‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 121 sur 188 · A. Houssaye, Les Confessions, tome II · texte numérisé non relu

A. Houssaye, Les Confessions, tome II

Vérou qui n'était pas non plus mauvais juge, avouait, au sortir d'un souper où il venait de traiter, avec quelques amis, Marie Duplessis, qu'elle était vraiment « une merveilleuse courtisane », non pas seulement qu'elle fût « la femme la mieux habillée de Paris », ou à cause de la décence de son libertinage, mais encore par l'agrément d'une causerie qui demeurait étrangère aux questions d'intérêt ^.

De fait, elle n'était pas avide ^. Et s'il lui fallait pour vivre « trente fortunes », les difficultés qu'elle ne sut point s'épargner prouvent assez qu'elle obéit à d'autres sentiments que la cupidité. Romain Vienne nous la représente comme très généreuse, et M. Adolphe Brisson nous a répété d'elle un trait de désintéressement ^, Il paraît qu'un jeune poète, encore peu fortuné, lui avait déclaré sa flamme certain jour qu'une dette de dix mille francs arrivait à échéance. Désolé de ne pouvoir envelopper dans son madrigal le billet libérateur, il s'en va confier sa peine à un banquier de ses amis. Celui-ci se rend chez Marie, plaide la cause du soupirant et avance la somme : « Qu'il vienne, s'écrie-t-elle, mais remportez vos billets de banque ; je ne veux pas qu'il y ait, entre lui et moi, de questions d'argent. » Rien n'autorise à croire qu'il s'agissait de Du-

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