L'Éclair. N» du 20 juin
mas, de qui M. Adolphe Brisson tenait l'anecdote. Il semble, cependant, que le romancier ait voulu garder trace d'une circonstance analogue, quand aux reproches d' Armand qui souffre d'être trahi, il met dans la bouche de Marguerite cette réponse : « Mon ami, si j'avais deux cent mille livres de rentes, que je fusse votre maîtresse et que j'eusse un autre amant que vous, vous auriez le droit de me demander pourquoi je vous trompe... J'aurais pu vous dire : — J'ai besoin de vingt mille francs ; vous étiez amoureux de moi ; vous les eussiez trouvés au risque de me les reprocher plus tard ; j'ai mieux aimé ne rien vous devoir ; vous n'avez pas compris cette délicatesse. »
Dumas n'était pas homme à profiter de ce désintéressement. Sans fortune personnelle, il n'eût pu mener longtemps le train de vie que comporte pareille liaison, s'il n'eût demandé au jeu et aux dettes de subvenir à ce qui lui manquait. Il fit un peu comme Armand Du9 al. Et bien des fois, ainsi qu'il s'en gourmandait en mai 1846, il rentra chez lui, ayant, « au lansquenet »
Dans une nuit, perdu plus d'argent qu'il faudrait Pour faire vivre un an une honnête famille ^.