SON TESTAMENT
ducats pour son entretien. Si, au contraire, elle ne veut pas rentrer dans le cloitre, je veux qu’elle ait pour dot six cents ducats, avec les effets qu’elle possède, et qu’alors elle se marie au gré des susdits princes et de son aïeul Andrea.
« De plus, je lègue et laisse vingt-cinq ducats par tête à douze jeuncs filles, dont six seront prises parmi les filles de mes sœurs, et les six autres parmi celles qui se trouvent à Carpi, au choix des susdits princes. Je désire cependant que dans ce nombre soit comprise une fille de la nourrice qui élève mon fils Paolo.
« ltem je lègue à Alexandre, mon neveu de sœur, un exemplaire de chacun des auteurs, tant grecs que latins, concernant seulement les humanités, que nous avons actuellement, ou que par la suite nous ferons imprimer.
« Je lègue en outre à mon agent Blanco des livres grecs et latins, à son choix, pour la valeur de douze ducats.
« Quant au reste de tous mes biens, meubles etimmeubles, présents et à venir, etc., je l’abandonne à Manuzio, Antonio et Paolo, mes fils, que j’institue mes héritiers par portions égales. Je désire qu'ils soient toujours élevés ici par un précepteur attaché à la maison, qui leur enseigne les bonnes lettres et surveille leur éducation morale.
« Interrogé par le notaire sur mes intentions à l'égard des maisons pieuses, etc., j'ai répondu : « Je ne veux plus rien ordonner. »
« Interrogé sur les enfants posthumes , j’ai répondu : « Mon épouse n'est point enceinte. »
« En dernier lieu, comme le caractère eursif, qu’on appelle de chancellerie, demande à ètre perfectionné, je prie messer Andrea, mon beau-père, de vouloir bien confier ce perfectionnement à Giulio Campagnola, lequel fera des majuscules que l'on puisse joindre aux lettres de chancellerie.
« Moi, Marc-Antoine Sapa, prêtre en titre dans l’église de Saint-Luc, à Venise, requis comme témoin, et après avoir prêté serment, j'ai signé ci-dessous.
« Moi, Roger Clauco, des Abruzzes, fils de Giulio Scipio de’ Clauci da Bucelano, requis comme témoin, et après avoir prêté serment, j’ai signé ci-dessous. »
Je donne à l’4ppendice le texte original de ce testament.
τς Alde l'Ancien mourut à Venise le 6 février 1514,
style vénitien, correspondant au 6 février 1515 nouveau style. Cette date n’est connue que depuis 1806, grâce aux recherches du savant bibliographe l'abbé Morelli (4{di Scripta tria; Bassani, 1806, p. 24), qui l’a trouvée inscrite au Journal manuscrit (Diarië) inédit de l'historien Marino Sanuto, contemporain et ami d’Alde.
Voici le texte de cette importante mention, qui fournit aussi des détails intéressants et nouveaux sur le service funèbre d’Alde :
« 1514, 8 Febbrajo (1515 n. st.). Zn questa mat- « tina essendo morto za do zorni qui Domino Aldo « Manutio Romano optimo Humaïrusta et Greco, « qual era senero di Andrea dt Axola stampa- « dor; il qual ha fatto imprimer molte opere Latine « et Greche ben corrette, et fatto le epistole davanti « éntitolate a molti, tra le quali assai operette a « mi Marin Sanudo dedicd, et compose una Gra-