XXVI [INTRODUCTION
parloul an idéal d'action, familier mais héroïque, donl l'ascendanl sur la l'unir n'est pas près de disparaître, ne saurait être définitivement éliminé par le trail de plume sec d'une critique sans imagination el -ans joie.
Il est d'un temps où la personnalité prévaut. La sienne est expansive, comme celle de Diderot, axeplus d'intrépide jovialité. Toutes les personnalités
rayonnantes l'attirent; il faut qu'il les frôle, et s'y brûle parfois les ailes : tels ces papillons du soir fascinés et un peu fous que la flamme éblouit et qui s'y viennent griller. 11 lui arrive ainsi d'être à la suite, mais il a tant de bonne humeur et d'imagination vivifiante qu'il ne semble pas être d'après d'autres. Chateaubriand, Lamartine, Napoléon, Byron ont sillonné l'Europe. Dumas les imite ; il les voudrait dépasser. Il les dépasse quand il se raconte. Jamais homme ne fut mieux fait pour s'espacer parmi la vie et à travers le monde. Il a tout vu; il imagine le reste. Il imagine tout. Car si les Mémoires vivent de souvenirs, il m'a toujours semblé, à lire les mémorialistes, que la fantaisie y est une maîtresse souveraine et que la faculté de se rappeler les faits passés y joue le rôle d'une esclave qui ne doit qu'obéir. C'est propre-