‹ Alde Manuce et l'hellénisme à VeniseChapitre 12 sur 103 · SA FAMILLE · texte numérisé non relu

SA FAMILLE

déclaré que leur famille descendait des Mannucci, famille noble de Florence; mais ni Alde Manuce ni son fils Paul Manuce n’ont jamais rien dit qui fit supposer une communauté d’origine avec cette ancienne famille, qui peut-être voulut d'elle-même s’honorer de cette similitude de nom, quand celui des Alde Manuce fut devenu célèbre, et que l'empereur Maximilien eut accordé à Paul Manuce le droit d’ajouter à la marque de l'ancre ct du dauphin les armes impériales.

Ces deux noms de Manucius et de Romanus sc trouvent inscrits par Alde sur le premier livre imprimé par lui avec date (1494), la Grammaire de Constantin Lascaris : énpressum Venettts summo studio litteris ac ünpensis Arbi ManuTi Romanr. Dans la préface du Psautier, le Grec Decadyos le désigne ainsi : Ἄλδος τοὐπίχλην Μανούτιος x τῆς παλαιᾶς Ῥώμης ἕλχων τὸ γένος. C'est sous le titre de Y«nutius que les jeunes princes lui écrivent; une lettre de Pic de la Mirandole, adressée à Alde, le τι février 1490, porte en tête : Joannes Picus Hirandola Aldo Manutio S.

Eofin, un des descendants de la noble famille des Manucci de Florence, le prêtre Giuseppe di Scipionc Manucci de” Poppi, déclare que les Manucci de Rome descendaient des Manucci de Toscane, ct que Alde l'Ancien appartenait à cette famille (1); c’est ce

(1) Xe Discours ou Oratio dans le Glorie del Clusentino nella

qui a été confirmé à Unger par le célèbre historien et poëte Apostolio Zeno. Ainsi se trouve justifiée l’affirmation d’Alde le Jeune (1).

Ces dénominations de Romanus, de Latinus et de Bassianas, ajoutées par Alde à son nom de baptême, ont servi de prétexte à un certain Marc-Antoine Maioraggio pour se défendre en justice contre une accusation d’usurpation de titre (2), et elles ont donné sujet à Baillet d’inculper fort injustement Alde (3); mais on sait combien Baillet a commis d’erreurs.

Giuntla. P. 1, p. 37. P. 1], p. 165, 204. — Voy. p. II de l’ouvrage intitulé : de Aldi Pi Manulii Romani vila merilisque in rem lilleratam liber Ungeri singularis. Auclus cura el studio Samuelis Lutheri Geret. Viltemberg, 1753, in-40, Ι

(1) Voyez dans l'ouvrage cité ci-dessus, p. V et VI et CXXIII et CXXILI. — Maittaire, t. 11], p. 528, et t. 1, p. 241, 245.

(2) Unger, de Aldi Pi Manulii Romani vita, etc., p. ΥἹ et CCXXVIL.

(3) Voici ce que dit Baillet, Jugements des Savants, t. 11, chap. VI, p. 149-150 :

«a Mais rien ne me paroît plus propre à faire regarder celte fantaisie des Sçavans (de cacher la bassesse de leur naissance) dans tout son iour, que l'exemple d’A{de Manuce l'ancien. Cet homme ne se rendoit pas moins recommandable par son érudition particulière et par ses livres que par les services signalez que sa belle imprimerie rendoit à la République des Lettres. La première démarche qu’il fit pour cacher la bassesse et l'obscurité de sa naissance fut de quitter le surnom de sa famille qui par ce moyen nous est inconnu, pour prendre celuy du lieu de sa naissance. Il se fit donc appeler d'abord Aldus de Bassano. (alias Bassiano) qui est le nom d’une petite ville de la seigneurie de Venise, assez près de Padoue. Ce lieu ne luy paroissant pas assez illustre, dans la suite il en quitta le nom, lorsqu'il se fut transporté à Rome, et, voulant faire croire au public qu'il étoit véritablement né dans cette dernière ville, qu'il adoptoit pour sa Patrie, il se ft nommer simplement A/dus Romanus, οἱ il ne signoit point ses lettres autrement, iusqu’à ce que la fantaisie luy vint de se faire de famille. 1] n’en trouva point de plus facile à prendre ny de plus propre à le rehausser que celle des Manucci, dont il se donna le nom, qu'il retint touiours depuis en se qualifiant

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