‹ Alexandre Dumas. [Edité par] Hippolyte ParigotChapitre 94 sur 95 · SCENE VII SIR JOHN, SIR ARTHUR · texte numérisé non relu

SCENE VII SIR JOHN, SIR ARTHUR

PII! ARTHUR, arrêtant son oncle, qui va sortir.

Pardon, mon oncle!

-II! JOHN

Encore vous ici, monsieur? comment! vous n'êtes pas encore parti?

S II! ARTHUR

Au contraire, mon oncle, je suis déjà revenu.

SIB JOHN.

Et qui vous ramène?

SIB ARTHl i:.

Une lettre de Sa Majesté, lettre que j'étais chargé de vous rendre sans retard.

SIR JOHN, lii lui arrachant des mains.

Donnez!

-11! ARTHUR

Mais ce n'est pas tout.

SIB JOHN.

Qu'y a-t-il encore? Voyons!

SIR ARTHUR

Mon oncle, je voudrais vous entretenir...

SIR JOHN

De vos prouesses, n'est-ce pas, monsieur le chevalier? de vos belles actions, n'est-ce pas, monsieur l'honnête homme'.'

su; ARTHUR.

Hélas! mon oncle, au contraire, et vous me voyez tout tremblant... Car enfin, comme vous ne me recevez pas trop bien, alors même que je crois mériter des éloges, comment allez-vous me recevoir, aujourd'hui que je viens m'accuser devant vous?...

sus jii un.

Gomment, t'accuser?

SIR ARTHUR

J'ai besoin de toute votre indulgence, mon oncle.

SIR JOHN

Toi? (Se radoucissant.) Ah! vraiment!

SIR VRTHUR.

J'ai commis une grande faute.

SIR JOHN

Tu as commis une grande faute?... Viens ici, mon garçon, et conte-moi cela...

SIR ARTHUR

Eh quoi?... vous...?

sir joiin.

Conte-moi cela; que diable! je suis ton oncle... Eh bien, tu dis, mon ami?...

SIR ARTHUR

Le ton avec lequel vous me parlez m'encourage... Je vais tout vous avouer... .le suis amoureux.

SIR JOHN

Ah! vous êtes amoureux, monsieur le puritain?

SIR ARTHUR

Amoureux comme un fou!

sir Joiix.

Très bien !

SIH ARTHUR.

Comment! très bien?... Vous di les?...

SIR JOHN

Je dis qu'il n'y a pas de mal à cela.

SIB ARTHUR.

C'esl que, quand vous saurez, mon oncle...

SIR JOHN

Quoi?

SIR ARTHUR

Que la femme que j'aime...

SIR JOHN

Eh bien?

SIR ARTHUR

Est d'une naissance...

SIR JOHN

Illustre?

SIR MiTllii;.

Non; au contraire, mon oncle, obscure, tout ce qu'il y a de plus obscur. . . Un instant, elle avait cru se rattacher à une grande famille, mais...

su; .ioiin.

Eh bien?

sus mit il rit.

Mais, aujourd'hui, tout espoir est perdu.

sll! JOHN.

Ah bah! une mésalliance?... Nous faisons une tache à notre blason'?...

sut ARTHUR.

Comment, mon oncle, vous ne me condamnez pas?...

SIR JOHN

Et la jeune lille est riche, sans doute?

SIR ARTHUR

Pauvre, mon oncle!

SIR JOHN

De mieux en mieux!... Ah! elle est d'une naissance obscure! ah! elle est pauvre !... Ainsi, rien ne peut excuser, aux yeux du monde, la sottise que tu fais?... Bien, mon garçon; donne-moi la main.

SIR ARTHUR

Oh! de grand cœur... Mon Dieu! j'étais si loin de m'attendre à tant d'indulgence!

SIR JOHN

Et tu lui as promis le mariage, tu t'es engagé d'honneur, tu as signé quelque écrit, n'est-ce pas?

SIR ARTHUR

J'ai fait plus, mon oncle, je l'ai épousée.

SIR JOHN

Épousée?

SIR ARTHUR

Sans votre consentement.

SIR JOHN

Ainsi, elle est...?

SIR ARTHUR

Elle est ma femme!

SIR JOHN

C'est adorable!... Ali çà! il n'y a plus à y revenir, n'est-ce pas?

>IU ARTHUR

Non, mon oncle; mais, quand même je le pourrais, je ne le ferais pas... .le l'aime, mon oncle, je l'aime ardemment, et quand vous la connaîtrez...

SIB JOHN.

Je ne veux pas la connaître.

SIU ARTHUR

Quand vous la verrez...

sir John.

Je ne veux pas la voir...

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