INTRODUCTION. XXV
ville, le dîner de la Procureuse, les quatre duels, tout en est pris sur le vif d'une époque; le bastion Saint-Gervais, c'est le panache du premier Empire; cl pour ce qui est du ménage Bonacieux, j'y retrouve ce don de peindre les gens de petite condition, sans prétention au réalisme. Et les beaux coups, les beaux coups d'épée, et les admirables exploits, et tout ce qu'aime le peuple de France, et, dans le peuple, les femmes, et parmi celles-ci les plus douces et sensibles!...
Mais Vingt ans après? Mais le Vicomte de Bragelonne? — Certes, je ne songe pas à prétendre que l'écrivain ait été populaire pour ses seules qualités. Il a mis sa fécondité à de rudes épreuves. Sous le poids de ses collaborations anonymes ou avouées, de la bourre, du plagiat et du fatras, dont il enflait ses feuilletons, insoucieux de son génie, il devait fléchir et succomber; tel Porthos ployant sous la charge énorme du rocher qui l'écrase, et gémissant : « Trop lourd! » Trop long : c'est le défaut, pour les lettrés, de l'œuvre romanesque de Dumas.
Mais s'il a écrit Acte, les Trois Mousquetaires et plusieurs autres choses, s'il a donné du plaisir à deux ou trois générations dans l'univers, encore s'en faut-il souvenir et est-il bon de le redire. Cet homme, qui vola sur la bouche des hommes, qui a laissé quelques romans dignes d'être relus, prodigué dans tous, vie, mouvement, gaîté, esprit et reflété