‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 11 sur 188 · Petbus Borel, Cha'npaverl · texte numérisé non relu

Petbus Borel, Cha'npaverl

16 ALEXANDRE DUxAIAS

Ainsi nc.^, pèse sur eux une tare d'inaptitude à subir le joug des réalités. Des dilTérents camps où, nourrissant de hautes ambitions littéraires, ils ont dressé e urs tentes, aux Tartares, au Doyenné, à la Chanteraine, rue de l'Ouest, à l'Hôtel Pimodan, ils narguent les usages et les coutumes pour lesquels ils professent tous le mépris souverain et inné de Champaçert. Pétrus Borel se fût fait « chamelier au désert, muletier andaloux ou Otahitien », plutôt que d'abandonner une de ses rancunes contre le bourgeois philistin. Il fut servi au delà de ses vœux. Pour la plupart, la vie les traita en marâtre car elle n'aime que ceux qui l'aiment, encore quand elle ne les trahit pas, et Dieu sait s'ils l'avaient en exécration, du moins telle que la société l'avait faite. L'auteur (VObermann n'était pas le seul à établir le compte de ce qu'il lui devait de bonheur. Il était au delà de la quarantaine quand, pour sa part, il ne trouvait à consigner dans son existence que « deux semaines passables, une de distraction en 1790, et une de résignation en 1797 ^ ». Que pouvait-elle réserver, d'ailleurs, à des êtres doués d'une telle imagination que « les palais des Mille et une nuits, les antiques Babylones n'étaient qu'ombre auprès des fêtes colossales et radieuses » où le pauvre Emile RouUand conviait le soir, au coin de son feu, ses amis, Boulay-Paty, Emile Pehant, Pitre-Chevalier et quelques autres Bretons ^.

Aussi bien, se disaient-ils écœurés de tout, après avoir promené, comme Lélia, un regard morne sur tous les éléments de dégoût et de satiété qui composent le spectacle d'ici-bas. « Dans l'âge des passions

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