‹ Alexandre Dumas, 1802-1870Chapitre 16 sur 25 · SCENE XI PATROT, LE GUICHETIER, CATHERINE et JULES · texte numérisé non relu

SCENE XI PATROT, LE GUICHETIER, CATHERINE et JULES

LE GUICHETIER, introduisant Catherine et Jules. Par ici, mais je crois que c'est trop tard.

CATHERINE

Comment, trop tard?

JULES

Ma mère, ma mère, pourquoi m'amenez-vous ici?... Oh! j'ai vu de loin, j'ai vu sur la place de Grève... Vous me déifendiez toujours de sortir les jours d'exécution...

PATROT.

Dame Catherine et Jules, est-ce une vision?

CATHERINE, au (juichcticr.

Eh bien?

LE GUICHETIER

Je VOUS le disais, il est trop tard, l'enfant fait sa roule. (Il sort.)

CATHERINE

0 mon Dieu, sans le revoir, sans savoir s'il pensera à sa mère!...

PATROT.

Son dernier soupir, sa dernière pensée seront pour vous.

CATHERINE

Oh! Patrot!...

PATROT.

V^oilà ce qu'il m'a dit ici, à l'instant.

CATHERINE

Il n'a pas parlé de son frère?

PATROT.

Si fait, il a dit : » Je suis seulement fâché que Jules... »

Catherine, conduisant Jules à la table qui est sous la fenêtre : Monte sur cette table, enfant...

JIO ALEXANDRE DUMAS

TATROT.

Mais ii va voir!

CATHERINE

Soutiens-le, Patrot. (A Jules.) Regarde. — Palrot soutient Venfanl; Catherine tombe à terre, la tête appuyée sur la table ; elle sanglotie, la tête couverte de sa niante noire, mais elle ne dit plus un mot.)

JULES

Ma mère, c'est une fuule... Oli! comme on se presse, mon Dieu, pour voir mourir un homme!... Ma mère, quel est ce malheureux qu'on va e.xécuter?

TATROT.

Regarde.

JULES

Mais il y a tant de monde sur les parapets que je ne puis voir... D'ailleurs, je ne veux pas voir, moi... Descends-moi, Patrot, descends-moi...

l'ATROT.

Regarde.

JULES

Oh! ma mère, ma mère, ils sont arrivés, car tout s'arrête... Oh! grâce, grâce, descends-moi!...

ALEXANDRE D'JMAS 171

PA'IROT.

Regarde, ta mère l'a dit.

JULES

Ma mère, il monte sur Féchafaud... je vais le voir... Ma mère... ah!... ah!... c'est mon frère!... (Il secoue les barreaux.) Mon frère... il... il... Miséricorde... ah!... (Il se je lie en arrière.)

LE GUICHETIER, rentrant.

Allons, houp!... encore un de parti pour Clamart!

(La toile tombe.)

On peut faire à ce drame plus d'un reproche. La nonjustification du titre, d'abord. Il n'avait pas été choisi sans peine ; nous voyons, en effet, la pièce annoncée, dans les journaux, sous ces appellations successives : la Femme du peuple, te Marquis de Draij, Peuple et Noblesse, la Famille de VEmigré ; la cinquième, qui prévalut, n'était certes pas plus heureuse, car le fils de l'émigré joue, dans l'ouvrage, un rôle beaucoup moins développé que celui de son père ; mais peut-être les auteurs voulurent-ils plaire au premier acteur de la Porte-Saint- Martin en donnant à la pièce le nom du personnage qu'il interprétait.

La donnée, de plus, n'est pas bonne. Qu'un noble haïsse le peuple, cela se peut, mais comment satisferat-il sa haine? Où commence, où finit le peuple? Une vengeance qui s'exerce sur tant de têtes manquera certai-

l~-2 ALEXANDRE DUMAS

nement de force. Est-il bien vrai, d'ailleurs, que les vertus soiont le partage du peuple et les vices l'apanage de la noblesse? L'une et Tautre classes ont leurs vices ainsi que leurs vertus.

Le style enfin manque d'éclat, parfois même de correction, mais, ces parts faites à la critique, est-il possible de contester aux auteurs la hardiesse de conception, la logique des développements, et cette prescience de l'atavisme qu'exploitent — soixante-dix ans après eux — nos romanciers ou nos dramaturges?

Ecouté, presque applaudi pendant trois actes, le Fils de VEmigré souleva ensuite une telle opposition que la seconde moitié de l'acte qu'on vient de lire fut jouée en pantomime.

— C'est, nous disait un jour Frédérick-Lemaitre, la chute la plus complète que j'aie vue. Le public sifflait, hurlait, jetait des petits bancs sur la scène...

L'apparition de Georges les mains derrière le dos, la tête rasée, marchant à l'échafaud, avait déchaîné la tempête, qui n'était pas oubliée quand l'un des coupables fît, au mois d'octobre, sa rentrée à Paris.

(( Les journaux, dit Dumas dans ses Mémoires, les journaux avaient suivi l'exemple du Constitutionnel, ils s'en étaient donné à cœur joie. La curée avait été complète, il ne me restait pas un lambeau de chair sur les os. Je rencontrai Véron qui me fît, à l'endroit de mon immoralité, une morale dont je me souviendrai toujours. Il m'avait demandé quelque chose pour la Revue de Paris qu'il publiait ; mais, après le Fils de VEmigré, il n'y avait plus moyen de mettre mon nom en compagnie d'honnêtes gens. Je rencontrai plusieurs directeurs de théâtres qui étaient devenus myopes en mon absence et qui ne me reconnurent pas... »

Angèle devait, un an plus tard, réhabiliter Dumas dans l'esprit des critiques et des entrepreneurs de spectacles.

Disons, pour compléter l'intéressante monographie du théâtre d'Alexandre Dumas qu'indépendamment des versions premières des pièces écrites sous un titre et représentées sous un autre, comme Edith aux longs cheveux, devenue Catherine Howard, François, devenu Louise Bernard, Hélène de Saverny, devenue Une Fille du Régent, la Jeunesse de Louis XV, faite en 5 actes, réduite et jouée en 3 avec cet intitulé : le Verrou de la reine, divers amateurs détiennent les manuscrits des ouvrages suivants, non représentés et non publiés : Ivanhoë, mélodrame eiî 3 actes ; Fiesque de Lavagna, drame historique, 5 actes en vers imités de Schiller ; VEcossais, 5 actes en prose tirés de Quentin Durward ; la Femme sans amour, comédie en 3 actes ; Roméo et Juliette, tragédie en 5 actes, faite avec M. Paul Meurice; des fragments d'Olympe de Clèves, comédie tirée du roman de ce nom, et d'une tragédie de Phèdre.

Sont entièrement perdus : Jane Eyre, drame en 5 actes; les Ames vaillantes, drame en 5 actes, destiné à l'Ambigu, Gulliver, féerie en 5 actes, pour laquelle Dumas traita en 1850 avec la Porte-Saint-Martin, sans que cette convention eût des suites, et Samson, opéra fait avec Edouard Duprez, et dont quelques fragments furent exécutés à l'école spéciale de chant, en 1856.

Enfin l'on peut, très raisonnablement, attribuer à Dumas père une certaine part dans Joseph Balsamo, drame en 5 actes et 8 tableaux, représenté à TOdéon, le 18 mars 1878, sous le nom et par les soins de Dumas fils. Cette pièce, mal accueillie, n'a jamais été imprimée.

Dumas publiciste. — La Psyelié, le Mois, le Mousquetaire, le Monte-C/iristo, l'Indipenclente, les Nouvelles, D'Artagnaii, T/iéâtre-Journal. — Dumas imprésario. — Projet d'exploitation de la Comédie-Française. — La Renaissance.

— Le Théâtre-Historique. — Salle à bâtir. — Un théâtre par souscription. — Api^el à Napoléon IIL — Espoirs déçus.

— Utilité des chiffres.

Réclamanv, le 2d mai 1829, au sujet de ratlitude hostile qu'on lui attribuait à la première représentation de Pertinax, tragédie d"Arnault, Alexandre Dumas déclarait au Journal de Paris : (( C'est la première et probablement la dernière fois que j'écris dans un journal. » — (( Comme Bonaparte au 15 vendémiaire, dit à ce propos l'auteur dans ses Mémoires, j'étais loin de voir clair dans ma destinée ! )) — Il se trompait, effectivement, de la façon la plus complète. De nombreuses polémiques devaient le contraindre à occuper le rez-de-chaussée ou les colonnes de feuilles appartenant à des étrangers jusqu'au jour où il lui parut bon d'avoir quelque publication sous son autorité directe.

Voici les périodiques créés, à diverses époques, par Dumas, pour servir ses idées ou ses intérêts :

La Psyché, recueil mensuel in-18, fondé en mars 1826, avec le concours de Marie et d'Adolphe de Leuven ; elle disparut à la fin de 1829.

Le Mois, résumé mensuel, historique et politique de tous les événements, jour par jour, heure par heure, rédigé par Alexandre Dumas ; de mars 1848 au l^'' février 1850 (26 numéros in-8};

Le Mousquetaire, journal de M. Alexandre Dumas, quotidien in-folio, du 12 novembre 1853 au 7 février 1857;

Le Monte-Christo, journal hebdomadaire de romans, d'histoire, de voyages et de poésie, publié et rédigé par Alexandre Dumas seul ; du 23 avril 1857 au 3 mai 1860 (159 numéros) et du l^'' janvier au 7 octobre 1862 (80 numéros in-4°) ;

UIndipcndenie, journal quotidien publié à Naples, de 1860 à 1864 ;

Les Nouvelles, journal quotidien sous la' direction littéraire d'Alexandre Dumas, fondé au printemps de 1866; il devint, le 18 novembre, le Mousquetaire, et disparut vers le milieu de 1867.

D'Artagnan, journal d'Alexandre Dumas, paraissant les mardis, jeudis et samedis, in-folio, du 4 février au 4 juillet 1868 (66 numéros), continué par Théâtre-Journal, paraissant tous les dimanches, du 5 juillet 1868 au 14 mars 1869 (36 numéros).

La Psyché fut surtout un album poétique. Heureux de placer gratuitement les vers qu'il avait jusqu'alors édités à ses frais. Dumas donna là dix-neuf pièces de genres différents et qui le classèrent parmi les bons rimeurs du temps.

Nous verrons prochainement ce qu'était le Mois, fondé en pleine révolution dans l'espoir de quelque mandat populaire.

Le Mousquetaire, dont nous avons parlé ailleurs,

ne ALEXANDRE DUMAS

reste la feuille modèle, le document typique où s'ciffirment rentrain, Tesprit, le sens analytique de Dumas. Là parurent ses étonnants Mémoires, les Mohicans de Paris, plusieurs autres romans alternés de causeries et de contes.

Le Monie-Chrislo en 1857, comme les youvelles en 1866 et B'Arlagnan en 1868, furent des suites rêvées à ce Mousquelaire, suites au début heureuses, mais que des fautes administratives tuèrent, comme elles avaient tué la feuille initiale.

Quant à llndipendente, rédigé en langue étrangère pour défendre, à Naples, les idées garibaldiennes, il n'offre, au point de vue littéraire, quun médiocre intérêt.

Autant que la gérance d'un journal plus ou moins répandu, la direction d'une scène importante peut à la fois grandir l'influence et multiplier les profits d'un écrivain coté. Dumas n'était pas homme à négliger aucun moyen d"autorilé ou de fortune. Souvent contrecarré par les entrepreneurs et les artistes, il conçut de bonne heure le projet d'acquérir un théâtre où il pût faire ce qu'il voulait et comme il le voudrait. D'accord avec Victor Hugo, il présentait à la commission du Théâtre- Français, dans le courant de février 1831, un plan d'exploitation de ce théâtre, alors menacé de la ruine. Les postulants ne réclamaient du gouvernement aucune subvention, mais, en s'engageant à jouer une fois par semaine le répertoire de Voltaire et de Racine, ils demandaient que l'autorité leur assurât chacune de ces représentations à 2,000 francs, ce qui eût fait par an 104,000 francs, laissant par jour 500 francs nets de bénéfice. La Comédie-Française s'en tint au vieux système, et les deux écrivains lui reprirent, pour les donner à la Porte-Saint-Martin, Dumas Anlony, Hugo Marioa Delorme.

Le drame romantique fleurit au boulevard jusqu'en 1836, époque où les procédés mauvais du directeur Harel éloignèrent de la Porte-Saint-Martin les seuls auteurs qui eussent une autorité vraie sur la foule. Interrogé sur ses travaux par le duc d'Orléans qui lui témoignait une grande sympathie, Dumas se plaignit, un jour, que Hugo et lui ne pussent aborder librement la scène.

— C'est là, en effet, répondit le duc, un état de choses impossible ; l'art contemporain a droit à un théâtre ; j'en parlerai à M. GuizoL

— J'ai persuadé le prince, dit alors Dumas à Hugo, persuadez maintenant le ministre.

La chose exécutée, un privilège nouveau fut octroyé au poète qui le transmit à Anténor Joly, champion de la littérature moderne. Joly, qui était pauvre, mit quinze mois à trouver les fonds nécessaires à l'exploitation de son privilège ; encore dut-il, pour les avoir, accepter comme associé Ferdinand de Villeneuve qui, lui, n'aimait que la musique et obtint du ministre le droit de représenter, outre les drames et comédies, des opéras et des vaudevilles ornés d'airs nouveaux.

Entre administrateurs de goûts différents, l'accord ne pouvait avoir longue durée. Le théâtre de la Renaissance installé, faute d'argent, dans la vieille saUe "Ventadour, débuta le 8 novembre 1838 par un drame, pour verser bientôt dans le répertoire lyrique. Les promoteurs de l'œuvre en pâtirent; Hugo, effectivement, ne donna à la Renaissance que Ruy Blas, comme pièce d'ouverture, Dumas Bathilde et VAlchimiste, comme pièces de remphssage ; tous deux enfin virent sans peine disparaître, après trois ans d'existence maladive, la scène qui leur avait si peu servi.

Dumas était tenace. Ami du duc de Montpensier, comme il l'avait été précédemment du duc d'Orléans, il sollicita et obtint, le 14 mars 1846, un privilège va-

lable pour douze années et lui donnant le droit de jouer des pièces à spectacle. Ce fut l'origine du Théâtre-Historique, mis sous la direction de Hostein et qui ouvrit, le 20 février 1847, par un grand succès, pour fermer le 16 octobre 1850, après des incidents que nous avons contés déjà.

Peut-être, avec sa prétention de soutenir l'entreprise au moyen de son seul répertoire, Dumas fut-il, . après l'inquiétante République, cause de cette catastrophe. Du moins il racheta son tort en acceptant d'en être la principale victime : deux cent mille francs à lui restèrent dans la faillite.

Il y avait tant de ressort dans sa nature vigoureuse, qu'en 1853 déjà Dumas sollicitait, par lettre, le privilège du Cirque ou celui d'un nouveau théâtre à bâtir sur le boulevard de Strasbourg, s'engageant à donner chaque année quatre pièces jour ci faire passer sous les yeux du peuple tout ce qu'il y a de grand dans notre histoire et dans les autres histoires ». — Non rebuté par un refus et par divers échecs comme sa campagne médiocre au Grand-Théàtre-Parisien (1865), il adressait en 1886, à ses amis connus ou inconnus de la France cl de Vélranger, l'appel suivant :

(( On m'a souvent dit que mes amis inconnus étaient mes meilleurs amis : cela, je suis tenté de le croire, la quantité leur permettant de se retirer sur la qualité. Puis il est vrai que, dans mes bons et mauvais jours, j'ai expérimenté mes amis connus, ce que je n'ai pu faire à l'endroit de mes amis inconnus.

(( Aujourd'hui j'entreprends une œuvre dans laquelle j'ai besoin de tout le monde ; de mes amis pour la soutenir, et de mes ennemis pour l'attaquer.

(( Je ne puis dépenser vingt mille francs en annonces et en prospectus, et il me les faudrait dépenser pour mener à bien mon projet ; mais je puis dire : J'ai dépensé un demi-million dans des aumônes plus ou moins

légitimes, mon habitude étant, lorsque je vois un malheureux, de le secourir, sans lui demander pourquoi il est malheureux I

(( On m'a souvent parlé de la popularilé que m'avaient value mes œuvres, de la sijiitpailiie que j'avais inspirée pour mes œuvres.

(( Or, il me semble, êi moins que l'on ne m'ait menti, que ces deux mots : sijmpailiie, quand il s'agit de la France, popularité quand il s'agit du monde, valent bien vingt mille francs d'annonces et de prospectus !

(( Vous avez entendu raconter qu'à peu près vers le même temps où Samson renversait le temple des Philistins, il y avait, aux jeux Olympiques, un athlète nommé Alcidamus, lequel couronné vingt fois pour ses victoires, et présumant trop de ses forces, se trouva dans une maison qui craquait, menaçant de s'écrouler.

(( Tous ceux qui se trouvaient avec lui dans cette maison s'enfuirent éperdus ; lui resta seul, et, levant ses deux mains, il dit :

(( — Je soutiendrai le plafond ou je serai écrasé par lui.

(( Le plafond s'écroula, et, comme Porthos, cet athlète des temps modernes, l'athlète antique fut écrasé sous ses débris.

(( L'art dramatique croule en France : aussi présomptueux, aussi fou qu'Alcidamus, tandis que chacun déserte le beau, le simple, le vrai, je dis :

(( — Mieux vaut, comme Alcidamus, essayer de soutenir une maison qui croule que, comme Samson, renverser un temple, ce temple fùt-il celui des Philistins.

(( Que ceux qui croient que l'art dramatique est là où l'avaient placé les hommes de 1830 viennent à moi et me disent :

(( — Nous voulons deux places au nouveau Théâtre- Historique, pour applaudir encore une fois ce que nous

avons applaudi jadis et pour que nos fils puissent ai>plaudir ce qu'ont applaudi leurs pères !

(( Et qu'ils souscrivent pour la somme qu'ils voudront, afin que ce qui n'est encore qu'un projet, c'est-à-dire un rêve, devienne une réalité, c'est-à-dire un fait.

(( Jusqu'à ce qu'il y ait cinq cent mille francs de souscriptions, aucune somme ne sera versée, et, comme cette somme sera versée aux mains d'un des banquiers les mieux famés de Paris, toutes les dépenses doivent être faites par moi, afin que, si le projet manque, toutes les dépenses retombent sur moi.

(( Que chacun de mes amis connus ou inconnus m'aide donc, et de ses moyens et des moyens de ceux qui l'entourent, et je serai payé de ces quarante ans de travail incessant qui me donnent le droit d'écrire les quelques lignes quelque peu orgueilleuses qui précèdent mon nom !

Parallèlement à cette circulaire, Dumas en lançait une à ses (( lectrices de la capitale, des 89 départements de la France et même du reste du monde », les invitant à demander des prospectus pour recueillir, parmi leurs connaissances, des signatures d'adhérents. Ceuxci devaient, dans l'idée du futur directeur, recevoir en billets de spectacle le double de leur versement. Ni les lectrices, ni les amis de Dumas n'entrèrent dans la combinaison qui, malgré la publicité gracieuse des journaux, avorta dans l'indifférence générale.

L'année suivante Dumas, toujours envieux du sceptre directorial, demanda à Napoléon III 30 ou 40,000 francs pour faire et monter une pièce à spectacle «. dans le sentiment national •» au profit du Théâtre du Prince Impérial, menacé de déconfiture ; mais le souverain,

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