INTRODUCTION. XXXI
sensible el sensuel. Jl n'analyse pas la passion, il l'agite, l'embrase, y jette les traits de flammés; il a vraiment ce a style de feu », dont il est parlé dans Antony. Et cela n'est pas encore éteint : la force et l'imagination en sont toujours ardentes. Le vocabulaire exclamatif ou galant, rugissant ou shakespearien, a seul passé de mode, comme passent toutes les choses à la mode. MM. Meilhac et Halévy, qui s'en sont finement moqués, l'ont remplacé par autre chose, qui s'est fané aussi vite. Dumas l'avait recueilli d'autres mains alors très respectées. — « Enfer! Damnation ! Demandez à un cadavre combien de fois il a vécu! 0 ma tète! ma tète! » Les cris de Bocage et les hurlements de Frederick, les paroxysmes de Mélingue et les formules poétiques de Dorval, jets de flammes ou bouquets de fleurs, à la façon de Shakespeare ou de Schiller, tout cela sans doute a vieilli. Mais il faut entendre le style de Dumas au théâtre pour en sentir le naturel et la force de projection, le mouvement et l'intensité pathétique, style de héros à la fois légendaires et modernes, tout en muscles, et en action, style des hommes dont l'imagination s'est échauffée sous « les soleils d'Austerlitz l ».
Dans le roman, son dialogue, toujours naturel, est plus fluide. Il fait causer et agir ses personnages. Il cause et agit avec eux. Il s'agite en eux. Il ne