ALDUS M. R
Les Cose volgari di PETRARCA parurent dans le même format en juillet. Le texte fut revu par Pierre Bembo ; c’est le premier livre en langue italienne imprimé avec ce caractère italique d’Alde, dont les formes furent copiées sur le manuscrit même autographe de Pétrarque. A la fin on lit : « Impresso in « Vinegia nelle case d’Aldo Romano, nel anno « M.D.I. del mese di Luglio, et tolto con sommis- « sima dhligenza dallo scritto di mano medesima del -« Poeta, havuto da M. Piero Bembo nobile venetiano « et dallui, dove bisogno è stato, riveduto ὁ racconos- « ciuto; con la concessione della illustrissima Signoria « nostra, che per X anni nessuno possa stampare 1] « Petrarcha sotto le pene che in lei si contingono. »
On en connaît dix-sept exemplaires imprimés sur véhn.
Parmi les documents sur Alde Manuce en partie inédits, l’un des plus intéressants concerne la publication de ces charmants volumes en petit format, auxquels s’intéressait tout particulièrement la marquise de Mantoue , Isabelle d’Este et de Gonzague, aussi célèbre par son amour passionné pour les arts que par son instruction. Un ami éclairé des beaux-arts et grand ami d’Alde, messer Lorenzo de Pavie, était le messager fidèle d'Isabelle auprès des peintres, des graveurs, des antiquaires, pour lui procurer ce qu’il ‘pourrait trouver de plus beau en fait d'art.
Voici une lettre que Lorenzo adresse à la prin-
cesse : « Très-illustre dame, dans une de vos lettres
CS
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vous avez manifesté le désir d’avoir un bel exemplaire sur papier fin du Virgile, du Pétrarque, de l’'Ovide; je me suis donc empressé de me rendre chez le maître Alde qui imprime ces livres (1)... En ce moment, le Virgile est le seul qu’on puisse avoir sur beau papier, et je m’empresse de vous l'envoyer; le Pétrarque n’est pas encore terminé, mais 1l le sera dans dix jours; si on n’en a tiré qu’une quinzaine en beau papier qu’on a déjà fait relier (4 quali avevano alegati), la cause en est au manque de beau papier. C’est même avec difficulté qu’on a pu se procurer le peu qui a été employé pour le Virgile et aussi pour le Pétrarque. Votre Seigneurie aura néanmoins l’un de ces Pétrarque, en dehors de ces quinze, et on m’a promis que votre exemplaire sera choisi feuille à feuille, afin que Votre Seigneurie ait le plus beau de tous; ce qui convient d’autant mieux que cette publication est faite par messer Alde en société avec Pierre Bembo qui est tout dévoué à Votre Seigneurie, et c’est lui qui a pu se procurer le manuscrit même
« que Pétrarque a écrit de sa propre main, pour
(1) « et io subito andaï ἃ casa de Mastro Aldo quel che stampa i dicti libri cum forma picola e in letera canzelarescha la più bela vedese
« mai et è quelo che fu ancora inyentore de la prima stampa greca,
mollo mio caro amicho. »
servir de modèle.à son impression. Ce manuscrit, moi aussi, je l’ai eu dans mes mains! Il appartient à un Padouan, qui en fait un si grand cas qu’on a dû le copier lettre à lettre avec le plus grand soin pour que l'impression füt entièrement pareille au manuscrit même. Aussitôt imprimé, je l’enverrai à Votre Seigneurie. Ils veulent que le premier exemplaire soit le vôtre ; c’est pour eux, disent-ils, le meilleur des augures.
« Immédiatement après le Pétrarque, on imprimera le Dante, et aussi l’Ovide, qui sera commencé, je crois, vers la fin de septembre; mais le Dante le sera dans vingt jours; j'ai donc prié de faire chercher de bon papier de chanvre (de canereto) qui soit bien pur et bien blanc, fin et égal (gualido), non trop épais dans un endroit et trop mince en un autre. Autrefois, à Mantoue, vous n’en aviez pas de bonne qualité. La difficulté est de trouver de ce beau papier pour le Dante et l’Ovide. La grandeur est la même que celle du Pétrarque, et la feuille est entière. Pour ce qui est de ces soins, que Votre Seigneurie s’en rapporte à moi, j’agirai de manière que nul n’aura rien de comparable à ce que possédera Votre Seigneurie, et rien au monde ne me sera plus cher que de recevoir vos ordres et de conserver le souvenir de tous vos bienfaits.
« On mie dit que le prix du Virgile et du Pétrar-
« que ne saurait être moindre de 5 ducats pour « chaque.
« Votre serviteur LORENZO DA PAvIA, à Venise, « 26 juillet M. D. 1. » |
C'est à M. Armand Baschet qu’on est re:levable de ces détails si intéressants pour l’histoire d’Alde et pour les beaux-arts, et l’on doit lui savoir gré de nous avoir fait connaître une bibliophile aussi aima- . ble et aussi passionnée pour les livres et leurs belles reliures. Qu'on est heureux en parcourant l'histoire de rencontrer beaucoup de ces douces et nobles figures de femmes illustres par leurs grâces et leur savoir |
Outre cette lettre, M. Baschet a trouvé, dans les archives de Mantoue, deux autres lettres adressées par la marquise Isabelle à Alde, et dictées par elle à Capilupi, célèbre littérateur, son secrétaire.
Elles sont datées du mois de mai 1505, et ont pour objet de recommander à Alde de lui réserver deux exemplaires imprimés sur beau papier et aussi de tous | les exemplaires imprimés sur vélin de ses divers ouvrages, como non dal Petrarcha infuora che altra, ce qui signifie, je crois, que les exemplaires qu’on devra lui envoyer ne devront pas être moins soignés que le Pétrarque précédent (1).
(1) Tel est, ce me semble, le sens de cette phrase qui paraît fort in-
solite à M. Baschet. On voit dans la lettre de Lorenzo da Pavia que le Pétrarque avait été choisi feuille à feuille.
Le bel exemplaire du Pétrarque d’Alde 1501 que je possède, imprimé sur peau-de vélin, est dans son ancienne reliure, dont le style ressemble, mais avec plus de simplicité, à celui des reliures de Grolier. J'aime à croire qu'il est sorti de l’atelier qu'Alde avait établi chez lui (1).
Puisque j'ai parlé de Lorenzo de Pavie, je ne puis me défendre d’extraire ce qui suit du chapitre que M. Armand Baschet a consacré à cet homme remar-
quable :
«Comment et où la marquise avait rencontré Messer Lorenzo da Pavia, je ne le sais. Peut-être lors de son premier voyage à Venise, en 1494, peut-être aussi par l’intermédiaire de Madonna Beatrice, sa sœur, seconde fille de Ferrare, et femme de Ludovic le More, pour l’agrément de laquelle ce Messer Lorenzo avait conçu et fabriqué un jeu d'orgue regardé alors comme un chef-d'œuvre. Ses premiers services pour la souveraine de Mantoue sont en date de 1494 ou 95. 1] lui fit d’abord des lutbs, des clavicordes et autres instruments à la mode à cette époque. La marquise aimait et cultivait la musique, et comme tout ce qu’elle avait se ressentait de son goût inné pour la forme élégante, belle, heureuse, douce à l'œil, Messer Lorenzo eut fort à faire pour contenter cette âme ambitieuse du beau, Il était, du reste, un artiste dans toute la
(1) « On sait qu’Alde Manuce avait établi dans sa maison un atelier « de reliure. Les amateurs distinguent aujourd’hui les reliures Aldines « par le nom d’officinales. Le marquis Girolamo d’'Adda en possède a plusieurs notables échantillons parmi les belles curiosités bibliogra- « phiques de la charmante eollection à la formation de laquelle on « peut dire qu'il a présidé avec le plus grand goût.» — Note de M. Armand Baschet, p. 26.
force du mot et de la chose; ce qu'il faisait, il le voulait bien fait.. Il faut voir la peine qu'il prend pour ne rencontrer qu'excellentes les matières premières indispensables à la fabrication de ses jolis instruments! C'était surtout dans l’ébène qu'il travaillait, aussi dans l’ivoire, dans la corne ; de son métier il était infarsaiatore. Peu à peu, ses rapports avec la marquise devinrent très-fréquents, et dès l’année 1497, la marquise ayant vingt-trois ans, la correspondance se retrouve abondante et fournie. Messer Lorenzo est son agent à Venise : tableaux, livres, pierres gravées, objets damasquinés, tout cela pour le cabinet de curiosités de l’Isabelle, passe par ses mains soigneuses. Il informe, il approuve ou désapprouve, il conseille, il achète et il envoie : telle est sa rhission officieuse à Venise pour . l’agrément de Madame d’Este et de Gonzague.
«J'ai dit qu'il était un artiste par excellence, et dans une sienne lettre, je trouve ces mots: « perche ne la forma sta el tuto. » Cette profession de foi dans la bouche d’un ouvrier était certes faite pour plaire à sa belle patronne.
et s’il ne l’a point fait relier, c’est qu’il a pensé qu’elle le voudra faire couvrir de quelque belle chose et l’orner de fermoirs d'argent. Si cependant elle en décidait autrement, il se chargerait de s'adresser à Venise au meilleur maitre relieur. Du reste, récemment il a vu aux mains d'un marchand veru des Flandres la plus belle reliure à fermoir d'argent qu'il ait jamais vue, et il est convenu avec lui que s’il lui remettait un Virgile ou un Pétrarque, il l’enverrait aux Flandres pour être apprèté de la sorte, et on l'aurait de retour pour les fètes de Noël. La marquise approuva ce beau projet; deux exemplaires de Pétrarque furent envoyés aux mains d’un relieur flamand. Ils ne revinrent point pour la Noël de la même année, mais pour la Pentecôte de l’année suivante, et en les envoyant à l’impatiente souveraine, Messer Lorenzo lui dit :
a J'ai envoyé à Votre Seigneurie les deux Pétrarques reliés en Flandre ; j'ai trouvé qu'ils auraient pu être mieüx apprétés, car à moi til me semble qu'une chose pour Votre Seigneurie n'est jamais st parfaite qu’elle ne puisse l'être plus encore. » Avec de tels sentiments dans le cœur de son chargé d’affaires, en matières et acquisitions d’art, je laisse à penser si la marquise de Mantoue était bien servie dans Venise par cet honnète Messer Lorenzo da Pavia.
« Quel serviteur elle a perdu quand il vint à mourir! Je n'ai point retrouvé la date de l'événement; mais comme depuis l’année 1516 environ, je ne rencontre plus de lettres de Messer Lorenzo, je conclus à sa mort par son silence. »
En août, parurent dans le même volume Juvénaz et PERSE; cette édition est très-rare. Alde, en la dédiant à Cartéromachos (Scipion Fortiguerra), lui dit qu’il a publié ces deux poëtes satiriques, Juvénal et Perse, en petit format pour en rendre l'usage plus facile à tous, ct, dans ce moment où les vices égalent ceux du temps qu’ils ont dépeints, les vivants y reconnaîtront la similitude des mœurs. « Je te les « adresse donc, mon cher Scipion, pour que, dans « leur forme exiguë, elles te restent aussi familières
qu'elles te l’étaient dans ta jeunesse quand à Rome « tu les savais par cœur (1). »
(1) Une réimpression porle cette indication : Veneliis in ædibus Aldi el Andrez soceri mense auguslo 1501, mais cette date est évidemment fausse; l'édition dut être publiée en 1521. Je 11 possède même reliée avec un exemplaire du Térence imprimé celle même année 1521 : Zn ædibus Aldi et An‘rcæ Asulani soceri, mense junio. D'ailleurs on y voit la marque de l’Ancre et du Dauphin qui ne parut sur les impressions d’Alde que depuis 1502.
En décembre, parut MarTraË. On y lit à la fin, en lettres capitales : « Quisquis es qui quoquomodo « hujusce excusionis ergo adversus ieris, damnatus « esto et reus Ill. S. V. Ne dicas tibi non prædic- « tum : Cave. »
Un des plus beaux livres sous le rapport typographique qu’Alde ait publiés, est le grand ouvrage de GEorGe VALLA (qu’il ne faut pas confondre avec Laurent Valla, son parent) ; il forme deux grands volumes in-folio et est intitulé : De erpetendis et fugiendis rebus opus. C'est un recueil de divers traités en tout genre : arithmétique, géométrie, musique, astrologie, physiologie, métaphysique, grammaire, poétique, rhétorique, philosophie, morale, architecture, jurisprudence, médecine, art militaire et une foule d’autres choses qu'il est bon, dit-il, de connaitre.
Il est daté de décembre 15o1 et fut imprimé par les soins pieux ct aux frais de Jean-Pierre Valla, fils de l’auteur; il le dédia au général 1. 1. Trivulce.
Cette publication dispendieuse eut peu de succès ; cependant elle contient beaucoup de choses utiles, surtout pour le temps où elle parut, et son auteur était fort savant. Ménage, qui dit l'avoir lue avec attention, en porte un jugement peu favorable, exprimé dans ce sixain, écrit sur son exemplaire :
Quem de expetendis atque fugiendis librum, Valla, edidisti rebus, ingentem librum.
Non otiosa pervolutavi manu;
Quid ergo posthac expetiturus siem, Quidve fugiturus? si rogas, verbo accipe :
Libros ego bonos expetam, fugiam tuum.
C'est aussi en décembre 15o1 qu’Alde publia une harangue latine de Jérôme Donarto, l’orateur trèsaccompli de la république de Venise (consumatiss. Venetorum orator), adressée à l’invictissime et christianissime roi de France (Louis XII), pour le féliciter de la conquête du royaume de Naples et du mariage projeté entre Claude de France, fille aînée du roi, avec l’archiduc Charles de Luxembourg , qui fut depuis Charles-Quint. Cette harangue est datée de Blois, le 2 décembre 1501 (Acta Blesis postridie cal. Decemb.).
C'est ce même patricien Donato qui répondit au pape Jules Il, lorsque. celui-ci lui demandait de lui montrer les titres de la République sur le golfe Adriatique : « Votre Sainteté les trouvera écrits au « dos de la donation, faite par Constantin au pape « Sylvestre de la ville de Rome et des terres de « l’État ecclésiastique ».
C’est aussi dans le courant de cette année 1501 que doit être placé le commencement d'exécution du Pentateuque en trois langues dont Decadyus annonçait avec tant de joie la future apparition, dans sa préface
du Psauticr. Je lis, en cffet, dans la correspondance
très-intéressante d’Alde avec Conrad Celtès Protucius, poëte lauréat οἱ bibliothécaire de l’empereur Maximilien, ce passage : « F'etus et novum Testamentum græce, latine et hebraice nondum impressi, sed parthrio. » De ‘cette œuvre si considérable, le premier feuillet s’est conservé dans notre Bibliothèque de France, et ce spécimen est d’autant plus précieux qu’il est unique (1).
On ignore et on regrette les motifs qui ont empéché la continuation de cette grande entreprise
Voici la traduction de cette lettre d’Alde adressée collectivement à Conrad Celtès et à Vincent Longinus (2) :
a Un an s’est époulé depuis que j'ai reçu vos lettres si gracieuses et si aimables, et il m'a fallu de bien grandes
(1) Renouard en a donné un fac-simile dans ses Annales des Alde et aussi dans son recueil des Lettres diverses el Opuscules poétiques d’Alde l’Ancien. Il contient : 1° quatre lettres d’Alde l'Ancien, dont trois étaient inédites; 2° une lettre d’Alde à Paul Bombasius de Bologne, avec son fac-simile; 3° un fac-simile d’une lettre grecque de Musurus, avec la traduction; 4° deux fac-simile de Paul Manuce et de son fils Aide; 6° onze leltres inédites de Paul Manuce et du cardinal Seripando, ami et protecteur de Paul.— Les opuscules poétiques se composent de la réimpression du poëme d’Alde intitulé Musarum Panagyris, et d'une pièce réimprimée pour la première fois, intitulée : Ad Leonellum Panagyris.
Toutes ces pièces figurent dans la 2e et la 39 édition des Annales des Alde, et ce recueil imprimé en format grand-8° avet un grand soin par Paul Renouard (avec les caractères gravés et fondus par Didot) n'en est qu'un ürage à part à trente exemplaires seulement, ainsi que l'annonce Antoine Renouard. Un seul exemplaire fut tiré pour lui sur très-beau vélin; c’est celui que je possède.
(2) Vincent Longinus Eleutherius Silesius, (de Freistadt, en Silésie, nom qui signifie Ville libre), disciple de Celtès et poëte lauréat de Maximilien.
occupations et de pénibles travaux consacrés à la République des Lettres pour avoir différé si longtemps à y répondre. Si je ne savais par vos lettres combien votre bienveillance est grande, je serais honteux d’un tel retard, surtout n'étant pas connu personnellement de vous et n’ayant rien fait qui pût me mériter les sentiments d'amitié que vous me prodiguez et dont je ne saurais sans ingratitude ne pas vous témoigner ma reconnaissance; Croyez-moi votre tout dévoué et constamment à vos ordres.
[A Conrad Celtés.]
«C’est avec un grand plaisir que j'ai lu tes vers, mon cher Conrad; ils sont aussi beaux qu'élégants, et d’une latinité si savante que, loin d’être nés en pays barbare, comme tu le dis, c’est à Rome même qu’ils ont pris naissance. La joie que me fait éprouver l’espoir de’ ton voyage ici est encore doublée par l’annonce des manuscrits grecs et latins que tu dois apporter. Je pourrai donc à la fois jouir de la vue d’un ami si cher et si savant, et le féliciter d’avoir pu, comme un autre Hercule, délivrer tant de livres de leur longue prison. Je me borne à te prier et à te supplier de combler nos désirs en venant au plus tôt, avec tes livres; ce sera pour moi le plus grand des bonheurs.
[A Vincent Longinus.]
« Et toi, cher Vincent, c’est avec un vif plaisir que nous avons lu et ta lettre et les vers à ma louange qui l’accompagnent, non que je me croie tel que tu me dis être, mais un suffrage tel que le tien ne saurait m'être indifférent. En recevant la lettre et le distique que tu avais
remis pour moi au libraire Léonard (1), j'ai reconnu aussi ta bienveillance.
© « On me dit que Jean-Baptiste Mantuan n'est plus, mais je n’en ai pas la certitude.
« Je π᾿ αἱ pas encore imprimé l'Ancien et le Nouveau Testament en hébreu, grec et latin, mais j'en accoucherai bientôt.
« Comme ma lettre s’adresse à vous d’eux, c’est aussi deux exemplaires de Virgile et deux d'Horace que je vous prie d’agréer, comme un souvenir et gage d'amitié. J’y joins aussi deux exemplaires de Rudiments de la Grammaire latine que j'ai composés. Si vous pensez qu'on puisse en trouver le débit chez vous, veuillez m’en informer : j'en enverrai le nombre que vous m’indiquerez.
« Adieu, aimez-moi, continuez-moi votre amitié et recommandez-moi à tous vos savants amis.
α Venise, 9 juillet 4504.»
On voit qu’Alde est le premier imprimeur qui ait eu l’idée d’une Bible polyglotte, dont le cardinal Ximénès réalisa l’exécution à Alcala en 1514-17, avec le concours du Crétois Démétrius Doucas (2), d'Antoine Nebrija et autres. La plus célèbre Polyglotte fut celle que publia Walton en 1657.
Mais, depuis cette dernière, de grandes améliorations ont été apportées aux textes des saintes Écritures. La découverte de nouveaux manuscrits et les
(1) Léonard et Lucas Allantsee étaient libraires à Vienne et ils avaient le principal dépôt des livres d’Alde. C’est aux frais de ces deux frères qu'un grand nombre de livres furent imprimés à Bâle chez A. Petri, à Strasbourg chez Schurer et Morhard, à Hagenau chez Thomas Anshelm, à Nuremberg chez Fr. Peypus, et à Venise chez P. Lichtenstein, J. Pencius de Lucques et chez L.-Ant. Junte.
(2) Voir plus haut, p. 44, la note.