‹ AlcyonaireChapitre 23 sur 38 · SN <O · texte numérisé non relu

SN <O

Fig. 121-122. — Spicules arqués recouvrant la face externe des lentacules. —'Fig. 123-124. — Spicules de la partie supérieure des calices. — Fig. 125-126. — Spicules de la partie inférieure des calices. — Fig. 127. — Spicule rectiligne de l'écorce. — Fig. 128-129. — Autres formes de spicules, à trois ou quatre branches, de l'écorce. !

plupart d’entre eux (fig. 121 et 122); les plus grands d’entre eux ont

- Onm,35 d’une extrémité à l’autre, en ligne droite.

A la partie supérieure du corps des polypes, les spicules sont incurvés irrégulièrement ou plus ou moins tortueux, avec de nombreuses saillies assez volumineuses sur toute leur surface. Leurs dimensions sont très variées; les plus grands ne dépassentguère Omm,85 et leur largeur Onm,06 (fig. 123 et 124). À la partie inférieure du polype, les spieules conservent les mêmes caractères généraux, mais ils sont, en général, un peu plus grands et un peu plus larges (fig. 125 et 126). Il en est, parmi eux, un certain nombre qui sont bifurqués à l’une des extrémités, ce qui tient probablement à la soudure précoce de deux spicules.

Enfin, dans l'écorce mince de l’axe principal et des branches, la plupart des spicules sont rectilignes ou plus ou moins ineurvés ou coudés. Leurs

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dimensions sont très diverses; quelques-uns ont jusqu'à Omm,75 et même Omm,80 de longueur et 0mm,08 de largeur (fig. 127) ; ils sont couverts de très grosses saillies simples ou divisées, à la surface desquelles on distingue de petites verrues ; mais, en général, ces spicules corticaux sont nettement plus petits et plus serrés les uns contre les autres que ceux des corps du polype. On rencontre aussi, cäet là, mais exceptionnellement, des spicules plus petits à 3 (fig. 128) ou à 4 branches (fig. 129).

L’axe corné de la colonie s’étale largement à la surface du support sur lequel il est fixé ; sa couleur, d’un jaune brun à la base, devient de plus en plus claire à mesure qu’on se rapproche du sommet. Le corps des polvpes est blanc ; les tentacules, d’une teinte légèrement brunâtre.

Dans la première partie de leur mémoire sur les Gorgonidés du Japon, W. Kükenthal et H. Gorzawsky (1908) font remarquer que les espèces du genre Acanthogorgia ne peuvent entrer dans la famille des Muriceidæ, telle que la définissent Wright et Studer (1889), parce que chez ce genre et chez le voisin, Acahcigorgia (créé par Kükenthal et Gorzawsky pour des espèces japonaises), les polypes ne sont pas divisés en trois parties, comme l’indiquent Wright et Studer, qu'ils sont dépourvus de l'anneau despicules caractéristique du groupe, qu'ils sont médiocrement contractiles et nullement rétractiles (1). Les deux derniers auteurs ont fondé provisoirement pour ces deux genres une nouvelle famille, celle des Acanthogorgiidæ, qu'ils définissent ainsi : « Æolaronien mit fast rein horniger Achse. Die Polypen sind nicht in einem Kelchteil und einem zurückziehbaren üsophagealen Teil gesondert, sondern einheitliche Bildungen. Die Polypen sind im Verhältniss zur Achse relaliv grosz. Hre Bewehrung besteht aus acht Winkelreihen bedornter Spindeln. Ein Halskrage feht. Die Tentakel kôünnen sich über die Mundscheibe cinschlagen. » Division toute provisoire, disent Kükenthal et Gorzawsky, jusqu’à ce que les rapports des Acanthogorqudæ avec les genres voisins aient été élucidés.

J. À. Thomson et W. D. Henderson (1906), dans leur beau travail sur les Alcyonaires de mer profonde, provenant de la croisière de l’/nves-

(1) I faut dire que cel anneau de spicules (collerette), à la base des tentacules, n’est pas caractéristique des Muriceidæ, puisque certaines espèces de Sympodium, notamment le Sympodium armalum Wright et Studer, Le Sympodium glomeratum Wright et Studer, en possèdentégalement un.

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tigator dans l'Océan Indien, ont dressé, pour chacune des espèces du senre Acanthogorgia décriles jusqu’en 1906, un tableau contenant les indications relatives au mode de ramification, au cœnenchyme et aux polypes, à l’axe, aux spicules, à la couleur et aux particularités notables. Autant qu'on en peut juger par les figures souvent insuffisantes données par divers auteurs, l'espèce de l'Antarctique décrite ci-dessus se distingue de toutes les autres par sa physionomie, par l'écartement de ses polypes, leur longueur, leur gracilité, leur spiculation, notammentpar les spicules du cœnenchyme, où les formes ramifiées à 5 et à # bras paraissent être beaucoup moins fréquentes que chez les autres espèces du même genre. Dans la seconde partie de leur œuvre relative aux Alcyvonaires littoraux de l'Océan Indien (4909), les mêmes auteurs reviennent sur le genre Acanthogorgia, Si riche en espèces. Ils montrent qu'un certain nombre de caractères sur lesquels est fondée la séparation des espèces ont une valeur douteuse. Ils insistent sur l'importance du rôle joué par l'habitat dans le modelé, dans la physionomie générale de la colonie chez les Alcvonaires. C’est aux polypes et aux spicules que doivent être empruntés les éléments de la diagnose. Et encore observe-t-on à ce point de vue des différences considérables à l'intérieur d'une même colonie. Chez un spécimen étudié par ces auteurs, il y avait » grands spicules coudés à chacun des 8 groupes correspondant aux tentacules des polypes à l’état de complète extension. Lorsque le calice était un peu rétracté, les branches saillantes de ces spicules devenaient horizontales, etle nombredes pointes saillantes, à chaque groupe, s’abaissait à un. Enfin, et ce n’est pas là la moindre source dedifficultés, beaucoup de ces spicules fragiles sont brisés dans la plupart des polypes. C’est ainsi que l'Acanthogorqia spinosa Miles ne diffère de l'A. zuricata Verrill qu'en ce que, dansle premier, il y a deux ou trois spicules saillants dans chacun des huit groupes, tandisque, dans le second, iln’y en a qu'un. Or, en étudiantun grand nombre de spécimens de chacune des deux soi-disant espèces, on constate que ces deux espèces n'en font qu'une. De même, l'Acanthogorqia spinosa et VA. aspera Pourtalès n'offrent que des différences insignifiantes l’une vis-à-vis de l’autre, et les deux zoologistes anglais ont fusionné les trois espèces en question.

Sous les réserves qui ressortent des considérations précédentes, Je

Expédition Charcot. — Geavien. — Alcyonaires.

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regarde l'espèce antaretique comme nouvelle, et Jai proposé de l'appeler Acanthogorgia Thomsonr, en l'honneur du PT J.-A. Thomson, auteur de travaux de haute importance relatifs aux Alcyonaires.

Parmi les espèces d'Acanthogorqia qui ont été trouvées sur les côtes de l'Amérique du Sud ou dans les mers subantarctiques, il en faut citer trois: l'Acanthogorgia Ridleyi Wright and Studer de Port-Grappler en Patagonie (profondeur : 140 brasses, soit 252 mètres environ) ; l'Acanthogorqia laxa Wright et Studer, de Torn Bay, Patagonie (profondeur : 175 brasses, soit 315 mètres), et l'Acanthogorqia ramosissima Wright et Studer, île du Prince-Édouard (profondeur : 310 brasses, soit 558 mètres). Jusqu'ici on n’a signalé aucun Acanthogorgia dans les mers antarctiques proprement dites.

On ne sera vraiment fixé sur la validité des espèces Acanthogorqgia que lorsqu'on pourra faire la revision approfondie — autant que possible des types — de toutes les formes décrites. Par le fait qu'un certain nombre d'entre elles peuvent vivre à des profondeurs assez variées, il est fort possible qu'il v ait, chez les Acanthogorgqia, quelque chose qui ressemble à ce qu’on observe chez les Coraux des récifs, où certaines espèces ont des formes vivant au voisinage de la surface, d’autres croissant à une certaine profondeur ; des formes de résistance, trapues, plus ou moins rabougries, luttant contre le mouvement des flots dans les eaux agitées et des formes de prospérité se développant dans les eaux calmes. Il paraît fort probable que, parmi les nombreuses espèces d’Alcyonaires décrites, 1l en est de même que pour celles des Coraux, c’est-à-dire que beaucoup d’entre elles ne sontque des formes correspondant à des habitats variés, et c'est la une

des grosses difficultés du travail de revision à entreprendre.

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