C‘H**0*= 2CO* + 2C*H'0H
On introduit un poids connu de la solution dans une fiole à fond plat, portant un bouchon à deux trous. L’un reçoit un tube de sûreté, le deuxième un tube dessiccateur qui permet le dégagement du gaz. On ajoute un peu de levure de bière, et on pèse le tout. On abandonne quarante-huit heures à la température de 25 à 30°. Au bout de ce temps, on remplace l’acide carbonique du flacon par de l’air, et cela, en aspirant, puis on établit de nouveau la tare. La différence exprime le gaz carbonique qui s’est dégagé, et comme il représente les 41/45 du glucose, il est facile de calculer ce dernier. Enfin, on peut déterminer la quantité de glucose dans une solution au moyen du polarimètre de Laurent. Il suffit de déterminer la déviation obtenue en examinant le liquide sous une épaisseur de 20 centimètres.
Le nombre de divisions multiplié par 2,25 indique immédiatement la proportion de glucose par litre.
Le glucose n’est pas employé comme médicament. Cependant, quelques auteurs pensent qu’on pourrait le prescrire comme aliment et même comme médicament dans tous les °as où l’organisme n’a qu’une faible puissance de combustion, ^ans tous les cas, on le trouve dans un grand nombre de sirops acides, où il résulte de l’action de ces derniers sur le
sucre de canne. Dans ce cas, la méthode de dosage par réduction ne peut indiquer s’il y a addition de glucose. L’examen polarimétrique s’impose et permet de décider, en tenant compte des résultats obtenus par la méthode de réduction, s’il y a eu addition de glucose ou s’il y a eu interversion.
Dans le groupe des sucres aldéhydiques, je citerai le mannose, le galactose, le talose, l’idose. Chacun de ces corps est susceptible de se présenter sous deux formes stéréoisomériques droite et gauche et de fournir un racémique. Ces corps n’ayant aucun emploi en pharmacie, je n’en parlerai pas plus longuement.
Lactose.
Le lactose peut être regardé au point de vue chimique, comme l’a montré Fischer, comme un alcool octatomique. Comme ce corps possède des propriétés réductrices et que les oxydants faibles fournissent un acide de même condensation, on est conduit à admettre que ce corps résulte de la condensation de deux molécules de glucose avec élimination d’eau, ce qui en fait un acétal à fonction aldéhydique pour lequel on peut proposer la formule :
CH'OH —-(CHOH)*— C-O-CH-(CHOH) 8 - C = 0 \0 — CH* \H
On s’explique alors aisément l’action des hydratants qui fournit avec ce corps deux molécules de glucose, l’action des oxydants faibles qui fournit un acide que les hydratants dédoublent en acide monobasique et en glucose.
Le lactose se retire du lait par évaporation . On porte le lait à l’ébullition, puis on ajoute quelque gouttes d’acide dilué, ce qui précipite la caséine. Le liquide de filtration, décoloré au
charbon, puis concentré, fournit le sucre de lait. Quand il est coloré, on le dissout dans trois parties eau bouillante et on ajoute à la solution deux ou trois parties d’alcool. Le mélange, agité, fournit par refroidissement une poudre cristalline qui, séchée, constitue le lactose pur.
Le lactose forme, avec une molécule d’eau, des prismes rhomboïdaux droits hémiédriques, opaques, solubles dans six parties eau froide et deux eau bouillante. Il est insoluble dans l’alcool, l’éther.
Chauffé, il se ramollit à 87°, se déshydrate à 110° et fond vers 203°. Il a une saveur sucrée beaucoup moins prononcée que le saccharose. Il dévie à droite le plan de polarisation un — 52,53 à l’état hydraté et 55,3 à l’état anhydre. Il réduit directement la liqueur cupro-potassique alcaline.
Sous l’influence des acides dilués à chaud, il se transforme en glucose et galactose. Quelques ferments solubles agissent de même, tel est l’invertine.
Caractères analytiques. —Les caractères analytiques sont les mêmes que ceux du glucose et du fructose; mais, chose particulière, le lactose produit, même à froid, la réduction des liqueurs cupro-tartriques.
La dihydrazone du lactose s’obtient tout aussi facilement qu’avec le glucose et fond à 193°.
Le dosage du lactose peut s’effectuer par réduction ou par la méthode optique, en suivant une marche semblable à celle indiquée pour le glucose. On observera que la liqueur de Fehling devra être titrée par rapport à une solution de lactose de force connue.
Enfin, si on emploie le procédé optique, 1 degré saccharinaétrique équivaut à 2,074 de lactose par litre.
Le sucre de lait est employé comme diurétique, comme dentifrice et comme agent de conservation dans quelques Poudres composées et pilules.
Aldéhydes aromatiques.
Les aldéhydes aromatiques diffèrent de celles précédemment décrites par la présence dans leur molécule d’un noyau benzénique ou d’un radical renfermant ce noyau. Gomme les aldéhydes gras, ils peuvent être à fonction mixte; mais à la liste de ces derniers, dans la série cyclique, il faudra ajouter les aldéhydes à fonction phénolique.
Les deux groupes intéressants au point de vue pharmaceutique sont les aldéhydes aromatiques à fonction simple et les aldéhydes aromatiques à fonction phénolique.
Aldéhydes aromatiques a fonction simple. — Les modes de préparation utilisés dans la série grasse peuvent généralement l’être aussi dans la série aromatique ; mais il y en a de plus quelques autres qui sont d’une application fréquente. Les dérivés monochlorés dans les chaînes latérales soumis à l’ébullition avec du nitrate de plomb fournissent d’abord les alcools aromatiques qui s’oxydent en présence de AzO s H mis en liberté pour fournir l’aldéhyde.
Ainsi avec le chlorure de benzyle on obtiendra, en chauffant avec (AzO s H) s Pb, de l’aldéhyde benzoïque
CH'CH’Cl + Pb (AzO 8 )’ + 2H*0 = PbCl* + 2C # H # 0 + 2AzO’ + 3H’0.
La deuxième méthode spéciale à la série aromatique consiste dans l’emploi du chlorure de chromyle comme oxydant.
Si l’on traite les carbures benzéniques à chaîne latérale par le chlorure de chromyle, on obtient généralement une combinaison cristallisable que l’eau décompose avec formation d’aldéhyde
3(C‘H“- CH’)(CrO J Cl)*= 3C'H s CHO + 2Cr0 3 + 2Cr’Cl # + 2H’0.
Comme la réaction est très énergique, il convient d’opérer dans des liquides dilués. On dissout le carbure dans le sulfure de carbone pur et on y ajoute, en refroidissant peu à peu, une solution étendue de chlorure de chromyle jusqu’à ce que le liquide conserve une teinte rouge. Le précipité, essoré et lavé avec du sulfure de carbone, est séché, puis projeté par portions dans l’eau froide. On enlève l’acide chromique par le gaz sulfureux et il ne reste plus qu’à entraîner l’aldéhyde à la vapeur d’eau.
Récemment, M. Bonveault a fait connaître un mode de préparation d’une application très générale qui consiste à faire agir les carbures aromatiques sur le chloroxalate d’éthyle en présence du chlorure d’aluminium.
On obtient tout d’abord des éthers cétoniques :
C1C0 - C0*C*H B + C°1I° = HCl + C 6 H 5 CO — CO’C*H B .
Les éthers formés, soumis à l’action de la potasse, donnent un aldéhyde avec perte de CO* et d’alcool :