‹ Alexandre Dumas. [Edité par] Hippolyte ParigotChapitre 8 sur 95 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

drame, les Abencérages, tiré de Florian. Dans tous les théâtres parisiens, de Leuven avait ses entrées; mais elles étaient personnelles, et ne valaient pas pour ses pièces. Une fois Dumas installé à Paris, la collaboration reprit de plus belle. Il était écrit làhaut que toute sa vie serait prise en cet engrenage des collaborateurs. On s'adjoignit Rousseau, mystificateur incomparable. Une œuvre naquit, laquelle fut enfin représentée à l'Ambigu : la Chasse et l'Amour (22 septembre 1825). Notre braconnier avait mis sa marque sur ce couplet de facture :

La terreur de la perdrix

Et l'effroi de la bécasse,

Pour mon adresse à la chasse

On me cite dans Paris.

Dangereux comme la bombe,

Sous mes coups rien qui ne tombe,

Le cerf comme la colombe...

A ma seule vue, enfin,

Tout le gibier a la fièvre;

Car, pour mettre à bas un lièvre,

Je suis un fameux lapin.

Cela ne manque point de saveur, mais peut-être n'était-ce pas encore pour renouveler l'art dramatique en France. Ni non plus la Noce et l'Enterrement, — en société avec Lassagne et Vulpian, — vaudeville en trois tableaux, dont la première représentation eut lieu le 21 novembre 1826. Cependant Dumas prenait contact avec le public : ce qui n'est pas la moindre affaire pour un apprenti dramaturge. Et il lisait, il s'essayait à des traductions

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du théâtre étranger. Il avait l»1 don; il étudiait le métier.

On trouvera (Luis ses Mémoires, ses Souvenirs dramatiques \ el un peu partout clans ses œuvres, l'histoire de Christine, dont Taylor subil la lecture au bain (Charlotte Gorday et Marat), et toutes les tribulations qui en advinrent au débutant; tant y a que, reçue par le comité de la rue de Richelieu, envoyée à Picard, condamnée par le bon maître, rapportée par l'auteur, perdue dans un ruisseau, recopiée de mémoire, refusée, refaite, augmentée du rôle de Paula, répétée par mademoiselle Mars aux. Français et enfin jouée par mademoiselle Georges à l'Odéon, sa première pièce en vers, Christine, fut devancée par Henri III el sa cour, son premier drame en prose, à propos duquel Dumas a tout dit, et un peu au delà, sauf peut-être le nécessaire.

Ni le public ni la postérité ne se sont trompés sur la valeur de ces deux œuvres. L'une, tragédie bâtarde et cousue d'épisodes, avec deux ou trois scènes de drame vigoureusement enlevées ou plutôt imitées avec adresse, Christine n'est pas d'ensemble. Malgré quelques souvenirs de Corneille (Don Sanche) et quelques procédés de tragédie, et en dépit des réminiscences du répertoire étranger et de Walter

1. Mes Mémoires, t. IV, p. 281-282. — T. V, p. 16 sqq., p. 30 sqq., p. 76-T7, p. 292 sqq. — T. VI, p. 2 sqq., p. 23. Souvenirs dramatique.'!, t. I, p. 190 sqq., p. 209 sqq.

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