‹ Alexandre Dumas. [Edité par] Hippolyte ParigotChapitre 49 sur 95 · L'ANTICHAMBRE DE M. DE TRÉVILLE · texte numérisé non relu

L'ANTICHAMBRE DE M. DE TRÉVILLE

On connàîl le point de départ du roman des Trois Mousgnetaires. Athos, Porthos et Aramis sont dans la compagnie de M. de Tréville, capitaine des mousquetaires du roi. D'Artagnan, cadet de Gascogne, arrive à Paris avec un cheval mémorable et une lettre de recommandation pour M. de Tréville 11 se présente à l'audience.

Tréville avait pris le côté faible de son maître, et c'est à cette adresse qu'il devait la longue et constante faveur d'un roi qui n'a pas laissé la réputation d'avoir été très fidèle à ses amitiés, il faisait parader ses mousquetaires devant le cardinal Armand Duplessis avec un air narquois qui hérissait de colère la moustache grise de Son Éminence. Tréville entendait admirablement bien la guerre de cette époque, où, quand on ne vivait pas aux dépens de l'ennemi, on vivait aux dépens de ses compatriotes : ses soldats formaient une légion de diahles-à-quatre, indisciplinée pour tout autre que pour lui.

Débraillés, avinés, écorchés, les mousquetaires du roi, ou plutôt ceux de M. de Tréville, s'épandaient dans les cabarets, dans les promenades, dans

les jeux publics, criant fort et retroussant leurs moustaches, faisant sonner leurs épées, heurtant avec volupté les gardes de M. le cardinal, quand ils les rencontraient; puis dégainant en pleine rue, avec mille plaisanteries; tués quelquefois, mais sûrs en ce cas d'être pleures et vengés; tuant souvent et sûrs alors de ne pas moisir en prison : M. de Tréville était là pour les réclamer. Aussi M. de Tréville était-il loué sur toutes les gammes par ces hommes qui l'adoraient, et qui, tout gens de sac et de corde qu'ils étaient, tremblaient devant lui comme des écoliers devant leur maître, obéissant au moindre mot, et prêts à se faire tuer pour laver le moindre reproche.

M. de Tréville avait usé de ce levier puissant, pour le roi d'abord et les amis du roi, — puis pour lui-même et pour ses amis. Au reste, dans aucun des Mémoires de ce temps, qui a laissé tant de Mémoires, on ne voit que ce digne gentilhomme ait été accusé, même par ses ennemis, et il en avait autant parmi les gens de plume que chez les gens d'épée; nulle part on ne voit, disons-nous, que ce digne gentilhomme ait été accusé de se faire payer la coopération de ses séides. Avec un rare génie d'intrigue, qui le rendait l'égal des plus forts intrigants, il était resté honnête homme. I iien plus, en dépil des grandes estocades qui déhanchent et des exercices pénibles qui fatiguent, il était devenu un des plus galants coureurs de ruelles, un des plus fins damerets, un t\c>, plus alambiqués diseurs de phœbus de son époque; on parlait i\rs bonnes fortunes de Tréville comme on avait parlé vingt

ans auparavant de celles de Bassompierre, et ce n'était pas peu dire. Le capitaine des mousquetaires était donc admiré, crainl el aimé, ce qui constitue l'apogée des fortunes humaines.

Louis XIV absorba ions les petits astres de sa cour dans son vaste rayonnement; niais son père, soleil plwibus impar, laissa sa splendeur personnelle à chacun de ses favoris, sa valeur individuelle à chacun de ses courtisans. Outre le lever du roi et celui du cardinal, on comptait alors à Paris plus de deux cents petits levers un peu

recherchés. Parmi les deux cents petits levers, celui

de Tre\ ille était un des plus courus.

La cour de son hôtel, situé rue du Vieux-Colombier, ressemblait à un camp, et cela dès six heures du malin en été el des huit heures en hiver. ( '.impiante à soixante mousquetaires, qui semblaient s'\ relayer pour présenter un nombre toujours imposant, s'y promenaient sans cesse armés en guerre et prêts à tout. Le long d'un de ces grands escaliers sur l'emplacement desquels notre civilisation bâtirait une maison tout entière, montaient et descendaient les solliciteurs de Paris qui couraient après une faveur quelconque, les gentilshommes de province avides d'être enrôlés, et les laquais chamarres de toutes couleurs, qui venaient apporter à M. de Tréville les messages de leurs maîtres. Dans l'antichambre, sur de longues banquettes circulaires reposaient, les élus, c'est-à-dire ceux qui étaient convoqués. Un bourdonnement durait là depuis le matin jusqu'au soir, tandis que M. de Tréville, dans son cabinet contigu à cette anti-

chambre, recevait les visites, écoutait les plaintes, donnait ses ordres, et, comme le roi à son balcon du Louvre, n'avait qu'à se mettre à sa fenêtre pour passer la revue des hommes et des armes.

Le jour où d'Artagnan se présenta, l'assemblée était imposante, surtout pour un provincial arrivant de sa province : il est vrai que ce provincial était Gascon, et que surtout à celle époque les compatriotes de d'Artagnan avaient la réputation de ne point facilement se laisser intimider. En etïet, une fois qu'on avait franchi la porte massive, chevillée de longs clous à tête quadrangulaire, on tombait au milieu d'une troupe de gens d'épée qui se croisaient dans la cour, s'interpellant, se querellant et jouant entre eux. Pour se frayer un passage au milieu de toutes ces vagues tourbillonnantes, il eût fallu être officier, grand seigneur ou jolie femme.

Ce fut donc au milieu de cette cohue et, de ce désordre que notre jeune homme avança, le cœur palpitant, rangeant sa longue rapière le long de ses jambes maigres, et tenant une main au rebord de son feutre avec ce demi-sourire du provincial embarrassé qui veut faire bonne contenance. Avait-il dépassé un groupe, alors il respirait plus librement; mais il comprenait qu'on se retournait pour le regarder, et, pour la première fois de sa vie, d'Artagnan, qui jusqu'à ce jour avait une assez bonne opinion de lui-même, se trouva ridicule.

Arrivé à l'escalier, ce fut pis encore : il y avait sur les premières marches quatre mousquetaires qui se divertissaient à l'exercice suivant, tandis que dix ou douze de leurs camarades attendaient sur le

palier que leur tour vint de prendre place à la partie.

lu d'eux, placé sur le degré supérieur, l'épée Que à la main, empêchait ou du moins s'efforçait d'empêcher les trois autres de mouler.

Ces trois autres s'escrimaient contre lui de leurs épées fort agiles. D'Artagnan prit d'abord ces fers pour des fleurets d'escrime, il les crut boutonnés : mais il reconnut bientôt à certaines égratignures que chaque arme, au contraire, était affilée et aiguisée à souhait, et à chacune de ces égratignures non seulemenl les spectateurs, mais encore les acteurs riaient comme des fous.

Celui qui occupait le degré en ce moment tenait merveilleusement ses adversaires en respect. On faisait cercle autour d'eux . la condition portait qu'à chaque coup le touché quitterait la partie, en perdant son tour d'audience au profit du toucheur. En cinq minutes trois furent effleurés, l'un au poignet, l'autre au menton, l'autre à l'oreille, par le défenseur du degré, qui lui-même ne fut pas atteint; adresse qui lui valut, selon les conventions arrêtées, trois tours de faveur.

Si difficile, non pas qu'il fût, mais qu'il voulût être à étonner, ce passe-temps étonna notre jeune voyageur; il avait vu clans sa province, cette terre où s'échauffent cependant si promptement les têtes, un peu plus de préliminaires aux duels, et la gasconnade de ces quatre joueurs lui parut la plus forte de toutes celles qu'il avait ouïes jusqu'alors, même en Gascogne. Il se crut transporté dans ce fameux pays des géants où Gulliver alla et eut si

grand/peur; et cependant il n'était pas au bout : restaient le palier et l'antichambre.

Sur le palier on ne se battait plus, on racontait des histoires de femmes, et dans l'antichambre des histoires de cour. Mais si son amour pour les bonnes mœurs fut choqué sur le palier, son respect pour le cardinal fut scandalisé dans l'antichambre. Là, à son grand étonnement, d'Artagnan entendait critiquer tout haut la politique qui taisait trembler l'Europe, et la vie privée du cardinal, que tant de hauts et puissants seigneurs avaient été punis d'avoir tenté d'approfondir : ce grand homme, révéré par M. d'Artagnan père, servait de risée aux mousquetaires de M. de Tréville, qui raillaient ses jambes cagneuses et son dos voûté; quelques-uns chantaient des noêls sur madame d'Aiguillon et madame de Combalet, sa nièce, tandis que les autres liaient des parties contre les pages et les gardes du cardinal-duc, toutes choses qui paraissaient à d'Artagnan de monstrueuses impossibilités.

Cependant, quand le nom du roi intervenait parfois, tout à coup, à l'improviste, au milieu de tous ces quolibets cardinalesques, une espèce de bâillon calfeutrait pour un moment toutes ces bouches moqueuses; on regardait avec hésitation autour de soi, et l'on semblait craindre l'indiscrétion de la cloison du cabinet de M. de Tréville; mais bientôt une allusion ramenait la conversation sur Sou Éminence, et alors les éclats reprenaient de plus belle, et la lumière n'était ménagée sur aucune de ses actions.

— Certes, voilà des gens qui vont tous être embastillés et pendus, pensa d'Artagnan avec terreur,

el moi, sans aucun doute, avec eux ; cardu moment où je les ai écoutés et entendus, je serai tenu pour leur complice. Que dirait monsieur mon père, qui m'a si fort recommandé le respect du cardinal, s'il tne savait dans la société de pat-cils païens'.'

Aussi, connue on s'en doute sans que je le dise, d'Artagnan n'osait, se livrera la conversation; seulement il regardait de tous ses yeux, écoutant de toutes ses oreilles, tendant avidement ses cinq sens pour ne rien perdre, et, malgré sa confiance dans les recommandations paternelles, il se sentait porté par ses goûts et entraîné par ses instincts à louer plutôt qu'à blâmer les choses inouïes qui se passaient là.

Cependant, comme il était absolument étranger à la foule des courtisans de M. de Tréville, et que c'était la première fois qu'on l'apercevait en ce lieu, on vint lui demander ce qu'il désirait. A celte demande, d'Artagnan se nomma fort humblement, s'appuya du titre de compatriote, et pria le valet de chambre qui était venu lui faire celte question de demander pour lui à M. de Tréville un moment d'audience, demande que celui-ci promit, d'un ton protecteur, de transmettre en temps et en lieu.

D'Artagnan, un peu revenu de sa surprise première, eut donc le loisir d'étudier un peu les costumes et les physionomies.

Le centre du groupe le plus animé était un mousquetaire de grande taille, d'une figure hautaine et d'une bizarrerie de costume qui attirait sur lui l'attention générale, il ne portait pas, pour le moment, la casaque d'uniforme, qui, au reste, n'était pas

absolument obligatoire dans cette époque de liberté moindre, mais d'indépendance plus grande; mais un justaucorps bleu de ciel, tant suit peu fané et râpé, et sur cet habit un baudrier magnifique, en broderies d'or, et qui reluisait comme les écailles dont l'eau se couvre au grand soleil. Un manteau long de velours cramoisi tombaitavec grâce sur sesépaules, découvrant par devant seulement le splendide baudrier, auquel pendait une gigantesque rapière.

Ce mousquetaire venait de descendre de garde à l'instant même, se plaignait d'être enrhumé et toussait de temps en temps avec affectation-. Aussi avait-il pris le manteau, à ce qu'il disait autour de lui, et tandis qu'il parlait du haut de sa tète, en frisant dédaigneusement s'a moustache, on admirait avec enthousiasme le baudrier brodé; et d'Artagnan plus que tout autre.

- (Jue voulez-vous? disait le mousquetaire, la mode en vient; c'est une folie, je lésais bien, mais c'est la mode. D'ailleurs, il faut bien employer à quelque chose l'argent de sa légitime.

— Ah ! Porthos! s'écria un des assistants, n'essaye pas de nous faire croire que ce baudrier te vient do la générosité paternelle : il t'aura été donné par la dame voilée avec laquelle je t'ai rencontré l'autre dimanche vers la porte Saint-Honoré.

— Non, sur mon honneur; et foi de gentilhomme, je l'ai acheté moi-même, et de mes propres deniers, répondit celui qu'on venait de désigner sous le nom de Porthos.

— Oui, comme j'ai acheté, moi, dit un mousquetaire, cette bourse neuve.

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— Vrai, dit Porthos, et la preuve c'est que je l'ai payé douze pistoles.

L'admiration redoubla, quoique le doute continuât d'exister.

— N'est-ce pas, Aramis'l lit Porthos se tournant vers un autre mousquetaire.

Cet autre mousquetaire formait un contraste parfait avec celui qui l'interrogeait et qui venait de le désigner sous le nom d'Aramis : c'était un jeune homme, de vingt-deux à vingt-trois ans à peine, à la figure naïve et doucereuse, à l'œil noir et doux et aux joues roses et veloutées comme une pêche en automne; sa moustache fine dessinait, sur sa lèvre supérieure, une ligne d'une rectitude parfaite; ses mains semblaient craindre de s'abaisser de peur que leurs veines ne se gonflassent, et de temps en tjmps il se pinçait le bout des oreilles pour les maintenir d'un incarnat tendre et transparent. D'habitude il parlait peu et lentement, saluait beaucoup, riait sans bruit en montrant ses dents, qu'il avait belles et dont, comme du reste de sa personne, il semblait prendre le plus grand soin. Il répondit par un signe de tèteaffirmatif à l'interpellation de son ami.

Cette affirmation parut avoir fixé tous les doutesà l'endroit du baudrier; on continua donc de l'admirer, mais on n'en parla plus; et par un de cesrevirements rapides de la pensée la conversation passa tout à coup à un autre sujet.

— Que pensez-vous de ce que raconte l'écuyer de Chalais? demanda un autre mousquetaire sans, interpeller directement personne, mais s'adressant au contraire à tout le monde.

— Et que raconte-t-iP? demanda Porthos d'un ton suffisant.

— Il raconte qu'il a trouvé à Bruxelles Rochefort, Pâme damnée du cardinal, déguisé en capucin; ce Rochefort maudit, grâce à ce déguisement, avait joué M. de Laigues comme un niais qu'il est.

— Comme un vrai niais, dit Porthos; mais la chose est-elle sûre?

— Je la tiens d'Aramis, répondit le mousquetaire.

— Vraiment'/

— Eh! vous le savez bien, Porthos, dit Arainis, je vous l'ai racontée à vous-même hier; n'en parlons donc plus.

— N'en parlons plus, voilà votre opinion à vous, reprit Porthos. N'en parlons plus! peste! comme vous concluez vite. Gomment! le cardinal fait espionner un gentilhomme, fait voler sa correspondance par un traître, un brigand, un pendard; fait avec l'aide de cet espion et grâce à cette correspondance, cou lier le cou à Chalais, sous le stupide prétexte qu'il a voulu tuer le roi et marier Monsieur avec la reine! Personne ne savait un mot de cette énigme, vous nous l'apprenez hier, à la grande satisfaction de tous, et quand nous sommes encore tous ébahis de cette nouvelle, vous venez nous dire aujourd'hui : N'en parlons plus!

— Parlons-en donc, voyons, puisque vous le désirez, reprit Aramis avec patience.

— Ce Rochefort, s'écria Porthos, si j'étais l'écuyer du pauvre Chalais, passerait avec moi un vilain moment.

— Et vous, vous passeriez un triste quart d'heure avec le duc Rouge, reprit Arâmis.

— Ah! le duc Rouge! bravo, bravo, le duc Rouge! répondit Pùrlhos en battant des mains el eu approuvant de la tête. Le duc Rouge est charmant. .le répandrai le mot, mou cher, soyez tranquille. A-t-il de l'esprit, cet Aramis! Quel malheur que vous n'ayez pus pu suivre votre vocation, mon cher! quel délicieux abbé vous eussiez fait!

— Oh! ce n'est qu'un retard momentané, reprit Aramis, un jour je le serai; vous savez bien, Porthos, que je continue d'étudier la théologie peur cela.

- 11 le fera comme il le dit, reprit Porthos, il le fera tôt ou lard.

— Tôt, dit Aramis.

— 11 n'attend qu'une chose pour le décider tout à l'ait et pour reprendre sa soutane, qui est pendue derrière son uniforme, reprit un mousquetaire.

— Et quelle chose attend- il? demanda un autre.

— 11 attend que la reine ait donné un héritier à la couronne de France...

— Allez-vous me faire la leçon, Porthos'.' s'écria Aramis, dans l'œil doux duquel on vit passer comme un éclair.

— Mon cher, soyez mousquetaire ou abbé. Soyez l'Un ou l'autre, mais pas l'un et l'autre, reprit Porthos. Tenez, Atlios vous l'a dit encore l'autre jour : vous mangez à tous les râteliers. Ah ! ne nous fâchons pas, je vous prie, ce serait inutile; vous savez bien ce qui est convenu entre vous, Athos et

moi. Vous allez bien chez madame d'Aiguillon, el vous lui laites la cour; vous allez chez madame de Bois-Tracy, la cousine de madame de Chevreuse, et vous passez pour être fort avant dans les bonnes grâces de la dame. Oh! mon Dieu, n'avouez pas votre bonheur, on ne vous demande pas votre secret; on connaît votre discrétion. Mais puisque vous possédez cette vertu, que diable! faites-en usage à l'endroit de Sa Majesté. S'occupe qui voudra et comme on voudra du roi et du cardinal; mais la reine est sacrée, et si l'on en parle, que ce soit en bien.

— Porthos, vous êtes prétentieux comme Narcisse, je vous en préviens, répondit Aramis; vous savez que je hais la morale, excepté quand elle est faite par Athos. Quant à vous, mon cher, vous ave/ un trop magnifique baudrier pour être bien fort làdessus. Je serai abbé, s'il me convient; en attendant, je suis mousquetaire : en cette qualité, je dis ce qu'il me plaît, et en ce moment il me plaît de vous dire que vous m'impatientez.

— Aramis!

— Porthos !

— Eh! messieurs! messieurs! s'écria-t-on autour d'eux.

— Monsieur de Tréville attend monsieur d'Artagnan, interrompit le laquais en ouvrant la porte du cabinet.

A Dette annonce, pendant laquelle la porte demeurait ouverte, chacun se tut, et au milieu du silence général le jeune Gascon traversa l'antichambre dans une partie de sa longueur et entra chez le capitaine

des mousquetaires, se félicitant de tout son cœur d'échapper aussi h point à la fin de celle bizarre querelle.

(Les Trois Mousquetaires, t. I, ch. n, p. 24-34.)

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