‹ Alde Manuce et l'hellénisme à VeniseChapitre 10 sur 103 · ISABELLE D'ESTE. LXVII · texte numérisé non relu

ISABELLE D'ESTE. LXVII

Les collections de médailles, de camées et d’antiques, formées avec un goût parfait par la marquise Isabelle, et pieusement conservées par ses descendants, furent pillées par les troupes autrichiennes en 4630, après la prise de Mantoue. Il ne reste maintenant dans le vieux palais ducal que les appartements d'Isabelle d'Este, à peu près dans leur état primitif.

Les traits de cette princesse, illustre à tant d’égards, nous ont été conservés par plusieurs artistes Une médaille avec son portrait est attribuée à Benvenuto Cellini, qui était en effet en rapports avec le cardinal Hippolyte d'Este dès 1507. Une autre médaille, appartenant à M. Maystre, a figuré à l'exposition de l’Union centrale des beaux-arts en 1865.

Dans une lettre de Lorenzo de Pavie, agent d'Isabelle d’Este à Venise, lettre datée du 13 mars 1500, M.Baschet a trouvé cette phrase : « Le a Venecia LioNARDO Vinci el « quale ma mostrato uno retracto de la Signoria Vostra che α ὁ moltn naturale a quela, sta tanto benefacto non e possia bile. » On ignore ce qu’est devenu ce portrait.

Heureusement, nous en possédons un parfait, dont je donne ici une reproduction. Ce magnifique portrait, où l'âme sereine d'Isabelle se reflète en entier, est du pinceau du Titien. Ce célèbre artiste séjourna en 1514 à la cour d’Alphonse I‘, duc de Ferrare, frère d'Isabelle, et fit les portraits de toute sa famille. Je suppose que c’est à cette époque que fut fait celui de la marquise de Mantoue, qui pouvait se trouver alors à Ferrare, plutôt que lors du séjour du Titien à la cour de Mantoue, vers 1530, époque où Isabelle d’Este avait cinquante-quatre ans, tandis que son portrait la représente à l'âge de trente à quarante ans.

Le prince de l’école vénitienne fit deux portraits d’Isabelle : l’un, celui dont je donne ici la gravure, l’autre, qui la représente vêtue de noir. Au dire de Nagler (All-

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gemeiner X'instler Lexicon), un de ces portraits se trouve dans la galerie de Vienne. Ces deux toiles furent copiées par Rubens et figurent aux n° 56 et 57 de son catalogue mortuaire. J’ignore ce qu’elles sont devenues. La première copie fut gravée au burin par Lucas Vorsterman, élève de Rubens, et c’est de cette belle gravure que je donne une reproduction réduite. Cette estampe peu commune, et dont je possède deux exemplaires dans ma collection de portraits, a 408 millimètres de hauteur sur 316 de largeur. Au bas du portrait, on lit, au milieu : ISABELLA ESTENSIS ἘΆΛΝΟΙΒΟΙ GoNzAGx Marc. MANTOvÆ ΥΧΟΒ; — à gauche : £’ Jitiani prototypo P. P. Rubens exc.; — à droite : Cum Priuilegijs. — Le nom du graveur est absent.

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