SON TESTAMENT
etavec les dispositions nécessaires, accoutumées et opportunes. C’est pourquoi je casse, révoque et annule tous autres testaments, en quelque temps et lieu qu'ils aient été faits par moi jusqu’à ce jour.
« Avant tout, je recommande mon âme au très-clément Créateur, à la glorieuse Vierge Marie et à toute la Cour céleste. Quant à mon corps, lorsqu'il m’adviendra de sortir de cette vie, je veux qu'il soit transporté à Carpi, et là enseveli selon qu'il aura semblé bon au très-illustre seigneur Alberto Pio, prince de cette ville, et à l’illustre seigneur Leonello, son frère, lesquels aussi je désire et désigne comme mes exécuteurs testamentaires pour les affaires que je vais régler plus bas, et qui me concernent en cette localité.
« En cette présente ville [de Venise] j’établis mes mandataires messer Zuane Battista Egnazio, prieur de Saint- Marc; le magnifique seigneur Daniel Raynerio ; messer Dominique Pizzamano, trésorier de Saint-Marc; messer Zuane Battista Ramusio, mes compatres très-chers; et messer Andrea d’Asola, mon honorable beau-père, lequel je prie de se conduire en père à l'égard de mes fils, ainsi qu’il y est tenu par la justice et piété paternelle. A Ferrare, j'établis mes mandataires la très-illustre duchesse de Ferrare, Gaspard et Bonaventure de’ Beccari, més amis, et le partout trèsillustre seigneur Jean-Baptiste Spinelli, comte de Cariati. Et, attendu qu'en tous les biens du susdit messer Andrea, mon beau-père, et les miens, tant meubles qu’immeubles de tout genre, le cinquième m'appartient, ainsi que le constate l’acte écrit de la main de messer Jean-Francois da Pozzo, notaire à Venise, lequel [acte] a été brûlé, mais la chose a été confirmée depuis par un autre acte écrit de la main du susdit prêtre Nicolas Moravio, notaire; et comme j'ignore à combien se monte ledit cinquième des biens que je possède avec ledit messer Andrea, mon beau-père, en conséquence, je veux qu'après mon décès il soit dressé un inventaire de tous les
biens que nous avons, et un calcul exact de nos comptes et affaires, ce que je sais que mondit beau-père fera volontiers. Ces comptes établis. je veux que ledit cinquième de tous les biens susdits, meubles et immeubles, lesquels, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, nous possédons en indivis, [je veux que ledit cinquième, c’est-à-dire] ce qui m'’en revient, soit vendu le plus promptement possible et que du produit de la vente on achète en valeur adéquate des fonds [de terre] et propriétés dans le territoire de Carpi. Et comme j'ai pour femme Marie, fille du susdit Andrea, laquelle est prudente et d’excellente et honnète vie, à cette cause je veux que cette mienne épouse ait l’administration de tous mes biens jusqu’à ce que mes fils, ci-dessous mentionnés, soient parvenus chacun à l’âge de vingt-cinq ans. Ef si elle se comporte avec modestie et honnèteté, comme je pense qu’elle fera, je veux qu’elle ne puisse jamais être contrainte à rendre compte de l’usufruit qui par elle aura été perçu. A cette mienne épouse j’abandonne sa dot, laquelle est de quatre cent soixante ducats, et, en outre de la dot, tous les effets et bagues que j'ai eu soin de lui procurer, de laquelle dot et desquels objets elle pourra disposer comme bon lui semblera. Toutefois, s’il arrivait qu’elle voulùt convoler en secondes noces, je défends qu’elle continue d’administrer mes biens; j'exige mème qu’elle rende compte et raison de tout usufruit par elle perçu, et qu’elle consigne entre les mains de mes mandataires tout ce qui resterait à donner. En outre, attendu que j'ai une fille nommée Alda, je veux qu’elle soit élevée parmi les religieuses et sœurs de Saint- François, dans ladite ville de Carpi, moyennant une pension annuelle qui sera réglée par les susdits princes. Quand elle aura seize ans, elle sera retirée dudit monastère, et on lui demandera sérieusement, sans la tromper en rien, si son intention est d’être religieuse. Au cas où elle persisterait dans cette bonne résolution, on la ramènera dans ledit monastère et on lui donnera trois cents