‹ Alde Manuce et l'hellénisme à VeniseChapitre 32 sur 103 · SES OUVRAGES · texte numérisé non relu

SES OUVRAGES

défendu, mais à tort, puisqu’à ce titre de correcteur de l’imprimerie des Alde s’ajoute celui d’érudit qui collationne et rectifie les textes bien plus encore qu'il ne corrige typographiquement les fautes commises par les ouvriers. Le frère Ursain Bolzani, précepteur de Léon X, et auteur de la première grammaire de la langue grecque écrite en latin, le seconda aussi dans les soins de la correction des textes et des épreuves. Il fut encore aidé dans ses travaux par deux savants italiens devenus grecs, du moins par le nom qu'ils se donnèrent : Bondini (Agathéméros) et Scipion Fortiguerra (Cartéromachos) ; enfin d’autres personnages célèbres, Baptiste Egnazio, Navagero, Bembo, contribuèrent à l'amélioration des textes 1mprimés par Alde.

Indépendamment des soins donnés à ses nom-

Bâle, 31 août 1524, qu'il recevait des émoluments pour ses travaux et que, pour avoir remis dans leur ordre les vers de Plaute qui étaient confusément écrits dans le manuscrit, il reçut en payement 20 écus d’or : « De Plauto' apud Aldum castigato quadraginta aureis, ns iste modeste mentitus est : viginti dunta xat coronati numerati sunt, nec aliud susceperam, quam castigationem versuum confusorum idque præstiti in his, in quibus carminis genus erat perpetuum. De mendis tollendis nihil receperam. » Erasmi Opera ; Lugd. Batav., 1703, in-fol., t. III, p. 807.

Cette distinction qu'Érasme veut établir en réponse à d'injustes attaques, ne saurait mettre en doute qu'il n’ait été correcteur chez Alde, ne füt-ce qu'au même titre que tant d’autres savants dont parle aussi Scaliger :

« In Aldi Academia bona pars doctorum virorum imprimis versabalur, qui nobiles et eloquentissimi emendandis typis librariis, in eadem cum Erasmo opera, pernoctabant, cum hujus interdiu saltem locata viderentur. » Scaliger, Oraltio contra Erasmum.

breuses éditions grecques οἱ latines, publiées ur des manuscrits difficiles à réunir, difficiles à déchiffrer, et qu'Alde prenait soin de collationner ct d’accom- pagner de préfaces, de dissertations écrites en trèsbon latin, quelquefois même en grec, il ἃ laissé plusieurs ouvrages , qui seuls lui mériteraient la renommée littéraire dont il jouit.

Sa Grammaire latine, qui parut en 1501 (1502 n. st.), peut encore être luc avec utilité; et on y voit partout la modestie et le savoir de son auteur, qui a cherché à rendre plus facile à la jeunesse l’étude des règles de la Grammaire (1). En tête on lit ces vers :

Non mihi per scopulos aut devia, parvus lulus, Ducitur Aonias ebibiturus aquas;

Est via per placidos colles, per florea rura. Hac iter ad musas perbreve carpe, puer.

Sa Grammaire grecque, qui devait paraitre avant la grammaire latine, mais ne fut publiée qu'après sa mort, par les soins de Marc Musurus, son ami, ἃ rendu d'importants services.

On doit aussi à Alde l'Ancien un Dictionnaire grec-latin in-fol., qui fut réimprimé en 1524 avec quelques additions de François d’Asola, son beaufrère, et il a traduit du grec en latin plusieurs ou-

(1) Salengre, dans les Mémoires litléraires, \. 1, p. 163. Cet éloge ajoute que c'est la première graminaire latine qui ait paru « dans les formes ».

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