XII INTRODUCTION
\ est. Dumas l'a recréée, d'instincl et d'imagination; Ànquetil a embrasé son cerveau ; quelques lectures oui précisé les images. Ce n'est pas l'histoire, c'est mieux; c\>\\ est la fiction, plus scénique, plus populaire et immédiatement accessible à l'esprit du public. Il évoque ce temps dans l'imagination du spectateur, comme il l'a évoqué dans la sienne, sous forme de tableaux, de mouvement, et de passions. Le reste, c'est-à-dire la surcharge de couleur locale, l'abus du détail érudit, d'une érudition matérielle et à la grosse, de l'accessoire plaqué : c'est de la littérature; allai re d'école, excès de début. Et cela vit pourtant, d'une vie intense, théâtrale, et projetée au dehors. C'est le drame, — sinon le drame historique que je soupçonne fort de n'exister point.
Comme tant d'autres après lui, Dumas s'est heurté, pour son coup d'essai, à l'essentielle antinomie du genre. Il semble bien que le drame exclut l'histoire, celle-ci ayant plus de secrets et de mystères que le théâtre n'en comporte; exigeant, pour les livrer à distance, plus d'étude plus patiente, plus psychologique et philosophique que n'en supporte la scène, où l'action et le grossissement synthétique des personnages est la loi première de l'émotion. J'ajoute que les méthodes historiques se sont singulièrement modifiées depuis. L'histoire n'est plus une résurrection. L'imagination a été convaincue d'insuffisance. M. Victorien Sardou, qui a suivi les progrès de la critique, en arrive à mêler la science archéo-