‹ Alexandre Dumas. [Edité par] Hippolyte ParigotChapitre 2 sur 95 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

garçon qui pèse neuf livres et qui a dix-huit pouces de long. Tu vois que, s'il continue ;ï grandir ù l'extérieur comme il a fait à l'intérieur, il promet d'atteindre une assez belle taille. » Dumas n'a pas menti à la promesse; il avait de qui tenir. Le général était une manière de colosse, au teint bruni, aux cheveux crépus, qui mesurait cinq pieds neuf pouces, et que les Autrichiens appelaient le Diable Noir. Au moment où il se maria, le bon géant avait le mollet égal en grosseur à la taille de sa femme. C'est le fils qui le dit avec admiration. « C'était un véritable cavalier américain, un gauebo ' », dont la force musculaire fut, paraît-il, proverbiale dans l'armée. Dans ses Mémoires, Dumas ne tarit pas sur ce point. Au manège, le général s'accroebait à une poutre et enlevait son cheval entre ses jambes pour se dégourdir. Les barres de fer scellées aux murs n'étaient pour lui que roseaux. Et quant aux malins, aux hercules de régiment, ils n'avaient qu'à se bien tenir. Témoin l'anecdote suivante, entre dix autres, que Dumas conte d'entbousiasme, « Le docteur Férus, qui a servi sous mon père, m'a raconté souvent que, âgé de dix-huit ans à peu près, lui, Férus, fut expédié à l'armée des Alpes comme aide cbirurgien. Le soir de son arrivée, il regardait au feu d'un bivac un soldat qui, entre plusieurs tours de force, s'amusait à introduire son

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