60). Les polypes ont bien les mêmes caractères et la même spiculation que chez l’exemplaire pré-
cédent; ici, les polypes, un peu moins distants les uns des autres, alternent suivant une spire du tvpe ne Au lieu d'être incolores, les polypes
ont conservé une couleur brun-chocolat clair qui doit se rapprocher de la teinte de la colonie à l’état vivant. Il n'y avait là qu’une seule branche conservée (fig. 61). On retrouve dans l'écorce les mêmes bâtonnets noueux que dans celle de l’exemplaire décrit ci-dessus.
L'Alcyonaire en question, qui se range parmi les Mopseinæ Wright et Studer, a, de même que les genres Mopsea Lamouroux, Acanthoisis Wright et Studer et Chelidonisis Studer (1901), ses ramifications situées dans un même plan et, en outre, comme les genres Acanthoisis et Chelidonisis, des épines sur les entre-nœuds calcaires. Par ses polvpes assez distants les uns des autres, son cœnenchyme mince, son mode de ramification, 1l se sépare nettement du genre Acanthoisis ; son port rappelle davantage celui du Chelidonisis aurantiaca Studer, dont il diffère fortement par les spicules, qui, chez ce dernier, ressemblent beaucoup à ceux de l'/sis hippuris L. Quant au genre Peltastisis Nutting, il a une place tout à fait à part dans les Mopseinæ, avec ses calices unisériés et ses écailles operculaires. L’Alcyonaire de l'Antarctique ne peut être classé dans aucun des genres actuellement connus des Mopseinæ ; il nécessite la création d'un genre nouveau, Vofsis (1), qui peut être ainsi caractérisé : colonie ramifiée dans un plan à branches grèles et peu nombreuses. Axe constitué par des nœuds cornés et des entre-nœuds calcaires portant des saillies coniques en séries longitudinales, mais non insérées sur des côtes saillantes. Cœnenchyme mince. Polypes relativement bien développés, assez écartés les uns des autres. Spicules du calice en écailles renforcées par de grosses verrues, à bords profondément découpés. Spicules du cœnenchyme de forme plus allongée, en bâtonnets noueux.
(1) De voros, Sud,
48 ALOYONATRES:
L'espèce rapportée par le « Pourquoi Pas ? », dont les ramifications sont si grêles, sera le Nofisis fragulis.
Famille des PRIMNOIDÆ (Milne-Edwards).
Genre THOUARELLA Gray.
Thouarella antarctica (Valenciennes).
(PI. VII, fig. 31-34 ; PI. X, fig. 52-55.)
1846. — Primnoa anlarclica Valenciennes. Voyage sur la Vénus ; Atlas, Zoophytes, PI. XII, fig. 2 et 2a (aucun texte).
1857. — Primnoa antarclica Milne-Edwards. Histoire naturelle des Coralliaires, t. I,
1857. — Primnoa anlarclica Gray. Synopsis of the Families of axiferous Zoophytes or barked Corals (Proceed. of the Roy. Soc., Part XXV, p. 286).
1859. — Primnoa anlarclica Gray. Descriptions of some new Genera of Lithophytes or Stony Zoophytes, Part. XXVII, p. 683.
1865. — Primnoa anlarclica Külliker. Icones histologicæ, 2te Abth., Leipzig, p. 135.
1870. — Thouarella anlarclica Gray. Catalogue of Lithophytes, p. 45.
1878. — Thouarella anlarclica Studer. Uebersicht der Anthozoa Alcyonaria, welche,
während der ReiseS. M.S$. « Gazelle» um die Erde gesammelt wurden (Monaisber. Akad. Wiss. Berlin, p. 649).
1889. — T'houarella anlarclica Wright et Studer. Report on the Alcyonaria (Reports on the scientific Resulls of the Voyage of H. M. S. « Challenger », Zoology, VOL XXI D 05 PI EXT MIS 167)
1906. — Thouarella anlarclica Versluys. Die Gorgoniden der Siboga-Expedition, Il. Die Primnoidæ, p. 35.
1907. — Thouarella anlarclica Hickson, Cœlentera. Alcyonaria (Nalional Anlarclic
Expedilion, p. 9, PI. IT, fig. 19 et 24).
L'expédition de la « Vénus » (4836-1839), commandée parle capitaine du Petit-Thouars, recueillit aux iles Malouines ou Falkland deux exemplaires d’un Alcyonaire que Valenciennes appela Primnoa antarchica. L'un de ces exémplaires est représenté planche XIT, figure 2 (Zoophytes) dans l'atlas, — que n'accompagne aucun texte, — consacré aux animaux rapportés par la « Vénus ». [ls existent tous deux encore dans les collections du Muséum d'histoire naturelle de Paris, où ils ont été conservés à see depuis le retour de Pexpédition (4839) ; cette circonstance explique l’état de délabrement de ces deux types historiques. Je les ai placés dans l'alcool, où ils ne continueront pas à se détériorer. Dans le bocal qui contient l’un
des exemplaires, se trouve une étiquette manuscrite sur laquelle on lit :
Malouines.
M. du Petit-Thouars.
Expos de la «Vénus».
Ce bocal et celui qui renferme le second exemplaire portent chacun une étiquette donnant les indications suivantes :
Primnoa anlarctica.
«Vénus», Zoophytes, PI. XIT, fig. 2.
Iles Malouines.
M. du Petit-Thouars.
La colonie qui me paraît avoir été figurée par Valenciennes est celle qui est cassée en deux (PI. VII, fig. 32), parce que c’est la seule qui possède encore une partie de sa base élargie servant à la fixation sur le support qui a disparu. L'image est un peu plus grande que nature, car elle mesure 16€m,5 de longueur, alors que l’axe principal de la colonie en question n’a que 13°M,5. Lasilhouette dela J’houarella antarctica est assez fidèlement représentée ; cependant les ramifications sont un peu plus denses que ne l'indique la figure 2. Quant aux calices grossis de la figure 2 a, ils ne sont pas, il s’en faut, d’une exactitude irréprochable, surtout en ce qui concerne les écailles marginales, qui ne sont qu'approximativement dessinées. La couleur jaune de la figure 2 est encore très sensiblement celle qui s’est maintenue jusqu'ici.
Dans son Âistoire naturelle des Coralliaires(t. 1,857, p. 140), H. Milne- Edwards donne de la Primnoa antarctica la diagnose suivante : « Polypiéroïde extrêmement délicat, dont les branches, presque filiformes, sont disposées irrégulièrement tout autour de la tige principale, de facon à constituer une touffe en forme de goupillon. Papilles calicifères petites, mais très fortes, comparativement au diamètre de l’axe qui les porte. »
Sous le même nom de Primnoa antarctica, J. E. Gray, en 1857, mentionne simplement :
P. anlarclica Valenciennes. Voy. « Vénus », t. XII, fig. 2. South Polar Sea and Falkland Islands.
Il n’est pas plus explicite, deux ans plus tard (4859) : P. antarclica Valenciennes. Voy. « Vénus », t. XIT, fig. 2.
Hab. Falkland Islands.
À. Kôülliker (1865), dans ses /cones histiologicæ, indique pour es spicules
Expédition Charcot. — GRAVIER, — Alcyonaires. fl
50 A DOMIO NAT ST
des calices les dimensions 0Mm,18 à OMM,63 : il ne mentionne rien pour les spicules de l’opercule ni pour ceux du cœnenchyme; il ne dit pas, d’ailleurs, où il a pris ses mesures; dans le texte qui précède, il déclare qu'il n’a étudié exactement lui-même que les calices de la Prmnoa lepadiferaLamouroux ; ildonne cependant, dans la planche XVIT, figures 10-14, les images de spicules des Primnoa lepadifera, P. flabellum, P. vericillaris, P. regularis et P. myura. |
S'armant de la description très sommaire de Milne Edwards et des figures données par Valenciennes, J. E. Gray (4870), sans fournir aucun autre détail, fonde le genre 7’houarella. Correctement, le genre créé en mémoire de l’illustre marin eût dû s'appeler 7houarsella et non T'houarella.
Un très grand nombre de polypes des lypes rapportés par du Petit- Thouars se sont détachés de leurs branches et sont tombés au fond des bocaux. Dans la partie moyenne seule, les polypes sont restés en place ; au-dessus comme au-dessous de cette région, les branches sont à nu, réduites à leur axe corné, très grêle, d’un jaune assez vif. L'axe principal de l’un des exemplaires (PI. VII, fig. 31), fortement incurvé à sa base, mesure 96m,5 de longueur; 1l est incomplet à sa partie inférieure ; la plus grande largeur n'excède pas 3 centimètres ; il est vrai que les extrémités de la plupart des branches sont brisées. L'autre exemplaire (PI. VI, fig. 32), figuré par Valenciennes, mesure environ 130,5 de longueur; il est divisé en deux fragments, et il possède une partie de la plaque basilaire qui le fixait au support.
Les branches, peu inelinées sur l'axe principal, s'insèrent tout autour de ce dernier et sont assez rapprochées les unes des autres ; beaucoup d'entre elles restent indivises; celles qui se ramifient, à de très rares exceptions près, ne donnent naissance qu'à une seule branche de second ordre, généralement près de leur origine. Un grand nombre d’entre elles n'ont plus leur extrémité distale, qui s'est détachée, sans doute, avec le groupe de polypes qu’elles portaient ; les plus longues n’ont pas plus de 2 centimètres de longueur.
Assez fortement inclinés sur l'axe, les polypes dont le diamètre va en
croissant de la base au sommet, en général, sont insérés isolément. Les
ACCMONPAMPRES 5I
plus grands d’entre eux ont au plus 2 millimètres de longueur et le plus souvent moins. Ils sont beaucoup moins denses dans la partie proximale des branches que dans la partie distale, où ils masquent complètement l’axe qui les porte (PI. VIT, fig. 33 et 34), ce qui donne lieu à des branches élargies à l'extrémité libre, en massue, dont la silhouette rappelle celle qu'on observe chez la Ahopalonella pendulina Roule, où se retrouve une disposition très analogue des polypes.
Les calices sont complètement enveloppés de spicules en écailles de grande taille, plutôt disposés en spires qu’en sérieslongitudinales (fig. 62). Les écailles marginales, au nombre de huit, ont une forme toute spéciale (fig. 63); elles présentent leur maximum de largeur dans la région moyenne etse rétrécissent graduellement en avant, de façon à se terminer en pointe mousse. Sur la face intérieure tournée vers le polype, elles sont munies d’une arête médiane longitudinale sur laquelle sont fixées des plates-formes transversales (parallèles à l’écaille), à divers niveaux, à bords dentés et de largeur décroissant graduellement d'avant en arrière. Ces plaques transversales prennent, sur certaines écailles, des dimensions relativement considérables (fig. 64). L'arète médiane reste généralement saillante, en une ou deux pièces, au-dessus de la plate-forme supérieure, comme dans la figure 63 ; parfois aussi, l’on voit deux arêtes divergeant vers le sommet de l’écaille (fig. 64). La face intérieure est couverte de petites verrues nombreuses, de faibles dimensions et de disposition rayonnante, à partir d’un nucléus très apparent. Le bord postérieur de ces écailles est épaissi, très déchiqueté, avec de profondes échancrures. Les verrues de la face inférieure ne sont pas dessinées dans la figure 6#, ni dans la figure 65, qui représente une écaille semblable à celle de la figure 63 et vue par la face extérieure. Les plus grandes des écailles marginales ont jusqu'à Omm,8 de longueur et Omm,6 dans leur plus grande largeur ; l’arête médiane, avec ses plates-formes, jusqu’à 00m,56 de lonsueur et Omm,23 de largeur maxima. Les écailles de l’opercule sont également au nombre de huit (fig. 52, PI. X), Elles ont une forme foliaire et allongée, terminée en pointe mousse en avant, avec une échancrure médiane très accusée en arrière (fig. 53, PI. X); elles sont fortement
repliées suivant leur plan de symétrie, de sorte qu'elles forment une sorte
52 ALCMONATRES.
de gouttière marquée sur la face opposée par une quille très saillante à bord crénelé (fig. 54, PI. X); chacune des moitiés est d’ailleurs une
No GS cos nn CZ.
Fig. 62.— Un polype avec son armature de spicules. — Fig. 63. — Un spicule de la rangée marginale du calice, vu par la face intérieure. — Fig. 64. — Un spicule de la même rangée avec deux arêtes verlicales divergentes sur la plate-forme transversale. — Fig. 65. — Extrémité antérieure d’un spieule
marginal, vue par la face extérieure,
surface gauche à allure très tourmentée; en outre, la quille dorsale est recourbée en $S allongée. Les plus grandes ont jusqu'à Omm,67 de longueur et Onm,35 de largeur maxima. Elles présentent leur cavité vers
l'extérieur et, par conséquent, leur arête vers le polype ; dans leur en-
ALCYONAIRES. 53 semble, elles forment un opercule bombé, à convexité tournée vers l'extérieur. Les autres écailles des polvpes ont leur partie antérieure fortement plissée, ce qui donne lieu à des crêtes rayonnantes bien marquées (fig. 5, PI. X); immédiatement en arrière des marginales, ces crêtes se continuent en avant, de facon à former une pointe saillante médiane qui s’atténue beaucoup en arrière. De chaque côté des crêtes, le bord antérieur est denté assez régulièrement; la partie postérieure des écailles est fortement ondulée, avec un bord épaissi, échancré profondément et à contour très sinueux. De nombreuses verrues sont assez régulièrement disposées en séries rayonnantes autour d'un gros nucléus très marqué. Au voisinage du bord antérieur, on remarque quelques pointes aiguës, en épines. Les plus grandes de ces écailles ont Omm,6 de longueur et Omm,65 de largeur maxima.
Dans l'écorce, les spicules sont de formes et de dimensions extrêmement variées (fig. 66 et 67); le bord antérieur est denté; le bord postérieur, épaissi, échancré et déchiqueté ; les verrues de la face intérieure sont assez petites, nombreuses, plus ou moins distinctement alignées en files convergeant vers un nucléus très visible.
La base un peu renflée de beaucoup de polypes laisse voir par transparence un corps orangé de teinte assez vive ; quand on ouvre un de ces polypes, on trouve, à la base, une calotte à fond un peu déprimé contenant quelquefois un peu de substance de même couleur (fig. 68). ILest difficile, à première vue, de savoir exactement ce à quoi correspond cette calotte, étant donné que les deux exemplaires du capitaine du Petit-Thouars ont été conservés à sec pendant plus de soixante-dix ans. Mais, à cause de la couleur, de la taille, de la situation de ces corps orangés, je suis porté à croire qu'il s’agit là d’un mode d'incubation analogue à celui que j'ai observé chez la Ahopalonella pendulina Roule. L'axe principal et les branches qu'il fournit, et qui sont gréles et souples, sont de nature cornée; leur couleur est d'un jaune assez clair.
L'exemplaire type de l'espèce dont il est question ici fut recueilli, comme on l’a dit plus haut, par le capitaine du Petit-Thouars aux iles Malouines ou Falkland. La même espèce a été rapportée par le « Challenger » des iles Crozet, à la profondeur de 550 brasses (990 mètres),
54 ALCYONAIRES.
de profondeur, d'un fond dur formé de graviers et de coquilles ; elle. fut décrite pour la première fois par Wright et Studer (1889). Ces auteurs n’ont
Fig. 66-67. — Spicules du cœænenchyme. — Fig. 68. — Corps orangé situé à la base de certains polypes.
pas donné la figure d'ensemble d'une colonie, ni celle d'un calice; ils n'ont pas suffisamment insisté sur les caractères spéciaux des écailles marginales des calices et, à ce point de vue, la figure 6 (PI. XXI) de leur mémoire correspondant à ces spicules n’est pas assez explicite.
J. Versluys (1906), dans sa monographie des Primnoidæ du « Siboga », a ajouté quelques détails relatifs à la 'houarella antarctica, d'après un
exemplaire sec qu'il a examiné au British Museum et qui a été rapporté,
ALCYONAIRES. 55
comme les types originaux, des îles Falkland par le capitaine Clark. Le zoologiste hollandais faitobserverque lesexemplaires du « Challenger » ont un tout autre facies que cet exemplaire see, qui est absolument conforme au type dessiné par Valenciennes. Il se demande s'il ne s’agit pas de deux espèces distinctes, ou bien si l’aspect particulier des exemplaires du «Challenger » ne tient pas à ce fait qu'ils proviennent de 990mètres de profondeur, alors que les autres vivaient beaucoup plus près de la surface.
Sydney J. Hickson (1907), dans son étude des Alcyonaires de la « National Antarctie Expedition », mentionne que la Z'houarella antarctica a été recueillie par la « Discovery » en quatre stations différentes, à des profondeurs comprises entre 96et 254 brasses(de 173 mètresa 457 mètres). Je me demande si, là encore, il s’agit bien de la Z'houarella antarctica. La figure 19, planche Il, représente une écaille marginale, qui me paraît se rapprocher davantage des correspondantes de l'espèce décrite par W.Kükenthal (4912) sous le nom de Z'houarella aff. variabilis que de celles que j'ai observées chez la Z’houarella antarctica authentique, dont l’arête médiane, avec ses vastes plates-formes, est si frappante. D'autre part, la figure 24, planche IT, d’une portion de branche d'un spécimen sec, d'après une photographie, laisse dans le même doute, sans parler du nombre des écailles des polypes, beaucoup plus grand que ne l'indique la figure ; les polypes eux-mêmes n'ont pas le même aspect, etils sont plus rapprochés les uns des autres dans le type de l'espèce que dans la figure en question.
Dans sa revision du genre Z’houarella, J. Versluys (4906) divise les espèces de ce dernier en deux groupes, l’un d'eux ayant pour type la Thouarella Hilgendorfi Studer et l’autre la Zhouarella antarctica. Les espèces de ce dernier groupe, fait-il remarquer, n'ont été, Jusqu'ici, trouvées qu'au sud du 37e degré de latitude sud, aux iles Falkland, au Burdwood Bank (au sud de ces iles), aux îles Gough (au sud de Tristan d'Acunha), du Prince-Édouard et Heard, toutes situées dans les parties sud des océans Atlantique et Indien.
Le genre l'houarella a été divisé par K. Kinoshita (1908) en deux sousgenres: 7'houarellas. st. et Diplocalyptra; le premier a un mode de division pennée, avec branches secondaires, tandis que le second se divise dicho-
50 ATONIO NA TES
tomiquement et n’a point de branches secondaires ; les caractères des polypes sont exactement les mêmes dans les deux sous-genres.
W. Kükenthal (4912) a entrepris une nouvelle revision du genre Thouarella à la suite de son étude des espèces de ce genre provenant de l'expédition antarctique allemande. Il fusionne le genre Amphilaphis Wright et Studer avec le genre 7’houarella ; il admet les deux groupes fondés par Versluys, auxquels il en ajoute deux autres, de sorte que le genre Z’houarella se trouve partagé en quatre groupes ayant respectivement pour types: Z’houarella Hilgendorfi Studer, Th. antarctica (Nalenciennes), 74. Kôllikeri Wright et Studer et 74. regqularis(Wrightet Studer). W. Kükenthal établit ses divisions, moins d’après le mode de ramification que d’après la disposition, le mode d'insertion et la configuration des polypes. Il fait observer que, dans l'architecture de la colonie, intervient fortement la valeur du mode de ramification. Celui-ci peutsubir fortement, croyons-nous, l'influence du milieu.
On peut se demander si, en présence de données plus complètes sur le type pour lequel on a créé le genre 7’houarella, on ne sera pas encore amené à un nouveau remaniement des coupes sous-génériques de ce dernier. Il est incontestable, en tout cas, que les écailles marginales de la J'houarella antarctica authentique ont, avec leur arête médiane à plates-formes, un facies tout spécial qu'on ne retrouve pas du tout chez la Zhouarella chilensis, par exemple, que Kükenthal place dans le groupe antarctica.
Le plus grand nombre des espèces du genre Z’houarella sont antarctiques ou subantarctiques. C’est un genre de mer profonde, dont quelques représentants s'élèvent cependant dans les eaux du littoral. Si, — ce que l’avenirnousapprendra,—lesespèces du « Challenger » etde la « Discovery » appartiennent réellement à la forme que Valenciennes a décrite en premier lieu, la Thouarella antarctica aurait une aire très vaste de répartition dans
les mers antaretiques.
Thouarella variabilis Wright et Studer.
(Pl ie 6 PAT Me AS 1eLa14)
1889, — Thouarella variabilis Wright et Studer. Report on the Alcyonaria (Reports
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on the scienlific Resulls of the Voyage of H. M. S. « Challenger », Zoology, vol. XX XI, p. 68, PL XXI, fig. 1).
1905. — Thouarella variabilis Menneking. Ueber die Anordnung der Schuppen und das Kanalsystem bei Slachyodes ambigqua (Studer), Caligorgia flabellum (Ehrenberg), Amphilaphis abielina (Studer) und Thouarella variabilis (Studer) (Archiv für Naïturgesch., Jahrg. LXXI, Bd. I, Heft 3, p. 260, Taf. 9, fig. 9, 10, 11,
il GER):
1906. — Thouarella variabilis Versluys. Die Gorgoniden der Siboga-Expedition. II. Die Primnoidæ, p. 37.
1912. — Thouarella aff. variabilis Kükenthal. Deutsche Südpolar Expedition 1901- 1903: Die Alcyonaria, Bd. XIII, Zool. V, p. 305, Taf. XX, fig. 2 et 3, Textfig. 9-12. ;
Le «Pourquoi Pas? » a rapporté une vingtaine d'exemplaires, laplupart incomplets, de cet Aleyonaire. Le dragage du 15 janvier 1909, à l'entrée de la baie Marguerite, entre l’île Jenny et la Terre Adélaïde (latitude : 670 45". ; longitude : 68933” W.)a ramené, de 254 mètres de profondeur, trois exemplaires séparés de leur support; l'un d'eux, auquel manque toute la partie inférieure, a 19€m,5 de longueur et était vraisemblablement de belle taille. Tout près de là, dans la baie Marguerite, un autre coup de drague (20 janvier 1909) a arraché du même fond (profondeur : 176 mètres) de roches et de graviers deux autres exemplaires mcomplets. L'un d'eux, en assez mauvais état, a 22cm,5 de longueur ; une branche latéraie, longue de 8 centimètres, est ramifiée, tout comme l’axe qui la porte. Un autre exemplaire, dragué le 26 novembre 1909, à 50 mètres de profondeur, devant Port-Lockroy, chenal de Roosen (latitude : 64° 497$. ; longitude : 630 30/W.) est dans un état très médiocre de conservation (PI. I, fig. 6) ;1la dû macérer pendant quelque temps dans un liquide àréaction acide, car les spicules sont en partie dissous ou, en tout cas, altérés ; peut-être la colonie était-elle mortequandelle fut prise par la drague. Enfin, dans les matériaux de deuxautres dragages faits en bordure de la banquise (latitude : 700 107$. ; longitude : 78030’ W.) surun fond de vase sableuse, avec de nombreux cailloux, à 460 mètres de profondeur, se trouvaient 17 autres exemplaires fragmentaires de la même espèce ; 5 de ces exemplaires étaient encore fixés sur leur support par leur base élargie.
Ces Thouarella se présentent sous deux facies qui ont tous la forme typique d’écouvillons.Chezlesuns (PL. IT, fig. 14), peu de branches restent
indivises ; la plupart d’entre elles, surtout dans la partie supérieure de la
Expédition Charcot. — Gravier. — Alcyonaires, 8
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colonie, se divisent en rameaux qui, fréquemment, se ramifient à leur tour, de façon à former de petites arborescences; cinq ou six rameaux et même plus, parfois, proviennent ainsi d’une partie basilaire relativement courte, insérée sur le tronc et qui porte elle-même un ou deux polypes. Comme l’a fait remarquer Versluys (1906), les polypes sont moins nombreux à la base qu’à l'extrémité des branches, qui se renfle un peu, à cause de l'accumulation des polypes dans la partie terminale. Chez les autres (PI. IT, fig. 13),les branches latérales sont plus longues et moins ramifiées ; l’ensemble est moins compact, d'autant que l’accroissement du nombre des polypes vers l'extrémité distale des rameaux est aussi beaucoup moins marqué et que, par suite, les branches ont, beaucoup moins que les précédentes, l'aspect de massue allongée. Ces deux aspects correspondent peut-être à des différences dans les conditions de milieu, différences toutes locales, d’ailleurs, puisqu'on les observe sur des colonies provenant d’un même coup de drague. Chez les uns comme chez les autres, tantôt l'axe principal présente peu ou point de polypes isolés, tantôt il en a d'assez nombreux. L’axe de l’un des exemplaires porte à deux niveaux assez distants l’un de l’autre de véritables nids de ces polypes, dont la formation est peut-être due à quelque traumatisme.
Sur les branches de quelques colonies, on trouve un certain nombre de commensaux. Ce sont surtout des Annélides Polychètes de la famille des Polynoïdiens ; j'y ai également trouvé un Phyllodocien ; on y voit aussi quelques Pyenogonides. Nulle part je n’observe de déformations semblables à celle qu'a signalée C. C. Nutting (4908) chez la Sfenella helminthophora Nutting.
Les polvpes, un peu évasés au sommet, sont tous isolés; on en compte une dizaine par centimètre de longueur. Les écailles qui les recouvrent entièrement sont, en général, au nombre de 4 dans chaque rangée longitudinale. Les écailles marginales, dont la base est quadrangulaire, se prolongent en avant en une longue pointe foliaire, à bord denté (fig. 69) ; cette pointe est beaucoup plus développée sur la face abaxiale que sur la face opposée; ilest, d’ailleurs, souvent difficile d’en juger, parce que la plupart de ces prolongements sont brisés dans beaucoup de calices.
Les plus longues d’entre elles ont Onmm,55 de longueur, dont Omm,35 pour
ALCYONATRES. 59 la pointe seulement. Les écailles de l’opercule sont étroites et pourvues sur leur face interne d’une forte carène (fig. 70). En arrière des écailles marginales, celles de la première rangée ont encore une pointe antérieure, mais beaucoup plus courte. À la base des polypes, cette pointe disparait
CE