AN M US
Non, mieux que tout cela : h; noble Afranius S'est offert en victime ainsi que Curtius.
LEP l DU S.
En victime?
Oui, mon cl km1; oh! c'est toute une histoire Si plaisante, ma loi, qu'on a peine d'y croire.
LEPIDUS
Est-elle longue?
A NNIUS.
Non.
LEPIDUS
Alors, raconte-la.
ANNIUS
Le divin empereur César Caligula,
Atteint d'un mal dont nul ne connaissait la cause,
S'acheminait tout droit vers son apothéose,
Et, malgré les honneurs qui l'attendaient là-haut,
Paraissait peu flatté de passer dieu sitôt.
De sorte que, pareil à la nymphe Pyrène,
■Chaque œil de courtisan se changeait en fontaine,
Et, parmi tous ces yeux, ceux qui pleuraient le plus
Étaient ceux du futur consul Afranius.
Si hien que, se voyant près de fondre en rivière :
« Jupiter, cria-t-il, exauce ma prière,
Prends mes jours, et pour eux rends-nous ceux de César. »
Soit que l'offrande plût au ciel, soit par hasard,
Ou que le médecin, maître en son art sublime,
Ait d'avance d'un mieux prévenu la victime,
Dès ce moment, César, qui marchait au trépas,
Suspendit le voyage et revint sur ses pas,
Si ravi de revoir la céleste lumière,
Qu'il fit Afranius consul pour sa prière.
(Entrée des Licteurs.)
LE PIDUS.
Ne va-t-il pas sortir"? j'aperçois les licteurs.