ISABELLE D'ESTE. LXV
un Lorenzo Costa (n° 957), les deux Corrége (n°° 471, 179), et le Pérugin (n° 1164). Le même inventaire signale : l’Amour endormi sur une peau de lion, de Praxitèle ; un autre Amour, marbre de Michel-Ange; enfin, un assez grand nombre d’autres marbres et bronzes, dont une partie se trouve aujourd’hui au musée de l’Académie de Mantoue. Mais nous sommes loin de connaître la totalité des choses précieuses possédées par la marquise Isabelle.
Elle étendait sa passion aux beaux livres et aux reliures d’art. Dans le cours de cet ouvrage, je ferai connaître ses rapports avec Alde Manuce, qui était chargé de tirer spécialement pour elle des exemplaires sur peau de vélin ou sur grand papier, de certains livres imprimés par lui.
La marquise avait un frère, plus jeune qu’elle de cinq ans : ce fut le cardinal Hippolyte d’Este, qui eut l’honneur d’être le premier protecteur de l’Arioste. En 1507, le cardinal envoie le poëte auprès de sa sœur pour la féliciter de l’heureuse issue de ses couches. La marquise, charmée par la distinction du jeune homme et sa conversation intéressante, le garde deux jours à la cour. La conversation roulait principalement sur le poëme immortel que l’Arioste venait de commencer, et qui ne devait paraître que dix ans plus tard. La marquise s’empressa de faire part à son frère du plaisir que cette mission lui fit éprouver, et dans cette réponse, datée du 3 février 4507, elle s'exprime ainsi à l'égard de l’envoyé du cardinal, par la plume de son secrétaire Capilupi (1): « La ringrazio de la visitazione, et particolarmente di havermi mandato il dicto Ms. Lodovico [Ariosto], perché ultra che mi sta stato acetlo, representando la persona de la S. V. reverendiss. lui, anche per conto suo, mi ka addutta gran satisfazione HAVEN- DOMI CUM LA NARRAZIONE DELL’ OPERA CHE COMPONE FACTO
(1) Benedetto Capilupi, né à Mantoue en 1462, mort en 1518, père et äieul de plusieurs littérateurs célèbres.