Péchés de Jeunesse. « M- D
Mais elle les rendit avec grâce devant le trouble réel de cet inconnu de la veille qui venait à elle sinon avec un patrimoine à dilapider, du moins avec des réserves d'enthousiasme et de bonté, une fraîcheur de sentiments toute juvénile, des attendrissements d'enfant et des pudeurs ^ où s'enveloppait le respect de soi-même et des autres. Aux dépenses qu'il pouvait se permettre, il ajoutait un peu de pitié ^ ; et s'il joignait à la connaissance du cœur féminin l'indulgence qui en excuse les faiblesses, il avait, par surcroît, les qualités personnelles qui justifient ces défaillances et n'en attristent pas la mémoire.
Tant de circonstances réunies en une de ces heures oîi la maladie affine les curiosités de la chair, eurent raison d'une résistance qui savourait à l'avance sa défaite et qui ne fut ni trop brève pour en diminuer le prix, ni trop longue pour en compromettre le bénéfice.
L'heureux amant avait « commencé d'abord par n'être reçu que de minuit à six heures du matin ». Ces faveurs ainsi mesurées étaient dérobées aux droits de qui soutenait alors le luxe de Marie Duplessis. Ce personnage était le vieux comte de Stackelberg : dans le dossier Charavay, figure, en effet, au nom de ce « riche boyard », à la date du 18 dccembrel844