LXVI ISABELLE D’ESTE
PASSAR QUESTI DUE GIORNI NON SOLUM SBNZA FASTIDIO, MA CUXM PIACER GRANDISSIMO (4). »
Isabelle sut mieux apprécier le poëme de l’Arioste que son frère le cardinal, qui, après l’avoir lu, complimenta son auteur en ces termes : « Messire Lodovico, où avez- « vous donc pris tant de niaiseries ? »
Le mari d’Isabelle mourut le 29 mars 1519. Ce fut un grand capitaine, il avait été vice-roi de Naples pour le compte de Louis XII, roi de France.
Devenue veuve, Isabelle partagea son temps entre l’éducation de ses enfants et ses collections. En 1522, elle chargea Balthasar Castiglione, littérateur bien connu, de lui trouver un précepteur pour sou fils Hercule, alors âgé de dix-sept ans, le futur cardinal et président du concile de Trente. Plusiéurs lettres furent échangées à cet égard (2).
De 1524 à 1526, la marquise douairière fit un long séjour à Rome. Elle assista au sac de cette ville par les troupes du connétable de Bourbon. Un grand nombre d'objets d’art furent sauvés par elle de la destruction, mais le navire chargé de les conduire en lieu sûr tomba entre les mains des pirates.
Après 1527, elle retourna à Mantoue, où elle s’éteignit le 13 février 1539, à l’âge de soixante-cinq ans environ. Son corps fut enseveli dans le monastère des religieuses de Sainte-Paule, mais ses cendres furent dispersées en
Isabelle d’Este eut de son mariage huït enfants, trois fils et cinq filles. L’ainé des fils, Frédéric 11, fut le premier duc de Mantoue ; le second, Hercule, devint cardinal ; le troisième, Ferdinand de Gonzague, guerrier renommé, fut le premier comte de Guastalle.
(1) Voir cette lettre dans Tiraboschi,Sforia della letteratura itlaliana, édit. de Milan, 1824, in-8, t. VII, 3° pert., p. 1815. (2) Voir Lellere di Baldesare Castiglione; Padoue, 1769, 2 vol. in-4.