ALLEMAGNE
Erfurt.
Après l'Italie vient l'Allemagne, où les premiers essais des caractères grecs remontent au mois de septembre de l'année 1504. L'honneur de cette tentative revient à la ville d’Erfurt, célèbre par son université fondée en 1392. Ce début, comme partout ailleurs, consiste en un livre d'enseignement à l'usage de la jeunesse. En voici le titre : Priscianr Cæsartensis grammaticorum facile principis, ren συνταξεως, hoc est de Constructione libri græcanica scriptura, etc. — À la fin, on lit : Habes en candide lector Prisciant duo de Constructione volumina : græcis literis : id quon ΙΝ GERMANIA NUNQUAM ANTEA CONTIGIT : pro necessttate expressa ERPHORDIE per Lupambulum [ Wolfgangum] Ganimedem : alæs Schenck : 7. idus septembres anno a natali Christiano M.D.I. ho. In-4.
Ce Wolfgang Schenck publia dans la même année deux autres opuscules de grammaire comparée grecque et latine :
1, Ἐισαγωγη πρὸς τῶν γράμματων ελληνων. ÆElementale introductorium in Ideoma Græcanicum., etc. (voir Brunet : ELEMENTALE). — À Îa fin : Expressum Er- PHORDIE per Lupambulum οἴνοχοον (1) ahas Schencken (25 oct. 1501), pet. in-4 de 8 ff.
2. Orthographia Ν. M.T. (Nicolai Marscali Thuru).… De litteris latinis. De litteris græcis. De divisione lit-
(1) οἰνοχόος, traduction du nom allemand Schenk (échanson). Οδ qu’il rehausse par l'interprétation poétique de Ganymède.
terarum latinarum. De divisione litlerarum græcarum, etc. (voir Brunet : MarscaLus). In-4.
Les caractères grecs, dans ces ouvrages, sont imprimés sans accents.
Wittemberg.
Un opuscule élémentaire pour l'étude de la langue grecque, dans le même genre que les précédents, parut à Wittemberg en 1511 : Εἰισαγωγη προς τῶν γραμματῶν ελληνων : Elementare Introductorium in idioma græcanicum. Alphabetum græcum et ejus lectura. Abbreviationes et colligaturæ, etc. Hæc omnia græce cum interpretatione latina (voir Panzer, IX, 68). — A la fin : Formatun typis ΔΝ τττεν- BURGI1 tn 0fficina Joannis Gronenbergii. Anno M.D.XI. In-4.
En 1513, le même imprimeur donna : Batrachomuomachia Houeri Phylimno Interprete et Eulogia funebria. — L'épître dédicatoire est datée : Ex Leucorio novo Gymnasio scolastico ad barbaricum ALsin exposito, nostro Larario musico. Anno virginet partus M.D.XIII. Calend. Feb. — A la fin, on lit : ἔνγραπτος Aeuxoowou : εἰς αλθιν χαραχτήρων χασσιτερεων : ἀπὸ του Joavvou πρᾶσικορεου εγει [etes] θεογονιας a. φ. τ. γ. (1513) μηνος μουνιγίωνος τῆς ἡμέρας ὃ, — Πρασιχορεος est le nom bien mal grécisé de Gronenberg, appelé en latin Viridimontanus. On avait faussement attribué cette impression aux presses d'Erfurt.
Les caractères grecs employés pour ces deux ouvrages n'ont pas d’accents.
Tubingue.
Thomas Anshelm, de Bade, qui vint en 1514 s’établir à Tubingue, inaugure dans cette ville les impressions grecques par ce volume : Georgit SIMLER Vuzmpinensis Observationes de arte grammatica. De litteris græcis ac diphthongis.. Erotemata Guarixi ex Chrysoloræ libello maiusculo cum interpretatione latina. Isagogicum sive introductorium in litieras græcas. Nicolai BEBE Dusticha GR&cEe. — Α la fin : Τυ- BINGÆ in ædibus Thomæ Anshelmi Badensis mense Martio M.D.XII (1512). In-4.
Ce traité fut suivi d’un autre livre analogue : De literis græcis ac diphtongis… Carmina aurea PyruacoRÆ. Pocyiinis... mnoralia, quæ omnia habent e regione interpretationem latinam de verbo ad verbum; Tubingæ in ædjbus Thomæ Anshelmi mense Julio M.D.XII.
On remarquera que ce dernier volume n’est que la réimpression des compléments de Ia Grammaire grecque de Lascaris, donnée par Alde en 1495.
(Voir aussi, plus loin, la ville de Haguenau.)
Strasbourg.
Après Tubingue, est venu, pour les impressions grecques, le tour de Strasbourg, alors ville impériale. Il est difficile de déterminer avec précision dans quel ouvrage on y ἃ employé pour la première fois les caractères grecs. Panzer, t. IX, 360, mentionne sommairement : Elementale introductorium in nominum
PREMIÈRES IMPRESSIONS GREUQUES. Sat
et verborum Declinationes græcas, plaquette in-4, imprimée en {542 par Mathieu Schurer, qui en a donné une nouvelle édition l’année suivante, et deux autres en 1514 et 1515, où, à la suite du titre ci-dessus, on lit : Græcas dictiones cum eorum characteribus, accentibus de vocum moderamentis, hic insertas offendes. Item Hieronymi Aleandri Mottensis tabulæ, sane quam utiles Græcarum Musarum adyta compendio ingredi cuptentibus.
Malgré le silence de Panzer, il est clair que le traité élémentaire de la langue grecque doit avoir des mots et des phrases en grec.
Le premier livre plus important imprimé à Strasbourg en caractères grecs parait être : Senart græcanict quingenti.… Ottomaro Nachtgall Argentino metaphraste. Σοφία μόνη τῶν χτημάτον (510) ἀθάνατον. Joannes Knoblouch notis æreis excepit ARGENTORACI (sic). — 1,᾽ 6pître dédicatoire est datée du 9 août 1545. In-4.
Avec la date du 1°" septembre suivant, parut, par les soins du même imprimeur : Isocraris Parænesis ad Demonicum. Eiusdem oratio de qubernando regno ad Nicoclem. Græce et latine. In-4.
Dans la même année fut publié chez Knoblouch : Hesioni Ascræi duo libri Græcorum t:yx καὶ ἡμέραι... Tabula Ceseris Thebani…. et alia quædam (Pyrua- GORÆ Aurea carmina, Pnocyzinis Carmina). Græce et latine. In-4.
Un autre imprimeur, Jean Schott, fit paraître en
1515 : AOYKIANOY SAMOZSATEQZ ΘΕΩΝ ΔΙΑΛΟΙῸΙ, Ι͂η-.
(Othomar:i Luscinu) Collectanea sacrosancta, græce discere cupientibus non aspernanda. Contenta : Introtroductiones elementares Hellenismi... Πάτερ ἡμῶν, Pater noster. Χαῖρε Μαρία, Ave Marta, etc. Ἐξυμολόγησις. Confessio. Supradictis adnexæ sunt sententiæ illustres septem sapientum Græciæ.
L'année suivante (1516), Knoblouch imprima les Erotemata de CurysoLoras, en grec : Excusus Chrysoloras formulis græcis ἈΒΌΕΝΤΟΒΑΤΙ ἐπ officina Joannis Knoblouch calcographi. Son confrère Schott publia le premier livre de l’Iiade d'Houëre, en grec.
Leipzig.
L'imprimerie de Valentin Schuman était pourvue de caractères grecs dès 1515, à en juger par la mention suivante imprimée en grec sur le titre de l’édition Jatine des poésies d’AusonE : ἔντυπωθη εν Auhz παρὰ Ουχλεντινα tu Azuaivrnco τῆς αὐτῆς πολέεως πολιτι ετει τῷ απω τὴς Χρηστου γεννήσεως χιλιοστὼ πενταχοστιοσττω πεμπτὼ χαι οεχάτω.
Panzer, qui signale ce volume, n’accentue pas le grec. Cette édition d’Ausone a été faite sous les auspices de Richard Crook (Crocus), savant helléniste anglais qui enseignait à cette époque le grec à Leipzig. 11 y publia, l’année suivante, un traité élémentaire de la langue grecque : Tabulæ græcas litteras compendio discere cupientibus, sane quam utiles; Lipsiæ, in ædibus Valentini Schuman, 1516, in-4 ; — nouv. édit., 1521, in-4.
Melchior Lotter, imprimeur de cette ville, donna
en 4514, in-4 : Azni Manurn Romant Lucubrationes Grammaticæ, — et en 1516, in-4 : Aznr Maxurn Romani, summo virt ingenio et singulart doctrina, Lu- : cubrationes Grammaticæ.
Bâle.
Bien qu’on rencontre quelques mots en caractères grecs dans 105 impressions bâloises dès 1513, le premier livre grec ne fut donné dans cette ville qu’en 1516 : Novum Instrumentum, omne diligenter. ab Erasmo Roterdamo recognitum et emendatum (græce et latine)... — A Ja fin : Basieæ in ædibus Joannis Frobenii Hammelburgensis. Mense Februario. Anno MDXVI. In-fol. C'est la première édition du texte grec du Nouveau Testament.
La même année (novembre), Froben réimprima a Grammaire grecque de Théod. Gaza.
Cologne.
Le plus ancien livre grec que l’on connaisse imprimé à Cologne, est : Musæi antiquissimi poetæ de Leandri et Herus amoribus, græce. — CoLoniz apud Eucharium Cervicornum (sans doute- Hirschhorn) MDX VII (1547). Mensis μι XVII. In-4.
Cette publication fut suivie, au mois d'octobre, d'un livre d'heures en grec, in-12 : Ὥραι τῆς ἀειπαρθένου Mapirs, etc. Horæ beatissimæ Virginis…. Græce. — A la fin : ᾿Ετυπώθη Κολωνίχς map” Εὐχαρίῳ τῷ ᾿Ιλαφοχέροτι ἔτει ἀπὸ τῆ: τοῦ Χριστοῦ γεννήσεως γιλιοστῶ πενταχοσιοστῷ ἕπταχαιδιχάτῳ, αηνὸς Ὀχτωθρίου ὀγδόῃ.
Il est très-probable que ce livre n’est aussi qu'une réimpression du charmant hvre d'heures, imprimé par Alde, en grec, en rouge et noir, en 1497 et aussi en 1505.
Hirschhorn réimprima également dans cette même année : Ex Arno Manurio de ltteris græcis et diphtongis, etc., et en septembre 1549 : An: Mancru Rudimenta Grammaticæ.
Un autre imprimeur de Cologne, qui publia dans [a suite plusieurs livres grecs, réimprima en 1517, in-£ : Αμρι Μάνυτι Institutionum grammaticarum libritres ; Coloniæ, apud Henricum Novesiensem.
Haguenau.
Th. Anshelm, que nous avons déjà vu à Tubingue, introduisit l'impression des livres grecs à Haguenau. En 1517, il y publia : Apiorogavou ευτραπελωτατοῦ χομίκου Ihovros. ARISTOPHANIS comici facetissimi Plutus, græci sermonis studiosis mire utilis. — A la fin : Hacexoræ ex ACADEMIA Anshelmiana, mense novéb. Anno MDX VII. In-4. | |
Cette édition a été préparée par Pierre Mosellanus, nom latinisé de Schade, pour indiquer le lieu de sa naissance. ;
L'année suivante parut une grammaire grecque : Institutiones græcæ Grammaticæ. Accentuum exquitsita ratio. Etymologia. Ex Homero, Thersyta et Chelys cum Scholiis Philipp. Melancht. Proderunt hæc non solum græca discentibus, sed iis etiam qui non
PREMIÈRES IMPRESSIONS GRECQUES. 599 . ὁ
.turpissime latine traclare conantur. TusiNcæ. — Α la fin : Hacwoz (510) 65 Academia Anshelmiana MDXVIII mense Maio.
Un livre d'heures en grec vint ensuite : Horæ in laudem B. V., etc. — A la fin: Hacenoe, ex Charisio Thomæ Anshelmi, mense Auqusto. In-12.
Brunet cite aussi une autre édition de ce livre d'heures donnée par le même imprimeur, sans date, mense Januario, et il ajaute que c’est une réimpression exacte de l'édition aldine de 1497, également en rouge et noir, et avec la préface d’Alde au verso du litre.
Thomas Anshelm a, comme on le voit, marché sur les traces d’Alde. Il fonda, à son exemple, une académie grecque qui prit le titre de Neoacademia Anshelmiana ; il réimprima aussi les ouvrages pédagogiques donnés par Alde, tels que : De literis græcis. ac diphthongis..… Carmina aurea Pyruacor«, Paocy- LILES, etc. (1519, in-8), qui se trouvent à la suite de la Grammaire de Lascaris, imprimée par Alde en 1495; — Hesycuu Lericon. Cum præfatione μοι Pu. MaxurTi (décembre 1521, in-fol.) ; — Ain: Maxuru Institutiones grammaticæ (août 1522, in-4).
Les autres villes de l'Allemagne, telles que Zagol: stadt, Augsbourg, Nuremberg, Vienne, etc., ne commencèrent à imprimer en grec que bien plus tard.