‹ Aldéhydes et produits aldéhydiques employés en pharmacie. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 16 sur 31 · H Z II · texte numérisé non relu

H Z II

Le chloralamide fond à 115-116°; il se dissout dans l’eau,

l’alcool; par distillation il se dédouble en chloral; les acides régénèrent le chloral et le formamide.

La solution de ce corps se conserve mieux que la solution de chloral et elle a un pouvoir antiseptique plus fort.

Au chloral, correspondent encore d’autres dérivés que je ne ferai que citer.

Ce sont : le chloral uréthane CCl’CII \AzHCOOC , H b ’ obtenu par l’action d’un mélange de chloral et d’uréthane sur HCl; le sonnai ou éthylchloraluréthane CCI* — CH s^zHCO’^H 6 ’ s’obtient en faisant réagir les mêmes substances sur HCl en solution alcoolique; le monochloral antipyrine, obtenu par une molécule d’hydrate de chloral et une molécule d’antipyrine; le dichloral antipyrine, deux molécules d’hydrate de chloral et une molécule d’antipyrine; le chloralose ou anhydro-glucochloral.

CBr» aldéhyde tribromé

Bromal 0 tribromométhanal \H

Ce corps a été découvert en 1832 par Lôvig.

La préparation est extrêmement simple; elle consiste à introduire peu à peu dans 100 grammes d’alcool absolu 350 grammes de brome.

On laisse en contact pendant trois semaines, et on distille en recueillant ce qui passe au-dessous de 172°; ce qui distillera à partir de 172° constitue le bromal, qui a pris naissance par une série de réactions semblables à celles qui engendrent le chloral.

On n’emploie généralement pas en médecine le corps ainsi obtenu, mais son hydrate, qui prend naissance par l’action d’une molécule d’eau sur une molécule de bromal. On obtient ainsi, au bout de vingt-quatre heures, de nombreux cristaux que l’on purifie par de nouvelles cristallisations.

Le bromal anhydre est un liquide incolore, d’odeur vive, pénétrante, soluble dans l’eau, l’alcool, distillant à 17 £ 2°. Il possède une saveur approchant beaucoup de celle du chloral, mais plus désagréable. 11 fournit avec l’alcool une combinaison cristallisable qui n’est autre chose que l’alcoolate de bromal.

Les alcalis, potasse, soude, le transforment en bromoforme et formiate. Les réactions analytiques sont les mêmes, et il ne se distingue que par l’action du zinc sur sa solution bouillante, qui fournit du bromure de zinc ; il est facile ensuite de recher, cher le brome au moyen de l’acide sulfurique et du permanganate de potasse ou au moyen de l’eau chlorée et du chloroforme.

Quant à son dosage dans les solutions aqueuses, il s’effectue comme celui du chloral, c’est-à-dire au moyen de l’action d’un excès de soude normale et titrage de cet excès.

Au point de vue physiologique, les propriétés du bromal sont les mêmes que celles du chloral, c’est-à-dire des propriétés hypnotiques et antiseptiques, les premières seules étant mises à profit. On emploie exclusivement l’hydrate, qui est plus facilement ingéré par les malades. En Angleterre, on le préfère au chloral, en raison de son action moindre sur le cœur.

Les aldéhydes homologues supérieurs de l’éthanal n’ont pas jusqu’à présent reçu d’emploi en médecine, en raison de ce que ces corps n’ont pas de propriétés antiseptiques supérieures à celles du méthanal et de l’éthanal, et du prix de revient plus élevé. Je ne ferai donc que les citer.

On a tenté d’introduire en thérapeutique le dérivé trichloré du butanal, sous le nom de Chloral butylique ou Chloral crotonique.

On l'obtient en faisant passer lentement du chlore dans de l’éthanal maintenu dans un mélange réfrigérant. Le liquide s’échauffe peu à peu et on le porte à 100° dans un récipient muni à sa partie supérieure d’un réfrigérant ascendant.

Au bout de vingt-quatre heures, l’opération est terminée ; il reste un liquide épais, brun, couvert d’eau chargée d’acide

chlorhydrique. On rectifie la portion inférieure et on recueille ce qui passe entre 460 et 180°. Le distillatum, agité avec de l’acide sulfurique, se sépare en deux couches, la partie supérieure constituant le corps cherché, qui passe à la distillation de 463 à 465°. Le butylchloral a été découvert en 4870 par Kraener et Pinner ( 1 ).

Les analyses qu’ils obtinrent pouvaient aussi bien se rapporter à C‘H"C1*0 qu’à C'H’Cl’O, et c’est cette dernière formule qu’ils adoptèrent qui faisait de ce corps du chloral crotonique.

Mais, en 4875, Pinner reprit l’étude de ce corps et fit voir qu’il fallait adopter la formule C'H’Gl’O, qui en faisait du chloral butylique.

Il se fondait sur ce que les analyses concordaient mieux avec cette formule.

La réaction peut être exprimée par la série d’équations CH»

suivantes : ^ ^ sous l’influence de l’acide chlorhydrique

subit la crotonisation avec élimination d’eau

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