BELGIQUE
Anvers et Louvain.
Si l’on tient compte des citations grecques d’une certaine importance, insérées au milieu des textes latins, la Belgique a suivi de très-près l'Allemagne dans la voie des impressions grecques. En effet, dès le mois de septembre 1501, Thierry Martens d’Alost, auquel on attribue l'honneur d’avoir le premier introduit l'imprimerie dans sa patrie, fit usage des caractères grecs, gravés probablement par lui-même, pour des citations dans les ouvrages latins sortis de ses presses à Louvain et à Anvers. Dans Erasmi Gratulatorius panegyricus ad Philippum archiducem Aus- . triæ (Anvers, 1504, in-4), la citation consiste déjà en six vers grecs.
Enfin, le premier livre imprimé entièrement en grec.par Martens d’Alost, est : ArisroreLis Ethicorum ad Nicomathum libri decem, græce ; Lovanii, apud Theodoricum Martinum Alostensem, MDXIII, mense octobri; in-4, de 96 ff. (1).
Cette même année 1513 parurent les Fables d'É-
sope, s’il faut en croire Panzer, t. VII, p. 259. Le
même auteur indique à l’année 1503 : Æsor: Fabulæ
et vita, cum Air Maur interpretatione, græce;
Lovanu, MDIIT; — or, cette édition ne peut être que
la précédente, dont la date MDXIIT a été transformée
en MDIIT par l’omission du chiffre X, car l’édition originale de la traduction d’Alde Manuce n’a paru qu’en 1505.
L'édition absolument certaine de ces Fables ἃ Ἐsope est celle de 1517 : Vita et Fabellæ Æsorr cum
ms Ὁ» Ὁ
Aldi Manutit interprétatione latina e regione. — Ga-
BRIÆ Fabellæ tres et quadraginta, etc.; Lovanii, 1511, mense Augusto, in-4, de 80 ff.
L'année précédente Martens avait donné en grec : Theodori [Gaz] introductivæ grammatices libri quatuor; Lovantii, 2 part. in-4, de 16 et 32 ff. Malgré l'annonce du titre, il n’en a paru que les deux premiers livres. « Rien n'est plus net, dit le biographe « de Martens, M. J. de Gand, que les impressions « grecques de Martens, les premières qui aient paru « dans les Pays-Bas. Il n’est pas possible, nous le di-
(1) M. J. de Gand, Recherches sur Thierry Martens, prétend que la date qu'on vdit au titre MDXIII est fautive, et qu’il faut lire MDXXIII (1529).
« sons avec confiance, de s’imaginer quelque chose « de plus beau ni de plus achevé. »
En même temps, Martens fit paraître un petit chef-
d'œuvre : Horæ in laudem beatiss. Virginis; in-16, de 111 ff., en rouge et noir. « C’est un petit livre « d'heures en grec, si bien exécuté, dit M. de Gand. « qu'on ne parviendrait que difficilement à l’imiter de « nos jours, malgré tous nos perfectionnements. » . Ilest incontestable que l’idée de cette publication lui a été suggérée par les livres d'heures imprimés par Alde Manuce en 41497 et 1505, aussi en rouge et noir et dans un petit format. Martens, qui avait appris l’art typographique à Venise avant 1473, devait être en rapports constants avec ce centre de l’activité littéraire à cette époque. On peut s'étonner de ce que Martens, qui a plus d’un trait de ressemblance avec Alde, n’ait jamais parlé dans ses préfaces de cet homme célèbre de son vivant. Ce n’est qu’en 1517, après la mort d'Alde, que Martens consacra ces quelques mots à la mémoire de son illustre confrère : « Pour faire « voir combien l'art typographique contribue à pro- « pager l'étude des belles-lettres, citer le seul nom « d’Alde Manuce suffit (1).
En 1518, Martens publia le Plutus d’ARISTOPRAXE, entièrement en grec, in-4, de 34 ff.; divers opuscules grecs réunis par Aléander, in-#, de 20 ff., et les deux premiers livres de l’Iliade.
(1) Quantum habeat momenti Typographorum ars, ad provehenda lilerarum studia, vel unus ille Aldus Manulius esse documen{o potest. (Épltre au lecteur en téte de l'ouvrage : In Epistolam Pauli Aposloli ad Romanos paraphrasis per Erasmum Roterodarnbm ; Louva:n, 1517, in-4.)
PREMIÈRES “IMPRESSIONS GRECQUES. Gor
Plusieurs livres grecs, publiés par lui sans date, ont dû être imprimés avant 1518. Tels sont : Ceperis Tabula; Carmina aurea PYTHAGORE; PHOCYLIDES ; — Ja Grammaire grecque de C. Lascanis, et l’A/phabctum græcum. C'est surtout depuis 1520 que Martens déploya une grande activité pour l'impression des livres grecs. A la place des petits opuscules, d’un caractère plus particulièrement didactique, on vit alors sortir de ses presses les trésors de la grécité classique : Théocrite, Homère, des fragments de Plutarque, de Lucien, de Platon, d'Hérodien, de Démosthène, de Xénophon, etc.
Martens se retira en 1519. Son correcteur pour le grec, Rutgerus Rescius, qui fut en même temps professeur de grec à Louvain, lui succéda-et, jusqu’à sa mort (1545), il imprima plus particulièrement des livres grecs.