La Dame aux Camélias. Préface de décembre
Et tous CCS (îtats d'âme dont l'analyse si vraie occupe les chapitres xii, xiii, xiv et xv du roman, ces angoisses du doute, ces soupçons qui tenaillent au plus vif de la chair, les longues attentes à épier les faits et gestes de la maîtresse, les nuits passées à serepaître de l'intolérable vision de l'abandon aux bras d'un autre, les déterminations à une rupture brutale, les billets impertinents suivis d'humble repentir, et le lien plus fortement noué par d'impuissants efforts à le secouer, toutes ces, stations de l'habituel calvaire de telles liaisons, l'auteur de la Dame aux Camélias, les a connues. Marguerite Gautier avait raison : dans l'existence à la fois si étroite et si répandue d'une courtisane, il n'y a de place que pour « un amant jeune sans volonté, amoureux sans défiance, aimé sans droits ».
Encore celle-ci, — Marie Duplessis — futelle « une des dernières et des seules courtisanes qui eurent du cœur ^ ». Ce jugement porté par Dumas, à l'heure où les souvenirs se recueillent et rendent leurs arrêts, ce jugement pourrait bien avoir l'accent d'un regret et la valeur d'une réparation morale. Peut-être Marie, un beau jour, se trouva, d'âme, partie prenante d'un contrat où n'avait signé d'abord que sa fantaisie. « Souvent une femme qui ne prend un amant que comme une distraction à son oisiveté, finit par ne plus vivre qu'en lui,