‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 123 sur 188 · Péchés de Jeunesse, « L'IIôtcl-Dieu · texte numérisé non relu

Péchés de Jeunesse, « L'IIôtcl-Dieu

Il n'avait alors d'autre recours que l'emprunt, et il en usa assez fréquemment, puisqu'il avouait, clans sa Lettre àCu^illier-Fleury, qu'il ne devait pas moins de cinquante mille francs pour sa traversée du monde interlope.

En tout cas, Dumas ne pouvait manquer de rendre à Marie Duplessis ce témoignage que chez elle le cœur savait parler plus haut que l'intérêt. Car, si Marguerite Gautier, il l'a dit, « n'a rien sacrifié à Armand, c'est qu Armand ne l'a pas voulu ». Et il n'a pas dépendu de Marie d'avoir « toutes les aventures pathétiques » que le romancier a prêtées à Marguerite ; c'est à son grand regret « qu'elle n'a pu jouer que le premier et le second acte de la pièce ^ ».

Il est à peine nécessaire de rappeler qu'ils se résument, comme toutes les situations de ce genre, en des promesses et des espérances où l'émoi des sens engage le cœur au delà de la raison ; les souhaits de vie à deux avec la complicité du ciel étoile et des grands arbres s'y heurtent tantôt aux nécessités d'une existence de luxe dont la femme s'est fait un obstacle à son indépendance, tantôt aux avis d'une conscience qui met l'amant en garde contre les compromissions de l'honneur ; les dépits d'une passion plus ombrageuse à mesure qu'elle grandit y alternent avec les doléances d'un attachement qui se défend contre la défiance.

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