INTRODUCTION. XIII
logique à la passion, ou mieux, à jeter quelques scènes de passion dans un décor d'opéra. La scène est à la cour de Byzance; elle pourrait être dans les Balkans. C'est affaire au machiniste. L'auteur y peut dépenser dans le détail toute l'érudition qu'il lui plaît : l'histoire n'est point intéressée en cette entreprise. Ni plus ni moins que dans Henri III. Et il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour m'incliner à dire qu'elle l'est à peu près autant dans Horace et Mithridate.
Le domaine du théâtre est la légende. Et qu'estce, au fond, que la légende, sinon l'universel, le merveilleux, l'héroïque mensonge qu'impose à l'histoire la fanlaisie des hommes? C'est le beau du théâtre qu'il anime et met en œuvre sous nos yeux, et pour notre plaisir, ces mensonges. A partir d'Henri ///Jamais plus l'auteur n'affichera la prétention littéraire de serrer les textes d'aussi près. Dramaturge, du premier coup il en a reconnu la vanité. Lisez Un Mot, qui précède la pièce. Il confesse qu'il s'est trompé sur l'énigme du caractère du roi et sur la qualité des documents dont il s'est servi. Il l'avoue sans cérémonie et sans honte. S'il lui fallait reconnaître que son personnage n'est ni vivant, ni en scène, il y ferait plus de façons. La psychologie en est rudimentaire, assurément ; c'est l'époque et la passion qui l'intéressent. Cette fin du xvr siècle, avec ses mœurs de la cour et ses mœurs populaires, ses hommes d'action, spadassins, bret-