P. ijoREL, lihapsodics
leurs à Croisset ^. Si l'opium et le haschisch n'y suffisaient pas, on s'en allait à la recherche de « l'inconnu et de l'inaccessible » au pays des Pharaons ou à celui des harems, quand on en eut assez de Grenade et de Venise. Mais l'imagination ne trouvant dans ce « dépaysement » que déceptions nouvelles, leurre et piperie, s'arrêtait au désir d'une corruption encore plus raffinée que Gautier exposait aux Goncourt, sans reculer devant l'idée ni le mot : « l'em... de son temps «, leur disait-il, le jetait dans la nostalgie non plus d'un pays, mais d'une époque lointaine ; « Flaubert serait ambitieux de forniquer à Carthage ; vous voudriez la Parabère ; moi, rien ne m'exciterait comme une momie ^. »
Parvenu à ce point, le mal était incurable, pour qui n'avait pas la trempe d'un Hugo, d'un Dumas père, ou d'un Balzac. — « 0 mon Dieu, sanglotait Lélia avant de s'être rachetée d'une vie « sans règle et sans frein », qu'est-ce donc que cette âme que vous m'avez donnée ! Traînée à la suite d'une ombre à travers les écueils, les déserts et les enchantements de la vie. j'ai tout vu sans pouvoir m'arrêter, j'ai tout admiré en passant, sans pouvoir jouir de rien. »
Rêveurs impénitents, ils s'étaient placés entre deux infinis, le cœur qu'ils disaient un abîme insondable de souffrances, « un abîme béant »,
Brûlant comme un volcan, profond comme le vide •'',
et le désir, « plus mobile que la lumière, et plus vagabond que le vent, » sans nom et sans objet