‹ Alexandre Dumas et Marie DuplessisChapitre 153 sur 188 · L'Époque, op. cit. — Janin, op. cit · texte numérisé non relu

L'Époque, op. cit. — Janin, op. cit

reusc. Ses prodigalités l'ont réduite aux abois, et les créanciers, comme s'ils devinaient la catastrophe prochaine, commencent à se montrer impatients. Aussi, le Café Anglais et la Maison d'Or, « établissements dionysiaques aux galants réduits », virent-ils passer, plusieurs soirées encore, le spectre de sa beauté alanguie ^.

Jusqu'en octobre, par ces tièdes journées sans soleil, où le décor extérieur, sous la molle transparence d'une brume légère, prend l'aspect évanescent des objets de nos rêves, au trot de son « pur sang à pelage noir », ou de son « poney », blottie dans le fond de son petit « coupé bleu ^ », elle descendait les Champs- Elysées et l'avenue du Bois. Autour d'elle roulait en flots pressés, tumultueux, « la fleur des pois de la jeunesse » : mondaines et petites maîtresses, en équipage galant, lionnes et panthères en tenue d'amazone couleur « fumée de Londres », et « petites bottes de satin à éperons d'argent », lions et dandys « aux moustaches bien cirées par l'illustre Galabert », toutes les nymphes du jour dans les toilettes évaporées de Palmyre, tous les George Brummel dans l'allure impeccable d'un dessin de Gavarni exécuté par Humann. Elle foulait, un instant, les feuilles jaunies des allées. Puis, échappant à

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