ALDE MANUCF
neque id in philosophia solum, sed etiam in dicendi erercitatione feci : idem tibi censeo faciendum ut par sis in utriusque orationis facultate. Rappelant l’obligation où sont les princes de justifier leur position élevée par un savoir qui constate leur supériorité réelle aux yeux des hommes, il cite les exemples pris dans l'antiquité, et celui de leur oncle, Pic de la Mirandole, comme le plus beau qu’il puisse leur offrir. A cette occasion, il témoigne ses regrets de la perte du duc d’Urbin (Frédéric de Montefcltro, mort en 1482), aussi distingué par ses talents militaires et sa vaste instruction que par son goût pour les lettres (1). Alde finit en assurant la mère des jeunes princes qu’ils ne lui seront pas moins chers qu’à leur père lui-même, et qu’il se consacrera tout entier à les diriger par ses avis tout en les instruisant par sa doctrine.
À cette lettre est jointe une pièce de vers adressée au jeune prince Alberto de Carpi ; elle est intitulée Musarum Panagyris 2), car les Muses y viennent tour à tour lui donner des éloges et des conseils. Une autre pièce de vers, dont on ne connaît qu’un seul exemplaire, réièmprimée en entier par Renouard, est
(1) Sa bibliothèque, nous dit Alde, pour laquelle il avait dépensé déjà quarante mille écus d’or, allgit s’accroître quand la mort, inexorable pour les hommes illustres, hrisa ses projets. Elle ne contenait que des manuscrits richement reliés, car il aurait eu honte, disait-il, de posséder un livre imprimé. César Borgia l’a transportée à Rome.
(2) Imprimée avant 1489, et réimprimée par Morelli et par Renouard-