Y [INTRODUCTION
iiMirs, débauchés, courtisans, damerets> et sa foi et ses superstitions, el l'âpreté de ses haines, de ses joiesel de ses jouissances, esl-il rien de plus propre à émouvoir l'imagination de la foule en 1830? Entre la légende napoléonienne et celle de ces chefs de partis, les analogies frappent les yeux, les yeux de ceux qui sont nés en France entre 1800 et 1810. Voilà le théâtre qu'attendenl les fils «les héros qui furent de la bataille d'Àusterlitz, à leur tour pressés du besoin d'agir. La psychologie n'esl poinl leur fait. Pour un Stendhal ou un Mérimée, que de capitaines Buridans, que de Saint-Mégrins en rêve! Et voilà l'instinctive originalité du draine de Dumas. En Figaro s'agitait déjà l'âme d'un Napoléon.
Dumas renoue avec Beaumarchais, le Beaumarchais du Barbier de Séville et du Mariage de Figaro. Le « Tandis que moi, morbleu! » trouve enfin son application dramatique. Henri III et sa cour est le premier drame qui réponde par l'exécution aux prétentions de l'esprit populaire. L'histoire illustrée en décors et vue à la lorgnette, c'est l'histoire du peuple, telle qu'il la veut, et telle qu'elle lui appartient. Il s'est enfin avisé que lui aussi fut des Croisades, que les rois ont été ses rois, c'est à savoir des hommes, et non pas toujours meilleurs que les autres. Prenons-y garde : c'est le plaisir que jette en pâture aux regards curieux de la foule ce drame divisé en tableaux à la fois héroïques, familiers — et dramatiques. Si le peintre n'a pas ménagé la cou-