La Darne aux Camélias, noie A
MARIE DUPLESSIS 2Gii
ture des scènes d'intimité dont le théâtre est la petite maison de Bougival avec sa grille et sa pelouse verte, son « bois plein de mystérieuses retraites », et le décor « tous ces charmants endroits qui s«;mblaieiit faits exprès pour se rappeler les vers de Lamartine, ou chanter les mélodies de Scudo ? » Qui dira si ce n'est pas la conviction d'un bonheur perdu qui perce dans ces lignes : « Mais quand l'homme, qui inspire à la courtisane cet amour rédempteur, a l'âme assez généreuse pour l'accepter, sans se souvenir du passé, quand il s'y abandonne, quand il aime enfin comme il est aimé, cet homme-là épuise d'un coup toutes les émotions terrestres, et après cet amour, son cœur sera fermé à tout autre ^. » Déplorait-il alors d'avoir cédé aux scrupules d'une « morale de convention », et de n'avoir pas consenti à sa passion un sacrifice égal à celui dont une âme ignorante et déchue eût été prête pour lui? Ce secret n'appartient plus qu'à la tombe ; mais ce fut précisément celui d'une âme « généreuse ».
En tout cas, cette étoile qui avait jeté ses dernières lueurs sur l'aube de sa vie, ne s'efîaça pas de son ciel. Et c'était encore, à l'heure du crépuscule, la tendresse d'une pensée fidèle qui s'élevait vers elle, quand il transcrivait pour nous les souvenirs que lui