Voici celte lettre
« Ma chère Marguerile,
« J'espère que votre indisposition d'iiier aura été peu de chose. J'ai été à onze heures du soir demander de vos nouvelk's, et l'on m'a jépondu que vous n'étiez pas rentrée. M. de G.!, a été plus heureux que moi, car il s'est présenté quelques instants après, et à quatre heures du matin il était encore chez vous.
« Pardoimez-moi les quel([ii<s heures enmiyeuses que je vous ai fait passer, et soyez sûre que je n'oublierai jamais les moments heureux que je vous dois.
« Je serais hien allé savoir de vos nouvelles aujourd'hui, mais je eomple re tourner auprès de mon père.
(i Adieu, ma chère Marguerite, je ne suis ni assez riche pour
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subtilités psychologiques ne se pouvait-elle méprendre aux intentions qui avaient dicté le billet?
De part et d'autre, on se piqua au jeu, et l'amour succomba d'une blessure d'amourpropre.
Marie enf(;rma sa peine dans le silence et fit ainsi plus sure justice de l'offense que par une niaise boutade dont l'effet eût été de tuer en lui ce qui n'était pas mort en elle.
Emportée peu après dans un nouveau remous de sa destinée qui allait l'élever au rang d'une comtesse, Marie, sans doute, gardat-elle une mémoire plus courte et de l'offense et de l'amant. Celui-ci ne devait pas oublier de si tôt. Soit qu'il se fût donné davantage, où que la rupture l'eût laissé plus seul, à peine eut-il secoué le joug de sa passion que la meurtrissure lui en paraissait plus cruelle que le tourment qu'il avait fui. Aussi bien, quand le tumulte dn cœur se fut apaisé, ce tourment ne lui avait-il
vous aimer coruiuo je le voudrais, ni assez pauvre pour vous aimer comme vous Je voudriez. Oublions donc, vous, un nom qui doit vous être à peu près indifïérent ; moi, uti l)onlieur qui me devient impossible.
(( .levons renvoie votre clef qui ne ni'a jamais servi et qui pourra vous êlre utile si vous êtes souvent malade comme vous l'étiez hier. "
semblé plus guère que l'alarme ordinaire d'une jalousie sans cause. L'écart entre l'accent contrit des premières strophes de V Elégie à Marie et les termes ironiques de la lettre de rupture accuse, avec évidence, qu'entre temps, Dumas en avait appelé lui-même contre sa propre sentence.
Rentrant d'Espagne, et apprenant à Marseille la mort de Marie, il s'était hâté d'accourir vers les lieux où il avait, durant un an, égrené le chapelet des heures bénies. Au retour de ce pèlerinage, tout à son chagrin, il écrivait, dans l'aveu de ses torts :
Nous nous étions brouillés, et pourquoi? je l'ignore. Pour rien ! pour le soupçon d'un amour inconnu ! Et moi qui vous ai fuie, aujourd'hui je déplore De vous avoir quittée et d'être revenu ^ !
A M. Blaze de Bury, Dumas aurait donné de la rupture un prétexte encore plus futile. Elle se serait produite le 7 octobre 1845, jour de la première représentation des Trois Mousquetaires.
« Je me rappelle exactement cette date, lui aurait-il dit, parce que c'est ce jour-là que je me brouillai avec Marie Duplessis pour n'avoir pas pu lui procurer une loge de galerie ^ ».
Cette explication ne saurait exclure la précédente qui est la confession d'un cœur sur