SES OUVRAGES
vrages : les additions à la Grammaire de Lascaris, la Batrachomyomachie, les Vers dorés de Pythagore, les Fables d'Ésope, etc.
Si ses éditions grecques n’ont pas toute la correction désirable, et ont mérité quelquefois les reproches que lui a faits avec modestie et en secret le savant professeur Urceus Codrus, et avec amertume Érasme, lorsque la passion lui faisait oublier son estime pour le grand savoir d’Alde, il faut tenir compte de l’immensité des travaux incessants, qui ne permettaient pas à Alde de tout revoir avec cette attention si pénible qu’exige la lecture des épreuves. C’est ce qu'il déplore lui-même dans les termes les plus amers :
« Vix credas quam sim occupatus : non habeo certe « tempus, non modo corrigendis, ut cuperem, dili- « gentius, qui excusi emittuntur libris cura nostra, « summisque dieque noctu laboribus, sed ne perlegen- « dis quidem cursim : id, quod si videres, miseresceret « te Aldi tui.... cum sæpe non vacet vel cibum su- « mere, vel alvum levare (1). »
Mais on doit surtout lui savoir gré d’avoir suivi fidèlement les manuscrits en choisissant entre eux la leçon
(1) Dans la Grammaire de Lascaris, 1512, in-4, fol. yüii. La modestie d’Alde désarme d'ailleurs la critique la plus sévère lorsqu'il nous dit : « Peto a vobis, si qua non placuerint, quod, vel reprehendenda, vel non plena videanlur, ne mihi succensealis, sed iis, si audebitis, unde accepla sunt, vel bellis potius exterarum gentium, quibus et Græcia et Italia semper obnoxia fuit, mendosorum enim est exemplarium culpa
qu’il croyait préférable, sans se livrer à des corrections hasardées, et en recommandant à ses savants collaborateurs d’avoir comme lui le plus grand respect pour les textes (1). C’est ce que confirme le docte Berger en disant que « pour des érudits les textes des éditions d’Alde peuvent être considérés comme autant de manuscrits » (2). |
Quant aux fautes typographiques, comment se montrer sévère pour des erreurs résultant de l’impéritie des ouvriers et même des correcteurs, éprovisés en quelque sorte, et qui, par cela même qu’ils étaient plus savants, apportaient au sens du texte plus d’attention qu’à ἐκ lettre, ou à la ponctuation, et aux autres détails auxquels sont attachés tant de
non mea... Itaque si inter tot laudanda aliquid minus probandum legeritis, mementote ilius Horatiani præcepti :
Veram ubi plura nitent in carmine, non ego paucis
Offendar maculis, quas aut incuria fudit,
Aut humana psrum cavit natura..….
Estote igitur impressionis nostræ æqui judices, affectique beneticio minime ingrati, et miseremini laborum nostrorum. »
(1) On en voit la preuve dans l'édition des Épistolographes où Musurus s’exprime ainsi : Κἀχεῖνο πάντας εἰδέναι Bovlolunv, μάλιστα μὲν ἡμῖν τοῦ ἄριστα διορθώσεως τὴν πραγματείαν ἕξειν μελῆσαν. Εἰ δέ τι mou παρέδραμεν, À διεστραμμένον εἶναι γράμμα, À τι τοιοῦτον, οἷον οὐδὲ τοῖς ἀχρῷ φασι δαχτύλῳ τῆς ἑλληνιχῆς γενσαμένοις φωνῆς, ἐμποδὼν ἂν πρὸς ἔννοιαν τοῦ χειμένον γενέσθαι..... μηδὲν ἡμῶν παρὰ τὰ ἐν ἀντιγράφοις ἀνῃχέστως οὖσι διεφθαρμένοις ῥιψοχιδύνως καινοτομεῖν τολμησάντων.
(2) « Hi libri tanti æstimantur ab hominibus eruditis, ut scriptis proxime ponantur. Codices enim antiquos, ac melioris nolæ, quorum etiam quidam interciderunt, fideliter exprimunt, eoque digni putantur, ad quos recenseantur editiones librorum novæ ». Bergerus, in Stromaleo Academico, p. 533.