Péchés de Jeunesse. «Jeunesse », mai
jouets des mêmes rêves qui toujours recommencent et jamais ne s'achèvent que sur ce mot : tu mourras !
Ce scepticisme léger — habituel défi porté par la jeunesse à la vie — se tempère d'une espèce de foi mystique qui ne sépare pas Dieu de l'amour ; « l'âme sans amour au ciel Dieu la renie », et sur les lèvres des amants, les mots « saint », et « voluptueux », ne jurent point ensemble ^. Et à l'instar des âmes désolées de 1830, il lui arrive à lui aussi de se croire « maudit du Seigneur ^ » pour se donner la joie d'être racheté par les larmes d'une gracieuse enfant candide, quelque Eloa de keepsake au visage éthéré fait de rayons de lune et de reflets d'opale.
Faut-il s'étonner que cette propension de l'esprit et du cœur à lamenter, sous le masque d'une indifférence apparente et d' « une parole froide ^ », la misère d'un destin périssable, l'ait si complètement abandonné au charme maladif de cette âme où les fièvres d'un mal inexorable et les fièvres des désirs
1. Péchés fie Jeunesse « L'amour à la joiino fille >' (janvier 1841).