‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 108 sur 188 · La Femme de Claude · texte numérisé non relu

La Femme de Claude

d'oublier ». Car, remarque-t-il, « il y avait dans cette l'emme quelque chose comme de la candeur. On voyait qu'elle en était encore à la virginité du vice ». L'ingénuité du regard de cette « figure angélique ^ » s'inscrivait en faux contre les dérèglements de la fille de joie. Jj'âme cherchait dans la fièvre des plaisirs l'étourdissement qui soustrairait le corps à la fièvre de son mal. C'était une manière de suicide qui ne paraissait pas sans excuse au poète de Marie :

Ainsi qu'un ver rongeant une fleur qui se fane L'incessante insomnie étiolait vos jours, Et c'est ce qui faisait de vous la courtisane Prompte à tous les plaisirs, prête à tous les amours^ !

Elle disait à qui s'apitoyait sur ses excès : « Ce qui me soutient, c'est la vie fiévreuse que je mène. » « Vie douloureuse, écrit Dumas, que j'entrevoyais sous le voile doré qui la couvrait et dont la pauvre fille fuyait la réalité dans la débauche et l'ivresse. » Aussi bien, était-elle sans illusion sur son sort, mais soucieuse seulement de son prestige, elle demeurait parfaitement maîtresse de son émotion et de ses alarmes, en femme qui sait son monde et garde le sourire dans le tourment, en coquette qui n'entend rendre les armes pas même devant la mort.

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