‹ Alde Manuce et l'hellénisme à VeniseChapitre 15 sur 103 · SES ÉLÈVES · texte numérisé non relu

SES ÉLÈVES

On ignore l’époque précise où Alde commença cette éducation ; mais on peut croire que ce fut vers 1485.

Dans la lettre sur l'éducation de ces jeunes princes, adressée en latin par Alde à leur mère (1), la princesse Catherine Pia, qui, à en juger par cette lettre, non-seulement savait le latin, mais même le grec, il lui donne les préceptes les plus sages pour les instruire et leur’ inspirer l'amour des lettres. Il lui annonce aussi qu’il compose de petits écrits pour leur rendre l’étude de la grammaire plus facile. Et, au sujet de l’importance qu’on doit attacher à la bonne prononciation, il offre à Catherine, dont il vante le grand mérite, un écrit qu’il composa sur cette matière. Dans les conseils qu’il donne, il insiste sur la nécessité de faire marcher de front le grec et le latin, et, pour démontrer la supériorité de l’étude du grec, il s'appuie de l’autorité de Quintilien, qui veut que ce soit par cette langue que commence l'instruction (2). Comme preuve de l’importance qu’attachait à Rome tout homme distingué à savoir le grec aussi bien que le latin, il lui en cite de nombreux exemples, particulièrement la recommandation que faisait Cicéron à son fils : Tamen ipse ad meam utilitatem semper cum Græcis Latina conjunxi;

(1) Elle a été réimprimée dans cet écrit : Aldi Pii Manuti scripla {πα longe rarissima a Jac. Morellio denuo edila ; Bassani, typis Remondianis, 1806, p. 8. Elle a été écrite vers 1488.

(2) C'est aussi l'opinion de Robert Estienne , qui fil commencer par le grec les études de son fils Henri.

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