‹ Alexandre Dumas. [Edité par] Hippolyte ParigotChapitre 3 sur 95 · Mes Mémoires, L I, p. 23 sqq · texte numérisé non relu

Mes Mémoires, L I, p. 23 sqq

INTliODUCTION. III

doigt dans le canon d'un fusil de munition, et le soulevait, non pas à bras mais à doigt tendu. Un homme, enveloppé d'un manteau, se mêla aux assistants et regarda comme les autres; puis, souriant et jetant son manteau en arrière : « C'est bien, cela, dit-il. Maintenant, apportez quatre fusils. » On lui obéit; car on avait reconnu le général en cbef. Alors il passa ses quatre doigts dans les quatre canons, et leva quatre fusils avec la même facilité que le soldat en avait levé un seul. « Tiens, dit-il en les reposant lentement à terre, quand on se mêle de faire des tours de force, voilà comment on les fait '. » Même à travers les récits du fils il parait bien que le génie du père a surtout résidé dans ces muscles d'acier et je ne sais quel héroïsme à bras tendu, dont l'exemple ni la contagion n'étaient rares en ce temps-là. Il faut lire, dans Mes Mémoires, la prise du Pont deClausen par le général Dumas, et comparer à ce fait d'armes, au second volume des Mémoires de Marbot % des prouesses analogues, du même courage un peu fou, qui supplée à tout et triomphe de tous obstacles. Et après cela, vous goûterez sans étonnement les chapitres allègrement gascons du déjeuner du Bastion Saint-Gervais dans les Trois Mousquetaires, et aussi la prise de la Bastille par Ange Pitou, ou

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